1 jeune, 1 voix! Fatouma, le combat pour les droits des femmes au Mali

Publicado 14 de agosto de 2013 no picture

Se registró el día 27 de marzo de 2013
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C'est au Mali que nous nous rendons cette semaine à la rencontre de Fatouma. Elle nous parle de son engagement pour les droits des femmes, de son parcours, mais aussi de la place de la jeunesse dans l'élection malienne qui vient de se terminer.

Je m’appelle Fatouma Harber, je suis née à Tombouctou, mais j’ai passé mon enfance au Niger où j’ai passé le Bac A4 au Lycée municipal de Niamey. J’ai obtenu une maitrise en psychologie en 2005 à la faculté de Lettres, Langues, Art et sciences humaines de Bamako. Depuis 2007, je suis professeur de Psychopédagogie à l’IFM (institut de formation de maitre) mais j’y suis aussi chargée des cours de législation scolaire, de morale professionnelle et de français. En outre j’ai également suivi un stage en presse écrite à l’ONG Togunet en 2003. Je suis retournée vivre à Tombouctou à la fin de mes études à l’université. J’ai été stagiaire dans un bureau d’études œuvrant dans le montage des projets de développement. C’est dans ce travail que j’ai établi un contact avec les associations féminines de Tombouctou en les aidant à monter des projets collectifs pour lesquels elles cherchent ensuite des bailleurs.

Depuis 2011, j’ai accroché la corde du blogging à mon arc. Je suis bloggeuse de la plateforme francophone de RFI Mondoblog sous le pseudonyme de Faty. J’y ai postulé pour donner des nouvelles de Tombouctou mais aussi lutter pour l’émancipation de la femme africaine sans oublier de parler de politique. J’ai une page que je nomme mon féminisme.

Ce n’est pas du féminisme nouveau, mais juste de l’empowerment feminism, ce sont les même idées que les premières féministes africaines qui ont contribué à la lutte pour l’indépendance de l’Afrique. Il faut que les femmes obtiennent la parité et l’égalité, mais cela ne peut passer que par ce que j’appelle ‘’la puissance ‘;’ le travail de chaque femme pour être reconnue pour sa valeur et sa capacité à effectuer les tâches qui lui sont allouées comme n’importe quel homme. Cela passe par l’éducation de la petite fille au même titre que le garçon, par l’élimination des traditions malsaines et avilissantes (comme l’excision ou le mariage forcé) tout en gardant celles qui sont nécessaires à notre identité.

-Quelles sont les attentes de la jeunesse au Mali?

La jeunesse malienne est comme prise au piège. Le niveau d’alphabétisation est très bas hors l’éducation et la culture sont les moyens les plus surs d’atteindre le développement. Nous espérons une démocratie qui nous permettra de profiter réellement de l’égalité des chances : plus de favoritisme, de népotisme ou de corruption.

-Lors de la période électorale qui vient de s'achever, quel a été le rôle de la jeunesse? As-tu eu l'impression que les candidats prenaient en compte les jeunes dans leurs programmes?

Pour cette période électorale, mon sentiment est plutôt mitigé. En effet, la situation politique et sociale du Mali est différente et bien délicate. J’ai bien pris le temps de consulter les programmes des candidats éligibles (je ne vous cache pas que le nombre élevé des candidats fait qu’il y en a que moi et beaucoup de maliens ne les connaissent pas malgré leur passages répétés à télévision). Certains parlent de 300.000 emplois pour les jeunes, d’autres de redynamisation du système tout en leur offrant Tee-shirts, thé et sucre pour acheter leurs voix. On dirait qu’ils ne voient pas que les étudiants sont dans les rues à cause de la grève des enseignants, que les bourses mettent 6 mois avant de tomber. Que ceux qui sortent de l’université tombent dans le chômage ou sont obligés de chercher à immigrer en empruntant des routes clandestines et finissent comme pate alimentaire pour les poissons de l’océan.

-As-tu un engagement citoyen? Si oui, quel est-il?

Oui j’ai engagement citoyen, il est orienté vers l’aide et l’assistance aux démunis, plus précisément pour les femmes de Tombouctou, qui ont le plus souffert de l’occupation de la ville par les pseudo-djihadistes. Pour cela, j’escompte ouvrir une radio que nous appellerons la voix des femmes pour non seulement leur permettre d’exprimer les violences dont elles ont fait l’objet, mais aussi développement une culture de la paix à travers le dialogue et le respect de toutes les communautés. J’en suis encore au stade du projet.

Je suis aussi dans une association du nom de Koira Faba qui lutte pour le développement de la ville de Tombouctou en conjuguant les capacités des différents membres qui sont des enseignants dans la majorité. Nous faisons des plantations d’arbre, de la salubrité, de la sensibilisation sur la culture de la paix et la démocratie.

-Quelle est ta devise ou ta phrase/expression préférée?

Mon expression favorite ? La vie est un combat qui se termine dans ta tombe… il faut toujours se battre pour ses idées et oser les exprimer.

-As-tu un conseil ou un message à faire passer aux autres jeunes?

Il faut croire en vous mais aussi aux autres. Cela ne sert à rien de rejeter quelqu’un parce qu'il est différent ou étranger…





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