Evelyne Hessou, réalisatrice du film "DOUDEDJI" : « Je voudrais voir tous les enfants handicapés sur les bancs des classes »

Publicado 7 de junio de 2013 Avatar

Se registró el día 29 de agosto de 2011
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Evelyne Hessou, 23 ans est étudiante en Master à l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel à Cotonou. Elle a remporté, avec la vidéo "DOUDEDJI" (Vaincre), la seconde distinction au concours international de l’UNICEF "One Minute Video". Elle partage avec nous les motifs de son inspiration et son regard sur les enfants handicapés qu’elle voudrait voir à l’école et non dans les rues.

Pourquoi le film DOUDEDJI qui porte sur la capacité des enfants handicapés?

J’ai réalisé ce film parce que, de nature, je suis sensible à tout ce qui touche aux droits des enfants. J’ai été inspiré par une première rencontre avec un enfant handicapé à Calavi, ville situé à 20 km de Cotonou. C’est un garçon déterminé et motivé, qui m’a confié qu’il voulait devenir plus tard un médecin. Mais malheureusement, ses parents ne cessent de lui répéter chaque fois que l’occasion se présente, que l’école n’est pas faite pour lui. Ma deuxième source d’inspiration a été un article sur les enfants handicapés, publié par l’UNICEF le 16 juin 2012, lors de la célébration de la Journée de l’Enfant Africain, dont le thème portait sur les enfants handicapés. Dans l’article, un jeune de 17 ans, à qui a perdu la vue quand il avait 10 ans, s'exprime au nom de nombreux enfants handicapés d'Afrique. Il dit : «J'ai cru que c'était la fin du monde pour moi, mais si je reçois une éducation, j'espère pouvoir être utile à la société au lieu de mendier dans les rues». A la lecture de ces mots, je me suis engagé à faire quelque chose pour aider les enfants handicapés qui ont soif de l’éducation et tout autre besoins fondamentaux.

Pensez-vous avoir touché du doigt la réalité des enfants handicapés en réalisant le film?

Je pense avoir touché à la réalité des enfants handicapés. En effet, après avoir choisi le thème des enfants handicapés et après avoir pris la décision de réaliser ce film, j’ai eu à faire beaucoup de recherches dans les centres abritant les enfants handicapés au Bénin. Durant mes recherches, j’ai échangé avec les responsables des centres, mais aussi avec les enfants handicapés sur la façon dont ils vivent. Il faut noter que j’avais rencontré aussi un enfant handicapé qui mendiait aux feux signalisation à Cotonou. Au terme d’un échange de 30 minutes sous un soleil de plomb, l’enfant m’a révélé qu’il mendiait parce que ses parents l’ont contraint à le faire alors qu’ils ont refusé de l’envoyer à l’école.

Si on revient au film "DOUDEDJI", quelle histoire avez-vous voulu raconter?

C’est l’histoire d’un enfant de 7 ans qui nourrit une folle envie de se faire scolariser, mais malheureusement, les parents ne sont pas d’accord. Sauf sa grande sœur lui a apporté un vrai soutien, sans pouvoir convaincre les parents. Mais l’enfant s’est battu pour faire comprendre à ses parents qu’il a le droit d’aller à l’école et ses parents ont le devoir de l’y inscrire. Il s’est rendu donc à l’école, où il a discuté et convaincu le maître, qui à son tour, a persuadé les parents de faire scolariser l’enfant. Mais au-delà de cet enfant, il faut que les grandes personnes handicapées réclament leurs droits et n’attendent pas des aides de la société civile et des ONG. Les personnes handicapées ont beaucoup de capacités et peuvent valablement se défendre sans les ONG. Il faudrait donc qu’elles s’associent et qu’elles soient motivées.

Qu’est-ce que vous avez gagné en réalisant ce film?

Je ne pense pas avoir gagné quelque chose dans ce film, du moment où je vois encore les enfants handicapés mendier dans les rues. Je voudrais voir tous ces enfants handicapés sur les bancs des classes car leur place n’est pas dans les rues.

"DOUDEDJI" a obtenu la mention honorable au terme du concours UNICEF, "One minute video" sur le thème « La capacité des enfants handicapés ». Quelles sont vos impressions ?

Je suis contente que le film soit reconnu sur le plan mondial. Mais j’aurais bien voulu qu’il soit sélectionné le premier, non pas pour gagner le matériel de production. Je voudrais que ce soit le premier pour qu’il soit diffusé dans le monde entier. Mais n’ayant pas été sélectionné premier, je voudrais, après avoir obtenu la mention honorable, que ce film soit diffusé partout dans le monde, s’il y a possibilité. Cela me réjouirait plus, car j’ai envie de passer le message que je véhicule dans le film sur toute la planète.

Un message pour les enfants handicapé !

Mon message est le même. Je suis handicapé, mais pas incapable





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