"J'ai produit ma première vidéo à l'âge de 7 ans"

Publicado 9 de diciembre de 2013 no picture

Se registró el día 27 de marzo de 2013
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Shruti Rai (à gauche)

Shruti Rai (à gauche)

Entretien avec Shruti Rai, une jeune indienne qui produit des films. Regardez son film " Maina : la petite mariée" ici .

Sur quoi ta vidéo porte-t-elle?

Cette vidéo porte sur ​​la question du mariage des enfants dans les zones rurales et reculées de l'Inde. C'est l'histoire d'une jeune fille, "Maina", dont le père a décidé de fixer le mariage à un âge précoce.

Pourquoi as-tu fait cette vidéo ? Qu’est-ce qui t’as motivé à le faire?

Mon école en Inde (SVISG) travaille en étroite collaboration avec CHINH Early Education Web Channel qui a intégré l'éducation aux médias dans le cadre de notre programme. CHINH nous forme et nous donne l'occasion de visiter différentes régions du pays pendant les vacances pour échanger sur l'éducation aux médias dans le cadre de son projet global d'éducation aux médias "Grandir". Avec mes amis, nous sommes allés dans de nombreux villages pour enseigner l'éducation aux médias à des enfants dans l'Inde rurale. Ce film a été le résultat d'un atelier dans un petit village à la frontière indo-népalaise pendant mes vacances d'été. La chose intéressante à propos de ce groupe d'enfants était que la quasi-totalité d'entre eux étaient mariés. Au cours des interactions avec les enfants, j'ai découvert qu’une fille nommée "DilKash" avait une histoire très intéressante. Elle était sur ​​le point de se marier, mais elle ressentait fortement que ce n'était pas quelque chose de bien. Je me suis dit que nous pourrions tous traduire son expérience dans un film. Nous avons donc fait quelques recherches. Nous avons parlé à ses parents et amis, les villageois, les ONG de la région pour avoir les perceptions/points de vue des personnes et avons commencé ce projet. Sur un plan personnel, je me suis attachée à Dilkash, moi qui ait eu l'occasion d'étudier et de décider de mon propre parcours de vie, Dilkash, elle, avait presque mon âge mais un parcours tout à fait différent fixé par d’autres personnes. Ce contraste m'a inspiré pour raconter son histoire et informer les gens sur la question.

Que veux-tu dire à un public mondial au sujet de ta vidéo ?

Vivant dans la zone urbaine ou avec des gens instruits, nous pensons que tout va bien et que ces problèmes n’existent que dans le passé. Étant originaire de la ville, j'ai même l'habitude de penser que le mariage des enfants n'existe pas vraiment, mais quand j’ai eu la chance de mieux explorer la question, ce qui m’a été rendu possible grâce au CHINH, j’ai réalisé que ces problèmes existent pour des gens qui n'ont pas vraiment eu une bonne éducation. La raison pour faire ce film et le montrer à une audience très large est de leur parler des perspectives réelles qui entourent la question du mariage des enfants et de les rendre conscients de la nécessité de répandre autour de nous cette prise de conscience.

A-t-il été difficile d'obtenir l'accès à un équipement vidéo pour faire ta vidéo ?

Lorsque vous allez dans un village rural en Inde, vous ne pouvez pas trouver un ordinateur portable facilement ... donc nous avons pris le matériel avec nous. CHINH nous a fourni le matériel. Nous ne savions pas ce que les enfants là-bas aimeraient faire ou ce pour quoi ils sont bons donc nous avons pris un appareil photo à trépied et un scanner ... tous ces équipements étaient un peu comme des objets extraterrestres pour eux mais ils ont vite appris à se familiariser avec.

Était-ce ta première vidéo ? Si non, sur quoi portaient tes autre(s) vidéo(s)?

Non, ce n'était pas vraiment ma première vidéo ... CHINH m'a offert de grandes opportunités pour faire des films par moi-même et avec d'autres enfants. Les autres vidéos que j'ai faites sont sur le fait de grandir dans le cadre d'un projet avec CHINH où j'ai abordé les questions de l'intimidation numérique, la pression des camarades chez les adolescentes, l'environnement et le pardon. J’ai fait mon premier documentaire à l’âge de 7 ans. C'était un documentaire basé sur mes conversations avec «Les enfants de nomades» qui a gagné de nombreux prix nationaux et internationaux. J'ai aussi participé à une co production indo-italienne pour laquelle je me suis rendu en Italie pour rencontrer de nombreux enfants tsiganes.


Pourquoi penses-tu qu'il est important pour les jeunes de faire des vidéos et de produire d'autres types de médias ?

