Donnons de la voix sur les fistules obstétricales !

Publicado 24 de mayo de 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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Elle est passée sans grand bruit ! Le jeudi 23 mai 2013, la communauté internationale a célébré la première édition de la Journée pour l'élimination de la fistule obstétricale. La Saviez-vous ? Il est fort à parier qu’Ils ne seront certainement pas nombreux à répondre par l’affirmative.

Mais qu’est-ce au juste la fistule obstétricale ?

Il s’agit d’une lésion liée à l'accouchement. Elle est généralement causée par un travail prolongé et difficile, parfois de plusieurs jours, sans intervention obstétrique pratiquée en temps voulu, généralement une césarienne, pour mettre fin aux pressions excessives exercées par le fœtus sur l'organisme de la femme. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les femmes qui présentent cette affection évitable souffrent d’une incontinence urinaire permanente qui conduit souvent à l’isolement social (souvent abandonnées par leurs maris et leurs propres familles, voire bannies de leurs communautés), et peuvent être à l'origine d'infections cutanées, de troubles rénaux, voire de décès en l’absence de traitement. A cela il faut également ajouter que le bébé meurt dans la plupart des cas, et que ces femmes peuvent être incapables de contrôler l'écoulement de l'urine ou l'excrétion des matières fécales.

C’est donc pour contribuer à donner un peu plus de visibilité à cette infection, et d’appuyer l’action engagée pour en finir avec la fistule obstétricale, que l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté une Résolution en décembre 2012. Dans ce texte¸ les Etats parties ont souligné que « les problèmes étroitement liés que sont la pauvreté, la malnutrition, l’absence de services de santé, leur insuffisance ou leur inaccessibilité, les mariages et les grossesses précoces, les violences infligées aux jeunes femmes et aux filles et la discrimination sexiste sont les causes profondes de la fistule obstétricale et que la pauvreté demeure le principal facteur de risque social. » Ils se sont également dit profondément préoccupés par « la discrimination que subissent les femmes et les filles et la violation de leurs droits, qui font qu’elles ont souvent moins accès à l’éducation et à l’alimentation, qu’elles sont en moins bonne santé physique et mentale que les garçons, qu’elles jouissent dans une moindre mesure qu’eux des droits, possibilités et avantages qui s’attachent à l’enfance et à l’adolescence et qu’elles sont fréquemment victimes de diverses formes d’exploitation culturelle, sociale, sexuelle et économique, ainsi que de violences et de pratiques dangereuses ».

Au nombre des mesures et appels lancés, cette résolution « demande à la communauté internationale de proclamer le 23 mai Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale et, chaque année, de mettre à profit cette journée pour lancer de grandes activités de sensibilisation et renforcer l’action menée contre la fistule obstétricale ». Journée dont la première édition, disions-nous, a été célébrée ce jeudi 23 mai 2013.

A cette occasion, Dr Babatunde Osotimehin le Directeur du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), rappelle qu’ « environ 2 à 3 millions de femmes et de filles des pays en développement sont atteintes de la fistule obstétricale » ; et en dépit du fait que cette affection peut être prévenue et guérie dans la plupart des cas, « plus de 50.000 nouveaux cas apparaissent chaque année ». Cette agence des Nations Unies gère une campagne contre cette affection depuis 2003.

Vivement que l’action contre cette affection qui, selon l’OMS, peut en grande partie être évité en repoussant l’âge de la première grossesse, en mettant fin aux pratiques traditionnelles préjudiciables et en permettant aux femmes d’avoir accès en temps voulu à des soins obstétricaux de qualité, bénéficie d’une meilleure visibilité. On appréciera pour la seconde édition de la journée qui lui est consacrée.

© UNICEF/NYHQ2011-0934/Adouttan -NIGER, 2011





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