Dans la peau d’un président

Avatar Etudiante en sociologie, Antananarivo, Madagascar
Rabemanontany Rindra Hariniaina
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Dans les ruelles de ma ville, les crimes se multiplient et constituent un fléau national. Au sud, on est témoin des vols de bœufs (un symbole de richesse très significatif dans l'île de Madagascar), et à Antananarivo, des vols d’yeux. D’yeux pourquoi ? Parce que l’on vole tout ce qu’on voit, dans un instinct de survie, on vole même ce qui serait absolument ridicule de voler (une poêle, un bac a ordure, un bout de fer, etc.). La situation semble anodine mais elle renferme ce que le peuple n’arrive plus à exprimer : son désarroi.


Ici et là, on médiatise les activités à buts non lucratifs consistant surtout à donner, à faire des dons de vivres ou d’argent aux plus démunis. La pauvreté est ainsi dépolitisée, et petit à petit, l'Etat et son représentant le plus éminent s’écartent de ce qui devrait être leur priorité : le peuple.


Si j’étais présidente, je mettrais au-dessus de toutes mes priorités, le bien être de mon peuple. Concrètement, comment s’y prendre ?


1. Investir dans le temps

Le temps n’attend jamais personne, même un président, malgré son statut exceptionnel. Investir dans le temps, c’est respecter les délais impartis par les parties prenantes et s’assurer qu’aucune période de son mandat ne soit prise à la légère. Un président doit toujours avoir en tête sa responsabilité qui est d’améliorer le bien-être de son peuple, comme les rois d’antan qui avaient comme principal ennemi la famine.



2. Respecter ses promesses

Ce n’est pas seulement dans un mariage qu’il faut être fidèle l’un envers l’autre, c’est aussi en politique. Lorsqu’on accepte de vivre en harmonie avec son peuple pendant un temps déterminé, lorsqu’on promet d’amener son peuple vers un certain paradis qu’on a soi-même imaginé un jour mettre en œuvre, on est engagé dans un contrat et on se doit de le respecter pour espérer être respecté en retour.


3. Se soucier de son peuple

Voilà l’aspect que je considère être le plus important. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on se soucie de quelqu’un, on est spontanément amené à réaliser des actions qui semblent irréalisables juste pour faire plaisir ou donner le sourire à cette personne. La même chose pour un président et son peuple, si le premier se soucie du dernier, ses actions seront vers le développement de son peuple et le peuple lui sera redevable.


Parler d’un président, c’est une entreprise délicate qui demande de bien peser ses mots et faire en sorte de ne pas parler des questions qui fâchent. C’est évident que les réseaux sociaux offrent davantage de liberté, étant donné l’anonymat qu’on peut adopter lorsqu’on s’exprime. Cependant, je ne suis pas dans l’anonymat et je veux m’exprimer pour construire et non détruire, pour proposer des solutions et non dénoncer ou condamner les erreurs. L’histoire a montré que celui qui gagne la faveur du peuple gagne plus que le pouvoir : il gagne le respect. Voilà ce qui manque à beaucoup de dirigeants, le respect que le peuple lui donne. Si un jour vous devenez président, souciez-vous d’abord de ceux que vous dirigez pour être spontanément amené à développer votre communauté.





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