“On devient vieux quand les jeunes nous abandonnent"

Posted May 22, 2012 User_image_bg Anne


Le Canadien Stéphane Laporte emprunte cette phrase au grand écrivain et cinéaste français Marcel Pagnol dans sa chronique intitulée « la jeunesse expliquée aux vieux », dans laquelle il s’indigne de la décision du gouvernement québécois d’adopter la semaine dernière une loi spéciale qui, comme le rappelle cette dépêche de l’AFP, prive notamment les jeunes du droit de manifester.

Depuis 100 jours, la jeunesse québécoise proteste en effet contre l’augmentation des frais de scolarité et fait grève. "Quand la jeunesse se révolte, il faut savoir l’écouter, il faut savoir l’apprivoiser», écrit Stéphane Laporte tout en rappelant que le propre des jeunes est de se révolter. «C’est le propre des jeunes, depuis toujours de tout vouloir, Et de déranger. Les cheveux gominés des années 50, les cheveux longs des années 60, les barbus à la Paul Piché (compositeur québécois) des années 70 tapaient autant sur les nerfs des plus vieux que les petits poils hirsutes de Nadeau-Dubois (le porte-parole des manifestants qui s’opposent à la hausse des frais de scolarité) irritent les biens rasés», écrit-il. Il cite François Mitterrand, ex président français qui avait déclaré en mai 1968 (alors que les étudiants se révoltaient dans l’Hexagone) que «si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la frappe à toujours tort».

Interviewé par le Devoir, Jean-Marc Léger, spécialiste de marketing et fils d’un ancien ministre, décrit ce conflit comme une guerre entre les générations. Selon lui, «Les baby-boomers ont endetté le Québec. Ils obligent la génération suivante à payer pour tout le laxisme dont ils ont fait preuve ». « Les jeunes se réveillent, ne les écrasez pas !», lance-t-il, en guise de conseil, aux dirigeants du Québec.

Photo@Flickr/Robin Dumont




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