Enfance jamais vécue

Posted July 22, 2014 Avatar Chaimaa_Connecte_Maroc

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Enfant syrien 
source photo: http://www.zamanfrance.fr/

Enfant syrien source photo: http://www.zamanfrance.fr/

On dit que l’enfance est l’âge des anges, on est innocent quand on est enfant, on sourit, on est heureux, on ne veut que jouer. Mais des millions d’enfants à travers le monde ont renoncé à leur droit de jouer pour vivre, ils ne veulent que vivre leur enfance, sans être coupables ou criminels, ils se sont retrouvés dans des guerres, orphelins et orphelines, seuls dans un monde de coupables.

Beaucoup d’enfants innocents rêvaient de l’école, mais la guerre, la pauvreté, un mariage précoce … ou peut-être ils ont été tués avant d’acheter un premier cartable, et nombreuses sont les causes qui ont et qui vont empêcher ces enfants d’aller à l’école.

Aujourd’hui je veux partager avec vous un petit extrait de ce que j’avais vécu il y a 15 ans, mes premiers jours à l’école. Ceci est peut être le premier article que j’ai écrit, j’avais 12 ans et en le relisant j’ai revécu ces instants que ces petits n’ont pas et n’auront jamais la chance de vivre.

Pensée pour cet enfant qui ne peut pas dormir le soir car le toit de sa maison a été détruit par la guerre.

Pensée pour cette petite fille qui va se marier sans comprendre c’est quoi « se marier ».

Pensée pour ce garçon qui se réveille à l’aube pour travailler car s’il ne travaille pas il ne pourra pas manger.

Pensée pour tous ces enfants qui souffrent devant les yeux du monde, mais le monde est incapable de les sauver.

« Je me souviens du jour où je me suis inscrite à Groupe scolaire l’océan. J’étais accompagnée par mon père, je me demandais qu’est-ce qu’on va faire à l’école, qui va nous accueillir, je n’avais pas de réponse, et je n’avais pas le courage de les poser à mon père, donc j’ai choisi le silence jusqu’à ce qu’on arrive.

On est arrivé, j’ai vu un immeuble blanc qui n’a pas l’air d’une école, plein de fenêtre, des rideaux en couleurs, j’ai beaucoup aimé la décoration, l’entrée était parfaite. Guidés par la secrétaire, le directeur nous a accueilli, il avait l’air très gentil, on a présenté des dates du lait, et au Maroc le lait et les dates on ne les sert pas à n’importe qui. J’étais timide, je rougissais à chaque fois qu’il me parlait, et je ne savais pas quoi dire lorsqu’on me posait des questions, mon père et le directeur de l’école se sont mis d’accord sur les frais et les fournitures, j’étais très heureuse car j’ai aimé cette école.

A la grande maternelle, j’étais toujours là, gentille et timide en classe, je ne faisais jamais de bruit, j’aimais rester tranquille et seule.

J’avais une seule amie, nous avions le même caractère, c’est pour cela qu’on se comprenait facilement.

Une année après, j’étais au CP, le sérieux a commencé, plus de jeux ni de chansons, plus de coloriage non plus, on me disait que j’aurais beaucoup de devoirs à faire, mais quand on a repris l’école, j’avais un professeur très gentil, et qui avait l’esprit encore jeune. Je me rappelle qu’il volait les foulards de sa femme pour qu’on puisse jouer avec à cache-cache. Il nous apportait des biscuits à chaque récréation. Un jour, je ne me rappelle pas de ce que j’avais fait exactement mais c’était surement une bêtise, il m’a punit et il m’a tapé sur les joues. J’étais devenue toute rouge, en sortant de la classe il m’a dit, tu as l’air d’une tomate, je n’ai pas aimé son geste car tous mes camarades se sont moqués de moi.

Sa femme qui était notre maîtresse de français, était trop méchante et énervée tout le temps. Elle me faisait peur avec sa voix dure et grave.

Je n’étais pas la meilleure de la classe, mais mon calme m’a rendu très spéciale aux yeux de tous mes professeurs ».


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