1 jeune, 1 voix! Thomas, citoyen avant tout

Posted October 17, 2013 no picture

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Je m'appelle Thomas, j'ai 22 ans et suis de Rennes. Lorsqu'on me demande ce que je fais dans la vie, j'ai tendance à répondre citoyen. En vrai, je suis étudiant en Licence 3 de Science Politique à Rennes mais je ne considère pas cela comme mon activité principale. Je suis par ailleurs plutôt impliqué dans des associations rennaises. En premier lieu, je suis trésorier d'une association culturelle et de solidarité internationale qui s'appelle Cité Solidaire. J'y ai été Président pendant quelques années. C'est une association que nous avions créée avec un groupe d'amis alors que nous étions âges de 13 ans, en Mai 2004. Elle a connu de nombreuses évolutions puisqu'elle a commencé par être une association sportive, puis est devenue une association culturelle puis s'est enfin ajouté une dimension de solidarité internationale. Je suis également administrateur d'une Maison de la Jeunesse et de la Culture rennaise, Le Grand Cordel MJC. Il s'agit d'un équipement de quartier que j'ai eu l'occasion de côtoyer avec le mandat qui était le mien à Cité Solidaire, j'avais alors 15-16 ans. Alors que j'ai eu l'occasion de prendre d'autres responsabilités dans d'autres associations, j'ai décidé de mettre fin à mes fonctions exécutives au Grand Cordel pour me consacrer à mon nouveau mandat à La Ligue de l'Enseignement. La Ligue de l'Enseignement est une fédération d'associations laïques oeuvrant pour l’émancipation de toutes et tous et pour transformer la société, en somme, une fédération d’associations oeuvrant dans le domaine de l'éducation populaire. C'est un mouvement qui existe depuis de nombreuses années, qui fédère des associations d'éducation populaire mais qui est aussi complémentaire de l'école publique. Historiquement, La Ligue a milité pour une Ecole publique laïque contribuant à l’éducation de citoyennes et citoyens émancipés. Ces deux axes principaux font La Ligue d'aujourd'hui. A l'âge de 19 ans, il ma été proposé de m'impliquer dans les instances statutaires de la fédération départementale. J'ai alors très rapidement été désigné vice président, notamment en charge des questions de vie associative et fédérative. J'ai par la suite été élu président de la fédération en juin 2013.

Ces engagement associatifs ont, depuis mes 16 ans, été couplés à un engagement plus partisan au sein d'un parti politique.

Quelles sont les attentes de la jeunesse de ton pays, communauté ?

Je ne suis pas sur de pouvoir avoir une vision à peu près claire des attentes de la jeunesse française pour la bonne raison que j'en fais partie. Je ne suis pas certain d'être capable d'avoir un regard suffisamment distancié.En fait, je suis persuadé qu’une des attentes principales des jeunes français concerne les femmes et hommes politiques. Il s’agit d’une attente d’exemplarité et de respect des paroles prises. L’exemplarité dans l’action. Les jeunes d’aujourd’hui attendent des personnalités politiques une droiture dans l’exercice de leur mandat. Que les hommes et femmes politiques prennent les mandats qu’ils occupent avec autant de sérieux que les citoyens y accordent. Il ne faut pour autant pas faire de généralisation, bon nombre de politiques exercent leur mandat avec sincérité et respect. Seulement, les écarts d’un petit nombre rendent l’exercice des fonctions de l’ensemble délicat. En disant cela, il ne faut pas oublier que les préoccupations d’un bon nombre de jeunes sont aussi ancrées dans leur quotidien, ce qui est normal. Par contre, je suis persuadé que c’est d’abord par la réhabilitation de l’engagement politique, particulièrement au niveau national, que les dimensions concrètes des préoccupations (logement, emploi, …) des jeunes mais aussi de la majeure partie de la population pourront trouver des solutions dans un cadre collectif et avec un impératif d’avancer ensemble. Parmi leurs attentes, il y a également l’attention donnée à leur expression et l’écoute de leur parole. Il faut arrêter de concevoir la jeunesse comme un corps homogène particulier. Dire cela, c’est se tirer une balle dans le pied puisque, poussé à l’extrême, c’est la fin de toutes les politiques jeunesses. Sans pour autant en arriver jusqu’à cette extrémité, il faut arrêter de prendre les jeunes pour des jeunes. Il faut considérer les jeunes pour des personnes comme les autres, qui peuvent avoir raison, qui peuvent avoir tords. Il faut les considérer pour ce qu’ils ont à dire. La jeunesse, dans un parcours de vie, n’est qu’une étape. Après la jeunesse, la vie continue, avant la jeunesse, la vie existait … Il en va à la fois de la crédibilité donnée à la jeunesse mais aussi de la responsabilité collective de ne pas fracturer la société en un espace de conflits de générations. Parler de la jeunesse c’est l’opposer à d’autres phases de la vie, la vieillesse et à un entre-deux dont la définition n’est pas donnée. Faire des jeunes un corps spécifique de la société revient à reconnaître, en creux, un autre corps de « vieux ». Il ne faut pas que la société organise elle-même un conflit de génération.