Il n'est pas important que vous fassiez une vidéo ... la montrer aux gens ... La chose importante est de faire la différence pour une société meilleure, peu importe les outils utilisés... si un jeune n'est pas bon à faire de la vidéo mais qu’il est bon à l'art, la sculpture ou la peinture, l'écriture , il doit continuer à faire de son mieux pour faire une société meilleure. Depuis que les médias sont un outil disponible pour les jeunes et facilement accessible, ils ont le potentiel de devenir une voix forte pour les jeunes. Que ce soit la vidéo, les réseaux sociaux ou les blogs ... les jeunes veulent savoir la réalité. Le processus politique attire notre attention. Nous cherchons, nous enquêtons et nous exigeons. Nous avons donc besoin d'être constamment en contact les uns avec les autres et quoi de mieux que des outils d'éducation aux médias.

Penses-tu que les médias produits par des jeunes méritent de meilleurs canaux de distribution? Si oui, comment veux-tu voir les choses changer ?

Bien sûr, je pense que oui. Il existe globalement deux raisons:

La première est que nous avons un grand espace et un large public pour un divertissement basé sur des longs métrages à gros budget, mais il n'y a pas vraiment de plate-forme pour les films réalisés par les jeunes et même si nous avons public ou des gens qui veulent regarder ces films, ils ne savent pas vraiment où aller pour les voir. C'est pourquoi les plates-formes comme « CHINH INDIA KIDS FILM FESTIVAL » où nous avons une chance de regarder, juger et créer des films sont plus que nécessaires pour les jeunes. Je l’apprécie vraiment que parce qu'elle nous motive à faire de plus en plus de films. Mais nous avons aussi besoin de plus de festivals, des plateformes comme CHINH qui offrent la possibilité de visionner gratuitement, des discussions de jurys, des évaluations et promotion de productions crées par des jeunes sur la scène nationale et des plates-formes internationales. Nous avons même eu la chance d’avoir nos films à la télévision nationale grâce à CHINH. Mais beaucoup reste à faire.

La deuxième raison serait que quelque part les enfants ou les jeunes ont vraiment une meilleure compréhension de leur société ou des problèmes sociaux auxquels nous sommes tous confrontés et cette expérience doit être échangée et partagée. Par exemple la révolution en Egypte nous a donné de la force, car ce sont les jeunes qui ont osé apporter un changement là-bas. Même en Inde, le Mouvement Anna Hazare anti-corruption, c’était la jeunesse ... surtout les collégiens et étudiants qui sont descendus dans les rues pour lutter pour une société meilleure et ont montré que tout comme les adultes, ils peuvent également apporter des changements. Plus que tout, c’est l'inclusion que nous voulons à tous les niveaux. En ce moment nous nous sentons exclus. Qu'il s'agisse d'un processus politique, d’un processus social ... cela doit changer.

Nous avons besoin de notre propre espace où les productions de jeunes peuvent être consultées, crées et discutées. Cela nous aiderait à promouvoir nos créations. Nous avons besoin de plus de festivals comme Plural Plus ... Nous avons besoin de plus de gens comme Jordi [ de UNAOC ] qui croient vraiment dans le potentiel de l'éducation aux médias. Nous avons besoin de plus d'écoles comme SVISG ... Nous avons besoin de plus de directeurs comme le mien et plusieurs canaux Internet comme CHINH qui croient en nous et nous, à notre tour, les rendons fiers. Je voudrais inviter Plural Plus dans mon école où nous tenons à les accueillir et organiser un camp d' éducation aux médias international pendant une semaine .

Produis-tu une autre vidéo ?

Je prépare actuellement un film sur «L'intimidation numérique». J'ai choisi ce sujet parce que je voyais beaucoup d’amis qui étaient des victimes dans le monde numérique en raison du manque de possibilités que nous avons d’obtenir des informations et être sensibilisés sur la façon de nous préserver et nous protéger dans le monde numérique tout en accédant à ses avantages. Il n'y a pas de plate-forme qui nous enseigne la façon de gérer la pression Facebook .... et le stress des réseaux sociaux. Grâce à ce film, je voudrais suggérer à mon école et au Ministère de l'Éducation en Inde de commencer à nous guider sur la façon de nous préserver dans le monde numérique plutôt que de nous avertir sur les raisons de ne pas être sur Facebook ou sur les réseaux sociaux dans notre vie d’étudiant. Nous demandons de l'aide ... nous avons besoin d'une intervention, mais pas d’ingérence. Nous voulons des conseils sans domination.


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