Financement de la réponse contre le sida : L’Afrique doit passer à l'acte!

Publicado 9 de diciembre de 2011 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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Depuis ce jeudi 8 décembre 2011 en fin d’après-midi, le rideau est tombé sur la 16e édition de la Conférence Internationale sur le sida et les Infections sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA). Cette 16e édition, rappelons-le, a démarré le dimanche 4 décembre et s’est déroulée à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie.

Quelques heures après la fin de cette importante conférence qui a réuni près de 10 000 délégués aux dires des organisateurs, les premiers bilans peuvent être réalisés et les premières conclusions tirées.

Au bout de cinq jours de travaux, l’un des messages clés que nous pouvons retenir est certainement celui d’une meilleure implication des gouvernements africains pour la mobilisation des ressources financières. En effet, sans réduire les différents travaux à ce seul point, mais tout en gardant en esprit les défis liés à la disponibilité des fonds dans un contexte de réduction des financements, un appel pressant a été lancé en direction de tous les gouvernements africains. Cette mobilisation doit se traduire par une augmentation des contributions nationales, une promesse faite dix ans plutôt.

Pour mémoire, réunis en 2001 au Nigeria à l'occasion du sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA, devenue aujourd’hui Union Africaine – UA) sur le VIH/SIDA, la tuberculose et autres maladies infectieuses connexes, les Etats africains s'étaient engagés dans cette direction. Dans ce qui sera appelé la « Déclaration d’Abuja », ils s'étaient engagés « à fixer un objectif de 15% au moins de [leur] budget annuel à allouer à l’amélioration du secteur de la santé ». Dix ans ont passé depuis cette déclaration mais nous sommes malheureusement encore très loin du compte.

Lors de cette 16e CISMA, nous avons appris que ce sont à peine 6 pays sur les 53 (enfin, plutôt 54 si nous comptons le nouvel Etat du Soudan du Sud) que compte le continent africain qui se sont donnés les moyens de participer à ce combat contre le Sida et les MST. Il s'agit du Burkina Faso (15,8%), du Malawi (17,1%), du Rwanda (18,5%), de la Zambie (16,4%), du Botswana et du Niger (17,8%).

Dès le premier jour de cette conférence, les gouvernements africains ont été interpellés sur l'engagement qu’ils avaient pris. En effet, dans son intervention lors de la Cérémonie d’ouverture, le Professeur Soudré, Président de la Société Africaine Anti-sida (SAA), coorganisatrice de cette conférence, leur a demandé « d’arrêter les discours et de passer aux actes ». Cette demande a été reprise et relancée le dernier jour (jeudi 8 décembre) par le Dr Debrework Zewdi du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la Tuberculose et le paludisme. Celle-ci a noté que « les pays doivent augmenter leurs contributions nationales » pour un réel renforcement de la réponse au moment où ce Fonds a annulé son Round 11.

Afin de continuer la mobilisation et de maintenir la pression sur les dirigeants du continent, des activistes présents à Addis-Abeba ont déposé une pétition au siège de l’Union Africaine.

D’ici la 17e CISMA, qui devrait se tenir du 7 au 10 décembre 2013 à Durban en Afrique du Sud, les gouvernements africains devront donc passer à l'acte. Cela devra principalement se traduire, à court terme, par une appropriation, un renforcement et une pérennisation de la réponse contre le sida (mais aussi contre la tuberculose et le paludisme) avec les ressources des pays respectifs. La principale action consiste certainement en la mise en œuvre effective de la Déclaration d’Abuja de 2001.




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