Je suis témoin de la violence

Publicado 28 de mayo de 2014 no picture hewan_connecte_maroc

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Se registró el día 2 de febrero de 2014
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#endviolence à l'école

#endviolence à l'école

Je dois l’avouer, je suis ce qu’on décrirait comme une privilégiée.

J’ai eu des parents qui m’ont donné tout ce dont un enfant a besoin rendant ainsi mon enfance un moment que je revois avec beaucoup de bonheur. Ils se sont sacrifiés pour me faire entrer dans une école où la violence n’était pas tolérée et donc cela a facilité le processus d’apprentissage. Me permettant ainsi de développer une personnalité assez forte et un naturel très optimiste… pour faire simple, disons que je suis de ceux qui voient le verre à moitié remplie plutôt qu’à moitié vide.

Si on raisonne par l’absurde, il est clair que si je n’avais pas grandi dans ce monde sans violence je serais à la recherche de confrontation à tout moment, en train de dénigrer les gens autour de moi pour me sentir mieux et continuer le cercle vicieux le propageant ainsi dans la génération qui suit.

Car ce comportement je l’ai vu sur les gens autour de moi, sur ceux qu’on a intégré dans ce système contre-productif sans même qu’ils s’en rendent compte. Convaincu de la nécessité de la violence, ils ont continué à la perpétuer. Ces individus, ce sont les gens de ma famille, ce sont mes voisins, ce sont des personnes que je côtoie chaque jour et avec qui je converse de façon régulière… bref ce sont des personnes que je respecte et que j’aime. Mais ils ont grandi dans un milieu où on leur a appris que la violence est nécessaire pour discipliner, pour résoudre des conflits et pour obtenir son droit. Tout petit, quand ils reviennent de l’école avec des blessures infligées par leur enseignant leurs parents leur demandent « qu’est-ce que tu as encore fait ?», si un garçon revient avec un beurre à l’œil la remarque que son père lui pose « j’espère que l’autre avec qui tu t’es battu est plus amoché que toi… », Si une fille revient d’une bagarre la remarque est encore pire « une fille ne se bat pas, que vont dire les voisins, la prochaine fois tu ramènes ton frère avec toi ».

Mes propres grands-parents se plaignent souvent qu’au bon vieux temps si un enfant se comportait mal dans la rue n’importe quel passant avait le droit de le corriger comme il se doit et que ce n’est pas normal que le gouvernement essaye d’empêcher ce genre de violence car pour eux c’est un signe d’amour qui veut dire que même le passant prend part à l’éducation de l’enfant. Mais une éducation de la sorte n’est pas ce qui fera d’un enfant un adulte responsable, combien de mes amis de jeux sont maintenant cause de souffrance sur des adultes et leurs propres enfants ?? Sans parler bien sûr de ceux qui se sont déjà lancé dans l’enseignement et qui sont passés de victimes à bourreaux à leur tour !!

Le problème de la violence dans ma communauté touche donc toutes les générations et il est vrai qu’il est très difficile de changer la façon de penser des « adultes » qui se disent savoir faire la différence entre le bien et le mal. Donc il faut qu’on commence à planter le grain du changement. Peut-être qu’à force d’en parler, de faire des tous petits pas pour que la violence à l’école s’arrête toutes les générations prochaines sans exception auront droit au magnifique cadeau que mes parents m’ont offert : une enfance digne de ce nom !!


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