Une âme à faire revivre

Posted March 7, 2011 no picture

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Article par Jacques Michel Eugène

Il n’existe pas de peuple sans mémoire. Il n’existe non plus de peuple sans patrimoine. Celle-ci consiste en l’ensemble des héritages que nous ont légués nos ancêtres. Ils sont transmis de générations en générations.

Qu’il s’agit de patrimoine naturel, matériel, ou immatériel, il s’agit de l’identité et de la valeur d’un peuple. Il peut jouer un rôle important dans le développement social et économique d’un pays, et surtout dans dans l’acceptation de soi et l’augmentation de l’estime de soi chez les citoyens dans une société. D’oú la nécessité d’en assurer une gestion efficace via la mise en œuvre et la mise en application d’une politique du patrimoine.

Parlant d’identité, notre culture, nos mœurs, nos rythmes, et les vestiges de notre histoire de peuple constituent le pur reflet de ce que nous sommes et de ce qui nous donne une originalité dans l’assemblé des peuples. C’est ce qui fait de l’haïtien un être unique et différent par rapport au français, à l’américain, ou à un «étranger quelconque. Ce sont des éléments qui peuvent attirer les autres à venir creuser dans l’univers haïtien afin de découvrir nos racines, notre évolution à travers le temps et l’histoire, de découvrir ce que nous sommes et les partager dans la perspective d’ajouter un plus à ce qu’ils ont déjà comme culture.

Malheureusement, l’effritement des valeurs, la perte de l’identité haïtienne (mode de vie, styles vestimentaires, plats traditionnels, ustensiles traditionnels…) dans tout son sens, et la quasi disparition de notre mode d’architecture (Perte de l’harmonie, du langage architectural de nos villes, et de l’expression traditionnelle…), de nos vestiges, et de nos traditions fait que nous n’existons presque plus. Nous cherchons beaucoup plus à ressembler aux autres au lieu d’accepter ce que nous sommes et d’en faire un élément de fierté. Nos enfants parlent quotidiennement des américains, des français, et de beaucoup d’autres peuples. Parfois, ils parlent d’eux comme des êtres supérieurs et ils cherchent avec fierté à les ressembler. Pourtant, nous ne saurions les juger sur cette base. C’est l’ignorance de notre histoire, de nos valeurs, de la grandeur de notre passé, et de tout ce qui fait de nous ce que nous sommes, qui est à l’origine de ce reniement de soi. Dans le cas contraire, nos enfants et chacun des citoyens connaitraient bien ce qu’ils sont et ce qu’ils valent. Ils chercheraient à enrichir leur culture en pénétrant celle des autres sans désirer pour autant nier ce qu’ils sont ou afficher un refus de soi. Ces éléments patrimoniaux constitueraient l’assise de notre société et le reflet le plus frappant de l’homme haïtien. D’où la nécessite d’une politique du patrimoine. Hélas aujourd’hui, ce ne serait nullement osé de dire que l’identité haïtienne est en train de disparaitre ou tout bonnement que nous n’existe plus.

Nous ne devons pas nous perdre dans l’imaginaire. Mais, une politique du patrimoine serait plus que bénéfique pour le pays, considérant que cela favoriserait la connaissance de ce que nous sommes comme peuple et comme êtres à-part-entière, la remise en confiance en nous même, et l’acceptation de ce que nous sommes comme un élément de fierté. Aussi, les retombées que cela pourrait avoir sur le plan social et économique ne seraient pas minces. Cela impliquerait la préservation, l’entretient, la transmission, la mise en valeur, la promotion, et la rentabilisation de notre patrimoine.

Nous pouvons le faire et nous devons le faire. C’est une opportunité qui nous permettrait de faire renaître l’homme haïtien, de repenser les bases de notre société, de consolider nos valeurs, de relancer notre économie, de nous lancer dans l’industrie touristique et de nous positionner valablement, d’améliorer les conditions sociaux, et de réduire les inégalités criantes qui caractérisent notre société. C’est maintenant que nous devons faire revivre l’âme haïtienne pour que les générations futures puissent être fièrement soudées à leur identité.

Photo: Jacques Michel Eugène

http://www.vwajen.org




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