1 jeune, 1 voix! Islamane, reporter infatigable qui milite pour une meilleure union de la jeunesse

Publicado 6 de septiembre de 2013 no picture

Se registró el día 27 de marzo de 2013
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Cette semaine, La Voix des Jeunes va à la rencontre d'Islamane, qui est très présent sur notre plateforme et partage ses articles et reportages de grande qualité sur les jeunes au Niger. Un jeune homme à l'engagement fort, à decouvrir....

Je m'appelle Islamane Abdou, je suis de nationalité nigérienne. Je suis Directeur de Publication du Magazine La Plume des Jeunes et termine cette année une licence en droit privé à l’université de Niamey. J’ai fait mes premiers pas dans le domaine des médias au lycée : j’étais d’abord membre du comité de rédaction du journal de notre école avant d’occuper la place de rédacteur en chef. Mon objectif était de faire entendre l’opinion des élèves qui n’avaient pas la chance de pouvoir s’exprimer, alors qu’ils avaient, eux aussi, leur mot à dire.

Après le Bac, j’ai décidé de fonder un magazine « 100% jeune » et gratuit. Mais j’ai été très vite confronté à des difficultés : les amis avec lesquels je souhaitais collaborer se sont dits prêt à participer, mais à condition que nous trouvions une institution prête à financer le projet et que ce mag’ soit payant.

Finalement, je me suis retrouvé seul à bord du bateau ! Heureusement, j’avais le soutien de plusieurs jeunes prêts à rédiger des articles. La recherche des partenaires fut vaine, car chez nous, très peu donnent la chance aux jeunes. J’ai ainsi financé sur fonds propres la parution du premier numéro de ce journal, qui eut, Dieu merci, un grand succès. Paru à la veille du second tour des élections présidentielles de 2010, nous avions voulu faire entendre les attentes de la jeunesse vis à vis du futur président de la République. En dépit de la forte proportion de jeunes au sein de la population du Niger, aucun media ne s’était réellement penché sur ce sujet. Édité en noir sur blanc et publié à 500 exemplaires, il a fait le tour du Niger. Pour le second numéro, nous avons bénéficié d’un appui technique de l’Unicef Niger, qui a accepté de financer l’impression de ce magazine. Ce partenariat est tombé à pic : sans cet appui notre magazine n’aurait pas pu continuer à faire entendre la voix de “la génération consciente”. Enfin, nous avons saisi l’opportunité que représentait l’engouement des jeunes Nigériens pour les media sociaux : la Plume des jeunes s’est retrouvée sur internet et nous avons créé non seulement une page Facebook, mais également un blog où se retrouvent toutes les associations de jeunesse du pays.

Entre temps, j’ai décroché un poste de journaliste au sein de la rédaction de Tambara, une télévision locale, après une série de stages dans des organes de presse. Dans les reportages réalisés pour Tambara, je me suis efforcé de faire parler les jeunes car, pour moi, ce sont les plus marginalisés.

Parallèlement, j’ai suivi des formations organisées par l’Unicef Niger sur les medias sociaux ainsi que des ateliers d’écritures pour le web. Je collabore aujourd’hui avec cette organisation, dans le cadre de son appui à la participation des jeunes nigériens et à la promotion de leur droit d’expression via les médias sociaux.

Ainsi, j’administre un blog appelé Jeunesse du Niger et une page Facebook .

Depuis juillet 2013, je suis l’un des trois jeunes francophones retenus par le siège de l'Unicef à New York (avec un Haïtien et un Ivoirien), pour suivre un stage sur le site La Voix des Jeunes.

Quelles sont les attentes de la jeunesse de ton pays, communauté ?

Parler des attentes de la jeunesse nigérienne, c’est parler des attentes du Niger tout entier, même si je crains que ces ces attentes ne soient pas considérées à leur juste valeur. La jeunesse nigérienne attend de voir ce jour où on lui donnera la chance de faire valoir ses talents, ce jour où un jeune qui débute ne se verra pas refuser un emploi parce qu’il n’a pas l’expérience de cinq ans demandée par tous les employeurs.. La jeunesse nigérienne espère aussi voir ce jour où nos hommes politiques feront appel à elle non pas parce qu’elle constitue une masse électorale mais parce qu’elle a un rôle à jouer dans le processus de développement de notre pays. Elle souhaite assister à ce jour où l’élève de l’école publique aura les mêmes chances de réussite que celui des écoles privées. Bref, nous souhaitons que nos décideurs agissent concrètement en faveur de la jeunesse.

J e suis conscient que tout cela ne peut se faire d’un seul claquement des doigts. C’est pourquoi il est important pour nous, jeunes du Niger, de ne pas attendre que ce changement ait lieu. C’est à nous, jeunes du Niger, qu’il revient de nous unir autour de nos idéaux. Ce n’est pas seulement vrai pour le Niger, mais pour toute l’Afrique : les jeunes ne sont pas unis.

Chacun se cherche, et bien souvent, on privilégie nos propres intérêts plutôt que ceux du groupe. Cela joue contre les mouvements de jeunesse, qui ont du mal à maintenir une cohésion et à réaliser leurs objectifs.

En quoi la participation des jeunes est selon toi nécessaire/importante pour nos sociétés d'aujourd'hui?

Parler de la participation de la jeunesse, c’est parler du présent mais aussi du futur. Ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui sont appelés à prendre les commandes à l’avenir. Un autre point, et non des moindres, c’est qu’ici, au Niger, les moins de 25 ans représentent plus de 60 % de la population. Ainsi, faire participer la jeunesse à la gestion politique, sociale et économique du pays, c’est prendre en considération les besoins et les forces des couches sociales les plus nombreuses – et les plus dynamiques.

C’est pour moi aussi important pour un pays, que pour un apprenti chauffeur d’apprendre à conduire. Si ce dernier n’a jamais pris le volant et qu’un jour, il doit conduire, il n’arrivera jamais à bon port, il n’aura que des accidents. C’est ce qu’il risque de se passer pour notre pays si les jeunes ne sont pas associés à la mise en œuvre des politiques de développement. Nos gouvernants, les entrepreneurs, la société civile doivent le savoir : tôt ou tard, les jeunes prendront la relève. Ils doivent y être préparés.

Quelle est ta devise ou ta phrase/expression préférée?

N’attends pas que le changement vienne te trouver, sois l’acteur de ce changement.

As-tu un conseil ou un message à faire passer aux autres jeunes?

Quelque soit ce que nous, jeunes, voulons ou entreprendrons, tant que nous évoluerons en rangs dispersés, il nous sera impossible d’atteindre cet objectif. C’est pourquoi j’aime bien utiliser cette expression : “L’union fait la force”. Pour moi, l’union de la jeunesse est synonyme de réussite.


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