Appolinaire Zagabe : un jeune congolais engagé dans la lutte contre le sida

Publicado 13 de diciembre de 2011 User_image_bg Rodrigue


Lors de la 16e Conférence Internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA), la Voix des Jeunes a rencontré des jeunes engagés dans leur communauté. Ici, nous vous présentons une interview d’Appolinaire Zagabe, coordinateur de l'association Les Plaideurs des enfants et des personnes âgées à risque en République Démocratique du Congo (RDC). Cette interview, réalisée le 8 décembre 2011 (veille de la proclamation de la victoire du Président Kabila avec 49% des voix), lui donne l’occasion de se prononcer sur la situation dans son pays.

Que retenez-vous de votre participation à cette 16e CISMA ?

Ma participation à cette 16e édition de la CISMA a été une grande occasion d’acquérir des connaissances que je pourrai transmettre à la population congolaise et surtout aux jeunes qui n’ont pas eu la chance de participer à une telle conférence.

Après la clôture de l’édition 2011, quel est votre bilan de cette CISMA ?

Le bilan pour moi est positif. Tout d’abord, nous avons eu des participants venus du monde entier et de la plupart des pays africains, ce qui laisse une bonne impression. Ensuite, cette conférence a été bien organisée. Les différents organisateurs ont fait en sorte qu’elle se déroule dans de bonnes conditions et aucun incident particulier n’a été relevé par les participants. C’est une joie de constater comment l’Afrique évolue en réussissant l’organisation d’une telle conférence.

Parlons d’Afrique justement. Selon-vous, comment peut-on atteindre l’objectif des 3 Zéro fixés par l’ONUSIDA (Zéro nouvelle infection, zéro décès dû au sida, Zéro stigmatisation), surtout pour ce qui concerne les nouvelles infections qui touchent les jeunes de 15-24 ans sur le continent ?

En ce qui me concerne, je pense qu’il sera nécessaire d’enseigner aux jeunes les connaissances acquises ici lors de cette conférence à Addis-Abeba afin de les aider à contribuer à la lutte contre le VIH/sida. Il est aussi important de montrer à la population congolaise que parler de sexe n’est pas vraiment un tabou dans nos sociétés africaines. Lorsque les enfants ne reçoivent pas l’information correcte au sein des familles, ils obtiennent souvent une information venant de l’extérieur qui n’est pas forcément la bonne et qui peut les conduire sur la mauvaise voie. Il est donc important de travailler sur la nécessité de parler de sexualité au sein des familles et à l’école car cette éducation sexuelle apporte beaucoup aux jeunes.

Présentez-nous brièvement votre ONG

L’ONG "les Plaideurs des enfants et des personnes âgées à risque" œuvre à Goma dans la Province du Nord Kivu (Est de la RDC). Nous avons également une branche en Ouganda. Nous touchons les domaines des droits humains, du VIH/sida et de la construction d’un environnement apaisé.

Nous ne saurons vous laisser sans parler de la situation actuelle dans votre pays. Avec le contexte actuel de tension liée aux élections présidentielles, quel message avez-vous pour votre pays ?

La situation actuelle de mon pays est inquiétante. Nous apprenons que les diplomates ferment leurs bureaux, les populations quittent le pays pour se réfugier dans les pays voisins. Cela ne montre pas une bonne image. Les leaders africains doivent comprendre que leur rôle, leur responsabilité est d’assurer la paix dans leurs pays. Aujourd’hui c’est la population qui est victime d’agressions et qui souffre de la mauvaise gestion du pays. Le message que je voudrais transmettre à mon pays c’est celui d’un rassemblement de toute la population congolaise car il faut prendre conscience de la situation actuelle et trouver les voies et moyens de sortir le pays de la crise. Or, tout dépend de la détermination de la population.




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