Haïti : telle société, telle jeunesse (Suite et fin)

Publicado 6 de junio de 2014 no picture Osman Jérôme

no picture Osman Jérôme Ver Perfil
Se registró el día 10 de octubre de 2013
  • 2 Artículos


Le parlement Jeunesse d’Haïti. Crédit photo : http://espacinsular.org

Le parlement Jeunesse d’Haïti. Crédit photo : http://espacinsular.org

Une jeunesse éduquée, formée, encadrée, est comme une valeur suprême de toute société progressiste. Car elle assure non seulement la construction démocratique et participative de la société, mais aussi sa productivité et son bien-être collectif.

Dans la première partie de cette réflexion, nous avons évoqué la triste réalité d’une jeune haïtienne exclue, larguée par la société elle-même. Société qui devrait plutôt la surveiller, dit-on. À ce manque d’encadrement, il est donc évident qu’on a des jeunes qui s’engouffrent dans des pratiques interdites par la morale.

Cependant, en dépit de ce sombre tableau, il y a encore des jeunes sur qui le pays peut toujours car comme on le dit si bien : « La jeunesse est l’avenir du pays ». Maintenant, comment y parvenir ?

Les sociétés qui investissent dans la formation des jeunes sont appelées à connaître de grands progrès à tous les niveaux (technologique, économique, sociologique, politique…). Pour ainsi dire, le niveau socio-économique dont Haïti a besoin, ne sera jamais effectif sans un investissement adéquat dans les capacités des jeunes.

La société haïtienne est face à de nombreux défis sociopolitiques. Les jeunes ont leur partition à jouer. Il suffit de les encadrer..

Education : la jeunesse est une force sociale importante et fondamentale pour contribuer au développement du monde. L’accomplissement de cette tâche ne sera pas possible sans une éducation adaptée. Une éducation qui répond, non seulement aux besoins des jeunes, sinon aussi aux nécessités de la société qu’ils appartiennent.

Désormais, le jeune Haïtien doit recevoir un enseignement de qualité. Celui qui lui permet de développer ses capacités. Avoir pleine conscience de ses droits et de ses devoirs. Ainsi, nous aurons une jeunesse qui prendra une part active dans la construction collective de cette société démocratique, productive, compétitive qui a longtemps manqué à Haïti.

Formation : en termes de formation des jeunes (en Haïti comme à l’étranger), l’État haïtien n’investit presque pas. Or dans toute société qui se respecte, la formation (académique) des jeunes est l’une des plus grandes priorités de l’État. Si ce n’est pas la première. Mais ici, on s’en moque royalement.

Dans le cadre de certains partenariats avec des ambassades et des organisations non gouvernementales (ONG) à Port-au-Prince, certains jeunes sont parfois bénéficiaires des bourses d’études à l’étranger. Souvent, quand il est question de trouver l’appui de l’État haïtien au cours de leurs études ou pour s’intégrer sur le marché local après leur formation, c’est vraiment la déception pour eux.

Des boursiers à Cuba peuvent donc en témoigner. Nos chefs n’assument pas leurs responsabilités en ce sens. Comme si les revenus de l’État sont là seulement pour garantir leur confort et celui de leurs familles.

En effet, former des citoyens socialement responsables et intégrés, voilà ce qui est une garantie d’un meilleur demain pour la société. Il n’est pas trop tard aux dirigeants haïtiens de s’en rendre compte et faire le nécessaire. Il suffit de faire la formation des jeunes une priorité. Et croyez-moi sur parole messieurs les politiciens, tôt ou tard, le pays récoltera les fruits de cet investissement intelligent.

Emploi : ce n’est pas un secret, le chômage s’installe confortablement dans le salon de la société haïtienne. Et les jeunes sont les plus touchés par ce manque de travail. Récemment, on a estimé qu’il y a environ « 150 000 jeunes qui font leur entrée chaque année sur le marché du travail dans le pays. Pourtant, il n’y a pas vraiment de perspectives d’emploi ».

Malgré certains efforts, la situation reste criante. Et selon certains observateurs, ce fléau qu’on appelle « chômage », serait à la base de beaucoup de scènes de violence et de délinquance enregistrées ces derniers temps dans le pays. Donc, une vraie politique d’emploi est urgente aujourd’hui en Haïti.

Loisir : « Quand on n’a pas ce qu’on aime, on aime ce qu’on a ». Les centres de recherche et de lecture, les lieux de loisirs « saints » se font de plus en rare. Notamment à Port-au-Prince. Depuis quelques temps, nous avons une capitale haïtienne sans cinéma. Bref ! Comme la nature a horreur du vide, en lieu et place des choses de l’esprit, les jeunes se « tuent moralement » dans les « After School », les « Ti sourit ». On est désolé de voir avec quel engouement des sponsors investissent dans ces activités aux retombées négatives pour la société.

En vue de cette société éduquée, formée, « éclairée » qu’on espère pour Haïti, il est d’urgence de repenser ce qu’on doit offrir aux jeunes en termes de divertissement.

Je n’ai pas tout mentionné. Mais ces 4 éléments peuvent servir de base pour une intégration des jeunes dans la vie sociale du pays. L’éducation, la formation, l’emploi, loisir sont entre autres des facteurs importants à prendre en charge, si on veut offrir aux jeunes des moyens et des espaces adéquats pour développer leurs potentialités. Concrétiser leurs rêves. Et les permettre aussi de mener une vie digne de leur âge et assumer leurs responsabilités (citoyennes) avec un niveau d’étique sociale et morale. Et comme résultat, on aura une jeunesse forte, consciente, responsable de ses actes. Donc, une jeunesse productive, une société compétitive.

À qui veut l’entendre, pour le meilleur ou pour le pire, en plus de représenter plus de la moitié de la population active, la jeunesse représente une valeur sociale de cruciale importance en Haïti. Voilà donc l’intérêt, l’urgence de l’encadrer, de l’intégrer le plus vite qu’il soit.

Osman Jérôme


Education Haiti jeunesse Formation Emploi Famille intégration Travail Loisirs




comments powered by Disqus

Lee más