DROITS DE L'HOMME ET HOMOSEXUALITE : Pourquoi l'hypocrisie sur l'émigration ?

Publicado 9 de abril de 2014 no picture Amon Remy Mallet

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Se registró el día 12 de julio de 2013
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L'union homosexuel est interdit dans beaucoup de pays

L'union homosexuel est interdit dans beaucoup de pays

L’histoire de l’humanité s’est construite à travers des échanges multiples et des rencontres entre différents peuples.

Jamais dans la chronologie du monde on a tenté, comme aujourd’hui, d’unifier et de rapprocher les hommes de différents continents. Et ce, sur la base de la ‘’mondialisation’’. Cependant, jamais les restrictions d’entrée ou de sortie d’un territoire à une autre n’ont été si flagrantes, et très souvent déshumanisantes.

Ce fameux concept de mondialisation qui vise aussi à libéraliser les échanges commerciaux a amené les pays du monde entier à harmoniser leurs lois et règlements pour participer à un marché commun.

Si auparavant, l’effort d’harmoniser les textes était nécessaire pour faciliter le commerce entre les Etats, présentement le concours de ces derniers est aussi demandé au niveau des droits des individus dans leurs territoires respectifs.

Parce que qui parle d’échanges parle forcément de déplacements, il faudrait que les individus aient des droits inaliénables quel que soit l’endroit où ils se trouvent : c’est ainsi qu’il faut comprendre le concept des droits humains dans son sens le plus rigoureux. Si les droits sont appelées à être reconnus quel que soit le lieu où se trouve toute personne, l’idée de territoire apparaît évidemment obsolète. Le caractère universel que revêt la notion de des droits Humains dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), vient renforcer l’idée de déterritorialisation.

Le principe d’universalité des Droits de l’homme est d’autant plus examiné qu’il détermine de nos jours, dans beaucoup de cas, l’octroi de financement de pays développés à des pays qualifiés de pauvres.

A titre d’exemple, Barack Obama avait prévenu son homologue Ougandais de la crispation de leur relation quelques jours avant que Yoweri Museveni n’adopte une loi anti-gay dans son pays. On suppose que la crispation pourrait se sentir au niveau de l’aide américain à ce pays.

Ici, a affaire aux droits des homosexuels. Les violations des droits de ces derniers dans le monde sont pris très au sérieux par les grandes puissances. Ces dernières ne manquent pas de s’indigner face à de tels manquements.

Le respect ou pas des droits des homosexuels peut déterminer, comme le démontre l’exemple américano-ougandais, les relations en des pays du Nord et certains pays du Sud.

Mais, et c’est sur ce point que va porter mon analyse, qu’en est-il quand il s’agit du droit des candidats au départ ? On fait allusion aux individus qui veulent émigrer.

Pourquoi l’émigration n’est pas aussi un droit de l’homme au même titre que le droit de toute personne d’avoir une orientation sexuelle différente?

Pourtant selon la notion des droits de l’homme inscrite dans la DUDH, les individus naissent libres et égaux. Pourquoi cette vision égalitaire des hommes dans le monde ne s’applique-t-elle dans le cas des migrations ?

Si explicitement, la Déclaration Universelle des Droits humains ne fait pas référence dans ses textes aux droits des homosexuels, la liberté de circulation y est en revanche affirmée.

Malgré cela, cette dernière est ébranlée et est par ricochet la cause directe des cadavres qui gisent chaque année sur les côtes de l’Europe. La violation de cette liberté de circulation pousse beaucoup à des contournements : les pirogues servent, malgré les risques, de moyen pour atteindre un autre bout du monde. Et les morts continuent de se compter par milliers.

Ces désastres humains ne reçoivent pas la même vague d’indignation que la violation des droits des homosexuels. Cela dit, les homosexuels auraient-t-il alors plus de droits que les aspirants au départ ?

Une connaissance européenne qui travaille dans un organisme international m’a relaté un fait assez révélateur de la violation de cette liberté de circulation. Devant se rendre aux Etats-Unis pour une mission, elle a été obligé de quitter le pays sans son collègue sénégalais à qui on a refusé le Visa.

Si les droits de l’homme sont universels, aucune justification possible ne serait acceptable dans ce cas de figure. Et pourtant, les exemples de ce genre sont légions.

Les défenseurs du Visa invoquent ici le principe de souveraineté

Mon propos ne vise nullement à remettre en cause le droit qu’à chaque Etat d’exercer son autorité sur son territoire.

Mais, si les pays sont souverains, pourquoi alors ce principe ne prélaverait-t-il pas en Ouganda concernant la loi votée par la majorité des députés visant à criminaliser l’homosexualité ? Les députés qui dans un régime démocratique sont censés représentés le peuple.

L’Ouganda serait-il alors moins souverain quand il décide d’appliquer une loi inhumaine contre les homosexuels que les Etats-Unis qui refusent le Visa à un citoyen sénégalais ?

En d’autres termes, pourquoi l’Ouganda devrait-il se départir de sa souveraineté quand les Etats-Unis appliqueraient, par exemple, ce principe pour accorder ou refuser un titre de séjour à un citoyen ougandais ? Où commence la souveraineté d’un pays et à quel moment s’arrête-t-elle pour laisser place au droit international ?

La citoyenne européenne en question à qui on a octroyé le visa ne doit-elle pas être égale en droit que son collègue sénégalais, comme le stipule la Déclaration Universelle des Droits Humains ?

Pourtant c’est bien contre la discrimination que s’érige les défenseurs des homosexuels.

Le refus de visa à un individu est donc une violation grave de la liberté de circulation. Et cela met en péril le droit d’émigrer qui devrait être reconnu comme un droit de l’homme universel et inaliénable.

Si ce droit n’est pas reconnu comme tel, les nouveaux ‘’migrantophobes’’ n’ont aucune légitimité dans leur argumentaire face aux homophobes.


Rémy MALLET

Journaliste Blogueur



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