30 ans après l’identification du VIH, 10 ans de PEPFAR : ne crions pas encore victoire contre le sida !

Publicado 5 de junio de 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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Deux importants évènements, dans le cadre de la lutte contre le sida, ont marqué la fin du mois de mai 2013.

Déjà le 20 mai, nous avons célébré les trente ans de la publication sur l’identification du virus de l’immunodéficience humaine, virus responsable du sida, dans la Revue Science. Dans une interview accordée au Journal le Monde à l’occasion de cet anniversaire, le Professeur Françoise Barré-Sinoussi, première signataire de cet article historique, réaffirme sa foi en la découverte d’un vaccin contre le VIH, « mais pour cela il faudra faire bouger les dogmes sur lesquels repose la recherche dans ce domaine. »

La lauréate du Prix Nobel de médecine de 2008, prix qu’elle partage avec le Professeur Luc Montagnier, jette un regard sur ces trente années passées : « nous avons été confrontés à une période dramatique où les personnes infectées tombaient comme des mouches. D'habitude, les chercheurs en laboratoire, comme moi, ne sont pas en contact avec les malades. Là, des liens et des histoires se sont noués. Cela nous a fait nous remettre en question. Le contact permanent avec les représentants des patients et la société civile a fait évoluer les priorités des programmes de recherche. Je ne pourrais plus me passer de ce contact aujourd'hui », dit-elle.

L’autre évènement a été le dixième anniversaire, le 27 mai 2013, du PEPFAR, le Programme d’urgence du Président américain contre le sida, lancé sous l’administration du Président Georges W. Bush en 2013. Représentant certainement aujourd’hui le plus grand contributeur mondial dans la lutte contre le sida, le PEPFAR a fortement participer à sauver des millions de vies, comme on peut le lire sur le site du département d’Etat américain. Les auteurs de cette tribune précisent que l’une des principales clés de cette réussite est le développement et la mise en œuvre de programmes combinés de prévention.

C’est ce que relève également Monsieur François Dupré, le directeur général de Sidaction dans le numéro 67 (mars-mai 2013) du magazine Transversal réalisé par cette association. Pour lui « les enjeux actuels restent encore et toujours de sensibiliser les populations. Tout le monde doit conserver à l’esprit que ce n’est pas terminé, qu’il ne faut pas relâcher les comportements de prévention. »

Mais si la prévention demeure la première des priorités partout, d’autres existent. Pour les pays développés, Monsieur François Dupré rappelle la nécessité de la généralisation du dépistage, indispensable à la mise sous traitement. « Dans les pays à revenu intermédiaire, l’accent doit être porté sur l’élaboration de politiques qui prennent en compte les populations les plus exposées et l’arrêt des discriminations à l’égard de ces populations. [...] Pour les pays les moins avancés, les priorités restent les mêmes, année après année : augmenter les financements pour permettre massivement des politiques de prévention, un accès au dépistage et une mise sous traitement. L’éradication de la transmission materno-fœtale et le coût des secondes lignes de traitement sont des objectifs concrets et immédiats », précise le directeur de Sidaction.

Depuis trente ans, d’importants progrès ont été faits. Fin 2011, on dénombrait 1,7 millions de morts, soit 500 000 morts de moins par rapport à 2005. Mais le sida reste encore présent avec 34 millions de personnes vivants avec le VIH dont la moitié ignore son statut sérologique ; et on estime à 7 millions ceux qui auraient besoin d’un traitement et qui n’en reçoivent pas. Il faut donc éviter de parler de « fin du sida » mais redoubler d’efforts et redonner force et priorité à cette lutte. La solidarité et l’action doivent continuer!

Et comme l’écrit l’ancien président américain, Bill Clinton, dans la préface du livre "la solidarité sauvera le monde", « citoyens du monde, il est vital que nous contribuions tous au succès des autres. Nous avons des responsabilités, celle de porter au plus haut les dimensions positives de l’interdépendance et d’en réduire les négatives, celle d’adopter la vision d’un avenir de partage et de former des réseaux de coopération créative qui donneront à tous les habitants de ce monde le pouvoir de maîtriser leur destin. »

© UNICEF/BANA2013-00589/Khan - BANGLADESH, 2013





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