Afrique de l’Ouest et du Centre : Comment lutter contre la malnutrition pour l’avenir des enfants de la région

Publicado 6 de agosto de 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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Le combat pour la survie des enfants passe nécessairement par la lutte contre la malnutrition qui affecte et en tue des millions chaque année dans le monde. Et le Bureau régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre est fortement engagé sur le terrain de l’action au sein et avec les communautés pour inverser durablement la situation.

En plus de cette vidéo qui nous sensibilise sur la nécessité de l’intensification des efforts au Tchad, un pays de la région affecté par la malnutrition, nous vous proposons quelques détails pour mieux la comprendre et des enjeux d’une action plus intense pour sa réduction, voire même son éradication.

Pourquoi la malnutrition est un danger pour les enfants?

La malnutrition est une tueuse silencieuse, elle fait des ravages chez les enfants. Il y a 2 sortes de malnutrition :

- la malnutrition aiguë qui est visible. Ce sont les images d’enfants que l’on voir très maigres, émaciés. Les enfants qui sont soignés à temps peuvent être guéris. Mais beaucoup trop décèdent ; environ 9 fois plus que des enfants ne souffrant pas de malnutrition aigüe.

- La malnutrition chronique, elle est moins visible. Ce sont des enfants trop petits pour leur âge mais qui pourtant semblent être en bonne santé. Les enfants qui soufrent de malnutrition chronique avant l’âge de 2 ans en gardent des séquelles tout au long de leur vie. Ils seront plus souvent malades, auront des difficultés à l’école car leur cerveau ne se développe pas correctement et à l’âge adulte ils seront moins productifs. Les femmes qui ont souffert de malnutrition chronique donneront naissance à des enfants de faible poids et le cycle inter générationnel se perpétue ainsi.

Quelle est la situation actuelle dans la région couverte par le Bureau régional de l'Unicef?

En Afrique de l’Ouest et du Centre ces deux formes de malnutrition font des ravages sur le développement des enfants. Environ 11% des enfants, soit près de 7 millions, souffrent de malnutrition aigüe ; 36% (soit près de 25 millions) souffrent de malnutrition chronique. Ces enfants ne réalisent pas leur potentiel de développement en raison de carences nutritionnelles. Chaque année dans la région, 23 millions d’enfants de moins de 5 ans décèdent et plus de 1 million de ces décès sont dus à la malnutrition.

Que peut-on faire ?

Des solutions existent et elles peuvent changer le destin de ses enfants ; de leur pays et du monde. Malheureusement si au cours de ces 2 dernières décennies les pays en développement ont pu réduire le taux de malnutrition chronique de 36%, en Afrique au Sud du Sahara la réduction n’a été que de 11%.

C’est pourquoi l’UNICEF et ses partenaires travaillent avec les gouvernements pour accélérer la réduction. En effet, la malnutrition n’est pas une fatalité. Il faut mettre en œuvre certaines interventions pendant la fenêtre d’opportunité des 1.000 premiers jours (de la conception a l’âge de 24 mois) et les mettre à l’échelle (toucher au moins 80% des enfants ; en priorité ceux qui viennent des familles les plus pauvres).

Parmi ces interventions il y a l’amélioration de la nutrition de la femme enceinte (surtout la supplémentation en micronutriments ; le déparasitage et le traitement du paludisme) ; l’allaitement au sein exclusif jusqu’à 6 mois ; une alimentation diversifiée avec des produits à haute valeur nutritionnelle de 6 à 23 mois ; la supplémentation en micronutriments et le déparasitage tous les 6 mois à partir d’a 1 an ; l’amélioration de l’hygiène, l’eau et l’assainissement et de l’accès aux services de santé.

En plus de ses interventions directes, il est nécessaire de mettre en place des interventions multisectorielles dans les domaines de l’agriculture, de la protection sociale, de la sécurité alimentaire, de l’éducation et de la communication pour le développement.

S’engager dans la lutte contre la malnutrition c’est construire un édifice solide pour les générations futures et pour enrayer le cycle de la pauvreté. Investir dans l’éducation ou la santé sans adresser la problématique de la malnutrition, c’est construire une maison sur des fondations fragiles. Non seulement les pertes en vies humaines sont importantes mais surtout le capital humain est détruit.

La série Lancet 2013 sur la nutrition a revu à la hausse la perte en pourcentage de PIB (Produit Intérieur Brut) jusqu’à 8% parce que rien n’est fait pour lutter et prévenir la malnutrition chronique. Si l’on prend 3% de PIB, les pays de la région perdent tous chaque année 7 milliards de dollars US, alors qu’en investissant 2 milliards de dollars ils auraient un retour sur investissement d’au moins 60 milliards de dollars.




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