CHOC CULTUREL : Le besoin d'affirmation de la jeunesse africaine en perte de repères

Publicado 13 de mayo de 2013 no picture

Se registró el día 7 de mayo de 2013
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Les bouleversements qu’a connu l’Afrique sont multiples. Les contributions qui précèdent ont montré comment sur tous les domaines, notre cher continent a été longuement éprouvé. La technique pour y arriver était très simple. Montrer que ce qui vient de l’extérieur est mieux que ce que nous avons. C’est le début de la valorisation de l’autre au détriment de notre culture. Et pour ce faire, il y a eu les enseignements. Des enseignements qui au début n’étaient que de l’endoctrinement avec sa dose idéologique. Ils nous faisaient croire que les valeurs que nous véhiculions n’étaient pas soutenables. Que les Dieux en qui nous croyons étaient des fétiches, pas le Dieu unique qu’ils prônaient.
Cela dit, ils ont bénéficié de l’approbation de certains, de chefs. Mais la résistance portée par des personnes qui avaient envie d’affirmer une réelle culture a tout bonnement échoué.

Sur le plan religieux, en Afrique, si nous ne sommes pas chrétiens, nous sommes musulmans. Nous savons tous que ce sont des religions sont importées soit de l’Arabie ou encore de l’Occident. Nous n’ignorons pas aussi que toute religion est vectrice de culture et de civilisation.

Ces civilisations ont su s’affirmer de telle sorte que le combat que nous menons aujourd’hui de manière endogène reflète les différences idéologiques exogènes. C’est-à-dire des contradictions qui appartiennent à d’autres sphères géographiques et qui se répercutent sur nous à cause d’une passivité active. Elles développent leur langue tandis que nous suivons comme si notre salut viendrait d’ailleurs.

Il ne s’agit pas pour moi de faire dans la victimisation. Oh non, ce n’en est pas une. Mais pour poser un débat il faut situer l’histoire car « nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple car un peuple sans histoire est un monde sans âme ».

Nous avons donc emprunté le chemin tracé par les colonisateurs et civilisateurs pensant que c’est sur ce chemin que nous atteindrons le bien-être pour notre société. Et tout cela, au détriment de ce qui nous était le plus cher. Comme aveuglé par ce qui est étranger on adopta tout, car on nous a fait croire que tout ce qui venait d’ailleurs était mieux.

Et aujourd’hui, dans le contexte de la mondialisation qui œuvre pour le « Tout Un », notre africanité est plus que mise à l’épreuve. Nous devons faire face au contexte global de la pensée unique. L’explosion des technologies de l’information et ce qu’elle a pu avoir comme conséquences dans les mentalités, les flux migratoires qui ont conduit à briser les frontières affectent considérablement la culture africaine, si cela ne bouleverse pas nos repères traditionnels.

Il y a un fort risque aujourd’hui d’une uniformisation et d’une domination culturelle de ce qui ont plus de moyens que d’autres.

La mondialisation et son corollaire d’effet sur la culture africaine doit nous faire comprendre un retour aux valeurs. L’acculturation est tellement élevée que nous devons nous affirmer. Il faut en effet l’affirmation totale de nos valeurs car nous savons désormais que les cultures importés manquent d’humanisme. Les sociétés dominantes véhiculent des modes de pensée qui ne sont pas toujours en phase avec nos réalités.

Aujourd’hui, nous sommes allés tellement loin qu’il nous est difficile de sortir et nous sommes comme piégés dans une sorte de dualisme. Ce dualisme, en ce qui concerne notre thème, nous le retrouvons au plan socio-culturel où il prend un caractère plus nettement conflictuel. Il oppose, en effet, nos références socio-culturelles traditionnelles aux modèles qui régissent l’occidentalisme, acculant l’Africain à une évasion permanente, souvent inconsciente, mais toujours plus dramatique, par rapport à son propre univers culturel, à ses propres normes sociales.

Et ces normes occidentales nous ont atteintes psychologiquement en affectant notre personnalité en conflit culturel ouvert.
L’intervention du monde extérieur ne peut que contribuer à accentuer ce tiraillement dramatique.

COMMENT FAIRE POUR S’AFFIRMER DANS UN MONDE GLOBALISE ?

On serait tenté de penser qu’il faudrait résoudre cette tension par un retour pur et simple à la tradition, par un refus catégorique de la modernité considérée par la plupart comme la négation de la tradition, comme la photocopie certifiée conforme de l’occidentalisme dans tous les aspects où celui-ci se manifeste : aspects politiques, religieux, économiques, techniques et socio-culturels. Mais, Il ne s’agit pas, en effet, pour nous de refuser les leçons que peuvent nous apporter les expériences extérieures, notamment l’expérience européenne sur la voie de la modernité économique, technique, juridique et politique.

Je crois que nous devons vulgariser et préserver nos valeurs qui sont la solidarité, le respect des aînés, la famille etc. Il ne suffira pas de les défendre, il va falloir y croire, pour cela il faut développer le «ngueum sa bopp» (la confiance en soi en Wollof). Ce sera seulement quand nous allons nous enraciner de notre passé que nous allons inventer notre futur. Oui, il va falloir créer, inventer donc innover et refuser de copier un quelconque modèle. Le monde n’attend pas que nous fassions une imitation caricaturale de ce qui est fait à l’étranger.

Mais que réservons-nous, dans ce passage de la tradition à la modernité, à toutes les valeurs ethniques, politico-juridiques et socio-culturelles de l’Afrique de toujours ? C’est une question à laquelle nous devons essayer d’apporter une réponse pour tenter de voir naître une société africaine moderne et cohérente.

Rémy MALLET Twiiter : @amonremy




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