Pourquoi je veux devenir nutritionniste ?

Avatar Pona Bana
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Je m’appelle Olga, j’ai 15 ans et je suis présidente des Enfants Reporters du Kasaï Oriental. A l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, l’UNICEF m’a demandé comment je me voyais en 2030. Voici ma réponse, mon rêve pour mon avenir et celui des enfants de ma Province.

Permettez-moi d’abord de me présenter.

J’ai été formée au mois d’octobre 2016 aux droits de l’Enfant ainsi qu’aux techniques de plaidoyer et de participation pour devenir Enfant Reporter. Depuis, j’ai participé à beaucoup d’activités pour faire changer les choses dans ma Province : je fais des présentations sur les droits de l’Enfant dans les écoles, nous avons plaidé auprès des autorités pour l’octroi gratuit des actes de naissances, nous avons mobilisé des fonds pour les enfants victimes des violences du Grand Kasaï, etc.

Dans ma famille, je me dois être un modèle pour mes sœurs et frères : je suis la fille aînée. Je viens d’une famille modeste d’un quartier populaire de la ville de Mbuji Mayi (Kasaï-Oriental). Ma mère est couturière et mon père travaille pour une entreprise minière.

Tout a commencé lors d’une consultation médicale…

A l’âge de 5 ans, quand j’étais en première année primaire, j’ai eu des problèmes de vue. Mes parents étaient troublés et inquiets car ils ne savaient pas quoi faire pour améliorer ma vision. C’est à la consultation médicale de l’école que le médecin et l’ophtalmologue ont identifié le problème : j’avais une carence en vitamine A. Mes parents ont alors commencé à faire attention à mon alimentation et à me nourrir avec des aliments contenant de la vitamine A comme par exemple les noix de palme, les carottes, etc. Malgré les efforts fournis, mon problème de vision ne s’est pas vraiment amélioré : je porte des lunettes médicales aujourd’hui ! Mais cette expérience m’a donné le goût de la bonne alimentation, de la nutrition et de la diététique.

Lorsque j’ai eu 12 ans, j’ai eu un choix à faire : je venais de finir ma deuxième année secondaire et pour passer aux humanités, il fallait que je m’oriente. J’ai alors interrogé mes parents et professeurs pour savoir s’il y avait une section qui s’occupait de l’alimentation des enfants. Comme la réponse était « oui », mon choix a rapidement était fait : ce sera la nutrition !

Transmettre les bonnes pratiques pour assurer l’avenir !

C’est ainsi que j’ai nourri le rêve d’être une nutritionniste, pour prendre en charge les enfants vulnérables malnutris de ma Province et de sensibiliser la communauté sur les bonnes pratiques alimentaires à adopter. Mon rêve est de devenir nutritionniste diététicienne au service pour tous. Je veux sauver la vie des enfants malnutris par leur prise en charge mais aussi en travaillant sur la prévention. Il faut sensibiliser la communauté et les parents sur la consommation des aliments locaux de bonne valeur ainsi que faire des plaidoyers auprès des autorités locales.

Dans ma Province, les problèmes de nutrition sont importants : un enfant sur dix souffre de malnutrition aiguë sévère et un sur deux de malnutrition chronique. Les familles ne respectent pas les pratiques d’alimentation du nouveau-né et du jeune enfant. Ces bonnes pratiques sont pourtant très importantes et cruciales pour le bon développement du cerveau. Une mauvaise nutrition peut avoir d’importantes conséquences : retard de croissance, faible capacité cognitive, etc.

Sensibiliser les parents, la communauté ainsi que les autorités est essentiel. La Convention relative aux droits de l’Enfants, dans son article 24 stipule que chaque enfant a le droit d’être en bonne santé et de le rester. La malnutrition est une bombe à retardement ! Si aujourd’hui, un enfant sur deux souffre de malnutrition, cela représentera une personne adulte sur deux d’ici 2030.





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