COP21: Où en sommes-nous actuellement?

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© nikolabelopitov, pixabay.com

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Cela fait maintenant presque 2 ans que la COP21 s’est déroulée. Certains ont probablement déjà oublié de quoi il s’agissait. D’autres veulent connaître la suite. C’est pourquoi, Issa-Marc Mvé (Gabon) et moi, Malalatiana (Madagascar), allons, à travers cet article commun, rappeler les objectifs et enjeux de cette conférence. Nous allons par la suite mettre en avant certaines initiatives prises par les différentes parties suite à la COP. Nous aimerions également partager avec vous l’avancement de nos pays respectifs dans l’exécution des engagements pris lors de cette fameuse conférence.

Objectifs et enjeux de la COP21

La COP 21 ou la 21e Conférence des Parties rassemble les 195 pays signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). L’objectif principal est de ne pas dépasser de plus de 2°C les températures de la période préindustrielle d’ici 2100. Cela signifie maintenir les émissions de carbone liées à l’activité humaine en dessous des 750 Mds de tonnes par an.[1].

À la différence du Protocole de Kyoto signé en 1997, la COP21 a fixé un nouveau cadre d’engagements plus large qui touche tous les pays membres et non pas seulement les pays responsables des émissions de gaz à effet de serre (GES). Chaque pays présente ses propres engagements nationaux (INDC) qui traduisent les actions concrètes qu’ils vont mener pour réduire leurs émissions. Ces engagements doivent être révisés tous les 5 ans et être plus ambitieux dans le futur.

La COP21 a permis également de constituer le Fonds Vert pour le climat qui sert à financer la lutte contre le réchauffement climatique. Ce fonds est destiné principalement aux pays en développement pour les aider à s’industrialiser de façon écoresponsable et à aider les populations les plus vulnérables à s’adapter aux effets inévitables du changement climatique. Les pays développés se sont mis d’accord pour rassembler $ 100 Mds par an jusqu’en 2020.

Cette conférence est marquée par la présence de 40 000 personnes (négociateurs, mais aussi entreprises, ONG, journalistes, et autres acteurs de la société civile, chefs d’États et de gouvernement) qui présentent des actions concrètes à travers un agenda des solutions durables.

Un accord très prometteur mais des défis restent à relever

L’objectif de la COP21 est très ambitieux. D’après le 5e rapport du GIEC, il faut réduire de 40 à 70% l’émission des GES d’ici 2050, pour que la hausse de la température mondiale ne dépasse pas 2°C d’ici la fin de ce siècle. Présentement, 147 pays représentant environ 83% des émissions ont ratifié l’accord. Ce chiffre est très encourageant, toutefois la mise en œuvre des engagements reste encore un grand défi. D’autant plus que l’accord ne prévoit pas de pénalités en cas de non-respect des engagements alors qu’il prévoit un droit de retrait, possible à tout moment à partir de trois ans de son entrée en vigueur[2].

La Chine, première émettrice de GES, dans son 13e plan quinquennal, a développé des actions pour réduire de 60% à 65 % par rapport au niveau de 2005 ses émissions[3]. Si les six autres leaders du G7 ont réaffirmé leurs engagements vis-à-vis de la COP21, les États-Unis eux ne semblent pas encore pour le moment être en mesure de statuer en faveur de l’accord[4]. Le respect des engagements signés est très important car c’est l’avenir de notre planète qui est en jeu. Avec les résolutions actuelles prises, l’objectif de la COP21 n’est pas encore atteint. En conséquence, chaque pays doit renforcer et revoir à la hausse ses engagements.

Le Fonds Vert a mobilisé jusqu’à présent près de $ 10 Mds, ce qui est encore très loin de l’objectif de rassembler un fonds de départ de $30Mds d’ici 2020. La question du financement des parties les plus vulnérables devrait se poursuivre durant la COP23 qui se tiendra à Bonn, Allemagne, du 06 au 17 novembre 2017. Étant donné que les îles Fidji président la Conférence, la conséquence de la montée des eaux, l’acidification des océans et les aides pour les îles du Pacifique menacées d’immersion seront vraisemblablement aussi à l’agenda.

Les engagements du Gabon

Le Gabon a soumis à la CCNUCC sa contribution nationale dont l’engagement est de réduire d’au moins 50% les émissions de gaz à effet de serre du pays sur la période 2010-2025.

Le Gabon a adhéré à l’initiative Global Gas Flaring Reduction de la Banque mondiale concernant la limitation de la pollution occasionnée par le torchage de gaz dans l’industrie de l’hydrocarbure, le Gabon étant un grand producteur de pétrole. L’objectif est de réduire de 63% les émissions directes d’ici 2025.

Le pays a institué un code forestier qui interdit l’importation des grumes et prévoit la création de 5 parcs aquatiques en plus des 13 Parcs Nationaux pour maintenir l’équilibre de l’écosystème.

Un autre engagement très fort est la garantie qu’à l’horizon 2025, 80% de l’énergie utilisée au Gabon proviendra de l’hydroélectricité et les 20% des gaz.

Le Gabon s’est enregistré auprès du Fonds Vert pour le climat et compte mettre en place un Fonds National de Développement Durable pour implémenter les mesures prises lors de la COP 21.

Les engagements de Madagascar

Madagascar s’engage d’ici 2030 à réduire de 14% ses émissions de GES par rapport au niveau de 2010, et d’augmenter sa capacité d’absorption de 32%. L’atteinte de cet objectif nécessite un financement de $ 42 Mds selon sa INDC. Les actions d’atténuations mentionnées dans ledit rapport restent très vagues et portent essentiellement sur le développement de l’énergie renouvelable, la réduction des déchets et le reboisement à grande échelle.

Pour le moment, il n’y a pas encore d’avancée majeure de la part du gouvernement, mais les actions citoyennes, et les engagements des ONG participent grandement à la réalisation de ces objectifs, comme celui de Jean Joseph Rakotondraibe, gagnant d’un prix lors de la COP22 pour son projet de protection de la forêt de Tapia à Itasy, à l’est de Madagascar.

Le changement climatique est une thématique incontournable tant pour les pays développés qui doivent absolument réduire leurs émissions que pour les pays pauvres qui doivent en tenir compte dans leur politique de développement. Ainsi, il est crucial que nous suivions le sujet de très près, surtout nous les jeunes. Il y a présentement de nombreuses initiatives de jeunes en faveur de l’environnement comme le COY, qui est un plateforme dédiée spécialement aux jeunes impliqués dans la lutte contre le changement climatique.

Vous aussi, partagez avec nous, en laissant un commentaire ci-dessous, l’évolution de votre pays dans l’exécution de l’accord de Paris sur le climat. Vous pouvez trouver le profil de chaque pays sur le site macop21.

[1] http://edition.cnn.com/2015/10/30/world/cop21-paris-conference-five-things/

[2] Page 32, Article 28, point 1,2,3 https://unfccc.int/resource/docs/2015/cop21/eng/l09r01.pdf

[3] http://www.china.org.cn/china/2017-05/26/content_40899973.htm

[4] Point 31 et 32 du communiqué final du sommet du G7, mai 2017 http://www.g7italy.it/sites/default/files/documents/G7%20Taormina%20Leaders%27%20Communique_27052017...





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