Notre silence et notre passivité peuvent nourrir le harcèlement

Posted November 27, 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Nous le relevions dans une précédente contribution, La Voix des Jeunes communique depuis la seconde moitié du mois de novembre sur la question du harcèlement et du cyber-harcèlement. Dans ce dit article, nous avions noté que dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’enfance, le 20 novembre 2013, le Comité Unicef France a publié les résultats d’une consultation organisée de février à juillet 2013 et qui a été menée auprès de 22 500 enfants et adolescents âgés de 6 à18ans. Il en ressort que 55% des enfants ont déjà connu une situation de harcèlement en milieu scolaire.

Si le harcèlement constitue un problème de santé publique mondiale chez les jeunes comme le note l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), c’est certainement en partie parce que ses effets sont nombreux et différés dans le temps, et bien souvent difficilement réversibles.

Plusieurs de ces conséquences sont énumérées et expliquées sur le site de Agir contre le harcèlement à l’école, un programme rattaché et géré par le Ministère français de l’éducation nationale. Parmi eux, nous remarquons d’entrée qu’à court terme, nous avons le risque d’absentéisme et de décrochage scolaire chez la victime du harcèlement. « La peur du harcèlement peut provoquer un absentéisme répété, menaçant la réussite scolaire. Le harcèlement peut entraîner entre autres des troubles de la mémoire et de la concentration et des difficultés de raisonnement. Ces manifestations peuvent mener la victime à un arrêt prématuré de sa scolarité, ou à des orientations inadaptées. » Cette situation peut conduire à une baisse soudaine des résultats scolaires et provoquer un repli sur soi en classe avec moins de participation de l’élève victime du harcèlement. Ce qui va conduire à un isolement relationnel car « malmené par ses pairs, l’enfant se referme sur lui-même et passe sa détresse sous silence. Cet isolement le prive d’un partage émotionnel et d’échanges lui permettant de réfléchir sur sa situation, ne lui donnant pas la possibilité de s’appuyer sur autrui pour trouver une solution. Il va également favoriser le développement d’un sentiment de honte, de perte d’estime de soi et de culpabilité. »

Des conséquences sont également à constater sur le long terme. Ainsi, le harcèlement en milieu scolaire s’étalant sur une longue durée peut provoquer des troubles de la socialisation. En effet, « une faible estime de soi, des tendances dépressives et une vulnérabilité relationnelle acquises dans l’enfance ou l’adolescence du fait du harcèlement peuvent entraîner des difficultés d’adaptation dans le contexte professionnel, relationnel et amoureux. »

Mais il n’y a pas que la victime qui va ressentir des conséquences du harcèlement. Si le harceleur est aussi concerné (bien évidemment avec d’autres types de conséquences), les témoins ne sont pas en reste. Ceux-ci peuvent être envahis par un sentiment de culpabilité et de mauvaise conscience que certains vont éprouver de ne pas avoir dénoncé les faits, par crainte de devenir à leur tour des victimes.

La présente vidéo, réalisée par le ministère français de l’éducation nationale dans le cadre d’une campagne contre le harcèlement scolaire et le cyber-harcèlement permet de mettre en relief la situation de témoin de harcèlement. Loin de nous l’idée d’inviter à agir pour agir sans tenir compte des situations et circonstances, nous croyons que les témoins qui parlent peuvent aider à réduire ce phénomène et contribuer à protéger leurs pairs. Alors, « avant qu’il n’en garde des traces à vie, agissons ! »

Enfants école harcèlement




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