A-t-on abandonné les centrafricains ?

Publicado 12 de junio de 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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« C'est pas de l'indifférence, les gens sont fatigués de courir aider les Africains, qui apparemment ne s'aident pas eux-mêmes. La communauté internationale a d'autres problèmes, elle est plus malheureuse que les Africains, la communauté internationale. » Telle est l’explication donnée par Monsieur Pierre Makombo Bamboté, écrivain et ancien ambassadeur de son pays à l’UNESCO, face à la faible réactivité de la communauté internationale et des donateurs après l’appel d’urgence lancé par les Nations Unies pour faire face à la situation actuelle en République Centrafricaine. Ces propos ont été repris dans l’article "Centrafrique, un conflit oublié malgré l’appel de l’ONU", publié en mai dernier par le site de Radio-Canada. Le reporter de ce média écrivait qu’ « à Bangui, la capitale, les violences se poursuivent et forcent les habitants à fuir vers la République démocratique du Congo (RDC) de l'autre côté de l'Oubangui, la rivière qui sépare les deux pays. »

Cette semaine, c’est le site d’IRIN (Réseaux d’informations régionaux intégrés), un service rattaché à OCHA (le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies) qui, dans une nouvelle publication, nous interpelle sur le fait que "la crise en République Centrafricaine reste dramatique...et ignorée". Dans cet article, chacun appréciera nettement combien la situation dans ce pays, surtout depuis le dernier coup d’Etat de mars 2013, est peu reluisante, sinon inquiétante. Tous les indicateurs, au niveau de la sécurité, de la santé, de l’éducation, des droits de l’homme et des libertés individuelles, ...sont au rouge. Et qui sait, si la couleur "écarlate" était prise en compte ici, il y en aurait certainement un de ces indicateurs qui revêtirait bien volontiers cette couleur.

En mai, l’article de Radio-Canada relevait qu’à peine 14 millions de dollars avaient été mobilisés. Aujourd’hui, dans cette contribution d’IRIN, nous lisons que nous sommes à 31% des 139 millions de dollars recherchés par les Nations Unies, soit 43 millions de dollars depuis l’appel lancé en février 2013 (donc bien avant le coup d’Etat).

Entre temps, par exemple, « le manque de médicaments et de fournitures médicales dans la plupart des centres de santé à l’extérieur de Bangui [la capitale] est tout aussi problématique, car la population n’a qu’un accès limité, voire inexistant, aux centres de soins. »

Alors, doit-on comprendre, sans pour autant la justifier et ni l’accepter, cette situation un peu attentiste et peu réactive de la communauté internationale, des donateurs, et même des médias qui accordent un peu moins d’intérêt à cette énième crise en Centrafrique au motif que les coups d’Etat et crises politico-militaires seraient devenus comme un "sport national" pour ce pays ? Ou parce que les voisins immédiats seraient plus concernés que les autres ? Ou bien encore parce qu’il y a une crise économique mondiale qui se fait toujours ressentir ? Non, J’estime que non !

Autant nous sommes mobilisés pour les civils en Syrie, et comme nous l’avons été pour bien d’autres causes ou situations ces dernières années, autant les enfants, les femmes et braves hommes en Centrafrique méritent notre attention et notre soutien. Eux aussi n’attendent et n’espèrent qu’un mieux être et un horizon plus apaisé afin de se projeter dans un avenir plein d’espérance. Nous pouvons y contribuer, en aidant les acteurs humanitaires engagés et souhaitant s’engager sur le terrain, sans oublier d’accompagner les actions politiques et sécurités pour un véritable retour à l’apaisement et à la sérénité.

© UNICEF/NYHQ2013-0288/Matas - CENTRAL AFRICAN REPUBLIC, 2013





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