Seulement, pragmatiquement, si on suit ces principes, la situation actuelle perdurera et la voix de toute une frange de la population de sera pas entendue, ne sera pas écoutée … Il faut trouver les modalités pour que la jeunesse s’inscrive dans l’espace publique et se fasse entendre.

L’enjeu est donc de prendre en compte les jeunes non pas comme la jeunesse mais pour des citoyens qu’ils sont et qui ont des choses à dire … Il est important de mener des politiques de jeunesse inclusives et transversales qui visent à donner aux jeunes la place qu’ils méritent, non pas en tant que jeunes mais en tant que citoyens.

En quoi la participation des jeunes est selon toi nécessaire/importante pour nos sociétés d'aujourd'hui ?

La participation des jeunes est nécessaire, essentielle, vitale même, tout simplement parce que nous avons vocation à nous inscrire pleinement dans la société parce que nous en sommes une composante. Dire que la participation des jeunes n’est pas essentielle, c’est dire que presque 20 % de la population ne compte pas. C’est tout simplement absurde …

La vitalité d’une société se mesure dans la confiance qu’elle porte en ses jeunes. Accepter que les jeunes ne participent pas à la construction de notre société parce qu’à aucun moment il leur est proposé d’y être associés, c’est accepter que tout un pan de notre société soit passif face aux transformations que nous vivons actuellement et que les générations futures vivront demain.

Thématique qui est revenue à de nombreuses reprises sur la place publique au cours de la dernière campagne présidentielle, les jeunes sont ceux pour qui la société d’aujourd’hui construit l’avenir de demain. Les jeunes ont vocation à être les vieux de demain …

Un autre élément est aussi à noter. La jeunesse a très souvent une plus grande capacité d’innover et de construire des solutions nouvelles à des problèmes anciens. Elle est une source de changement et de projet inépuisable sur laquelle il faut que la société toute entière se repose.

As-tu un engagement citoyen ? Si oui, quel est-il ?

Comme je le disais quelques lignes plus hautes, j’ai effectivement plusieurs engagements citoyens.Le premier d’entre eux est l’engagement qui est le mien et que j’ai pris envers moi-même de ne jamais rater une élection. Je place le vote à la première place de l’engagement citoyen parce qu’il est une démarche citoyenne qui vise à désigner nos propres dirigeants. Mes autres engagements sont associatifs et politiques. Comme je le disais, j’ai, très jeune, été engagé dans des associations dans lesquelles j’ai évolué. L’engagement associatif est une source d’épanouissement et de construction intellectuelle sans limite. Assez rapidement aussi, à l’âge de 16 ans, j’ai ressenti le besoin d’associer à ces engagements associatifs un engagement partisan.

Quelle est ta devise ou ta phrase/expression préfèrée ?

En choisir qu’une est bien compliqué…

Citons la très célèbre phrase d’Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la lune car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles. » Pour moi, elle est révélatrice d’une certaine insouciance qui permet de faire de grande choses … c’est parce qu’on ne s’interdit rien qu’on avance.

As-tu un conseil ou un message à faire passer aux autres jeunes ?

J’ai toujours la même difficulté en l’occurrence : faire passer un message à la jeunesse c’est me faire passer un message parce que j’en fait partie …

Du coup, peut-être que le seul message sur lequel je peut insister c’est le fait qu’il n’existe pas de plafond de verre. Chacun peut s’intéresser à une ou plusieurs questions, s’associer pour la traiter, y apporter des réponses et se préoccuper de choses qui nous dépassent. Collectivement, associés, les a priori, les critiques, les préjugés sont tous surmontables.

Crédit photo: Christophe Lecrenais


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