Nos adolescents méritent une vie simple et heureuse

Posted September 16, 2011 no picture

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Je suis perdu, et je n’ai que 16 ans. Je ne sais pas comment apaiser ou consoler ma cousine, qui a perdu sa meilleure amie récemment. Je ne sais que faire ou dire, de peur de lui briser le cœur à nouveau. Tout ce que je peux lui dire c’est « écoute, elle n’a pas vraiment disparu, c’est maintenant ton ange gardien et tu peux te réjouir pour elle parce qu’elle s’est débarrassée de sa détresse et de tout ce qui l’encombrait… ». Mais je sais que ça n’est pas vrai…

A cause du lourd fardeau des études et de la pression familiale, la meilleure amie de ma cousine a mis fin à sa jeune vie prometteuse en se jetant du haut d’un immeuble, à l’âge de 17 ans… Ces suicides d’adolescents ne sont pas nouveaux pour moi, qui étudie en Chine, mais j’ai tout de même été choqué en apprenant la nouvelle. Comme le monde est petit ! Au moment où j’ai appris la nouvelle, j’ai imaginé que cela avait dû briser le cœur de ma chère cousine…

A cause de la quantité et de la difficulté du travail scolaire ou de relations compliquées, certains adolescents de mon âge ou plus jeunes encore choisissent de se soulager en mettant fin à leurs jours, à un si jeune âge. Je dois admettre que parfois, étouffé par le stress, l’idée de me suicider m’a déjà traversé l’esprit…

Certains diront qu’il s’agit d’un problème psychologique ou émotionnel bizarre et propre à l’adolescence. Mais s’il ne s’agissait pas de cas isolés, si presque tous les étudiants étaient concernés ?

Dans mon pays, quand on parvient à être accepté par une grande université, c’est le début du bonheur. J’ai été élevé dans cette croyance. Mon pays insiste davantage sur l’enseignement élémentaire. Ma vie a donc été inévitablement difficile et cauchemardesque.

Dans mon pays, les petites classes ne sont pas synonymes de vie heureuse. Même les enfants de primaire se retrouvent face à des situations un peu au-delà de leurs capacités. La conséquence, c’est qu’ils n’ont pas de temps à consacrer à leurs loisirs. Un enfant, ça a besoin de jouer ! L’innocence de l’enfance et de l’adolescence devrait n’être que rire, passion, ambition et confiance. Ce sont des périodes précieuses. L’époque des études supérieures devrait nous initier aux difficultés de la vie et à la « loi du plus fort ». Les enfants et les adolescents doivent être mis face à la difficulté, mais trop de difficultés risquent de leur faire croire que la vie est horrible et de les rendre cyniques.

Je sais que la concurrence est féroce dans la société, et que le stress et le malheur sont intolérables mais inévitables. Laissons cela aux adultes et à ceux qui sont capables d’y faire face, mais pas aux enfants et aux adolescents ! Il y a des problèmes propres à notre âge, mais certainement pas ceux-ci ! Nous devons nous préoccuper de nos études, mais d’ici à établir un lien direct avec nos futures carrières ou les tournants importants de la vie, il ne faut pas exagérer. Les notes ne déterminent pas nos vies !

Je n’essaie pas d’être sarcastique, mais seulement de revendiquer une vie simple et heureuse avant que la difficulté de la vie ne s’impose à nous. Au nom de l’amie de ma cousine et de toutes les jeunes vies prometteuses, s’il-vous plaît, soulagez-nous, nous méritons une vie simple et heureuse !

– Un garçon de 16 ans originaire de Chine

Cet article fait partie d'une série d'essais et des messages de la publication «L'adolescence - Au-delà des stéréotypes» - écrits et édités par une équipe de jeunes gens avec le support de La Voix des Jeunes et l'UNICEF.




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