La Voix des Jeunes t'Inspire! "J’ai vraiment l’impression d’exercer un métier indispensable"

Publicado 5 de mayo de 2014 no picture

Se registró el día 27 de marzo de 2013
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Nom : Djomakon Ariel

Age : 23

Ville, Pays : Cotonou, Bénin

D’où viens-tu et où vis-tu en ce moment ?

Je suis un citoyen du monde qui a vu le jour à Cotonou au Bénin; et actuellement je suis en France, à Paris-Sud pour mes études.

Selon ta carte de visite, quel est ton titre ?

Une carte tryptique on va dire. Je suis Responsable du Pôle Agriculture durable de l'ONG YPA Development, une organisation chargée d'actions de développement au Bénin. Et je suis aussi entrepreneur social d'une start-up dont je tais le nom pour l’heure, et Fondateur de la FonDAFRik Fondation pour l'agriculture familiale et la jeunesse rurale en Afrique.

Que voulais-tu faire dans la vie quand tu avais 10 ans ?

Je voulais vraiment faire tout ce que j'aimais à cet âge : l'armée, la réalisation de mangas, le journalisme junior et la médecine. Plus tard à 14ans, j'ai compris que ma mère n'était pas si prête que ça de se séparer de moi pour mon entrée au Prytanée Militaire, aussi que j'étais plus talentueux copieur que dessinateur né, et que j'avais passé l'âge des juniors de la télévision. Je me suis alors focalisé sur la médecine.

Donne-nous 10 mots décrivant ta journée de travail typique :

Petit-déjeuner, Gratitude, Planification, Création, Médias sociaux, Etudes, Projets, Communication, Opportunités, Partenariats

En quelques lignes, comment es-tu arrivé(e) là où tu en es aujourd’hui ? Cite les étapes importantes de ton parcours.

Tout d'abord, Terminale Sciences de la Vie et Chimie! Déception de mon professeur de Biologie, je décide avant le Bac d'abandonner mes envies pour la médecine. J'avais passé 13 années à étudier, je voulais certes continuer mes études mais dans un cursus où on n’étudie pas ou peu. C'est ainsi que j'ai choisi l'agronomie, parce que c'était un terrain sur lequel je n'avais pas d'avis personnel. Surprise! Première année de Licence : 52 matières sur tout ce qu'on pouvait étudier en Afrique. Je prends mon courage à tous égards et je fonce!

Ensuite, 2ème année de Licence en Economie rurale! Avec des collègues, on décide de créer le Cercle de réflexion des élèves Agronomes sur le Développement Rural et Economique (CADRE) qui deviendra chemin faisant l'ONG YPA Development. Durant ma formation, je m’intéressais aux changements climatiques qui vont me conduire à une année d'expérience au sein de l'ONG JVE-Bénin où j'ai travaillé sur plusieurs fronts : développement durable, changements climatiques, économie verte, et auto-emploi des jeunes. Je finis tant bien que mal 03 années de formation à la Faculté des Sciences Agronomiques au Bénin. Pendant mon année de césure, je me retrouvais certes polyvalent mais finalement peu efficace dans ce qui avait alors commencé par devenir ma passion : l'agriculture. Alors, je m'oriente vers un cursus en France axé Développement agricole durable après une expérience de fond dans le système onusien au Bénin.

C'est finalement beaucoup plus ma venue en France qui a "triple-titré" ma carte de visite. Un peu plus d'un an que j'y suis, et j'explore les bonnes pratiques ici et en Europe pour trouver le bon concept au Bénin et en Afrique. Je développe plus maintenant un intérêt particulier pour l'agriculture familiale et la jeunesse rurale du continent.

Quel est le plus gros obstacle que tu aies eu à surmonter pour atteindre ta situation actuelle ? Comment cela t’a-t-il permis de grandir en tant que personne ?

Le décès d'êtres chers. A chacune de ces étapes importantes, j'ai perdu un parent qui originellement ou ponctuellement avait un impact plus que positif dans ma vie et mes études. J'avais eu trois choix à chacun de ces moments où je suis tombé: rester passif et donc être plus vulnérable; ou réagir de deux manières; soit me relever et continuer dans le bon sens malgré tous les autres obstacles qui en découlaient, soit me relever et faire de la "délinquance" une solution. J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à toujours faire le 2ème choix... Et en réalité, je n'y serais pas arrivé sans la présence d'êtres également chers qui avaient et ont confiance en moi.


Qu’as-tu étudié? Quelle a été l'importance de ton choix d'études universitaires par rapport à ta profession aujourd’hui?

J'ai donc d'abord étudié l'agronomie générale, en une année de licence, ensuite deux années de licence d'économie et sociologie rurales solidement renforcées par une maîtrise en Etudes internationales ici en France et bientôt un Master Développement agricole durable. Mais tout mon professionnalisme aujourd'hui n'aurait pas été possible sans mon expérience en tant que responsable dans une ONG ou en tant que volontaire dans mon pays. Je n'aurai pas choisi une formation en lien avec l'agriculture et le développement en Afrique que je n'aurai peut-être pas découvert ma passion. J’ai vraiment l’impression d’exercer un métier indispensable. Parce qu'on dépend entièrement du secteur agricole pour notre alimentation et que c'est lui qui fournit le plus d'emplois. 99% de ce qu'on mange vient de l'agriculture, et c'est le secteur qui fournit le plus de revenus avec 43% des emplois au monde même s'il s'agit de bas revenus.

Quelles sont les trois éléments les plus importants pour pouvoir exceller dans ton domaine?

Savoir, Compréhension et Passion. Déjà je pense qu'il faut savoir ce que c'est que l'agriculture mondiale pour ensuite s'y intéresser voire en faire une passion. Savoir ce que c'est que l'agriculture mondiale demande de remonter aux 12 000 dernières années où elle naissait et comment elle est devenue aujourd'hui un sujet d'intérêt. Ensuite, pour comprendre progressivement tout le système il faut regarder à travers la lentille des relations internationales et développer un esprit d'analyses critiques. Ce faisant, on se trouve passionné de l’une des choses les plus intéressantes du monde en alliant formation, profession et médias sociaux pour communiquer cette passion et s'y informer afin de se renforcer davantage.

Quelle est pour toi la chose la plus importante que les gouvernements et/ou les entreprises peuvent faire pour aider les jeunes à se lancer dans leur carrière?

Pour citer mon compatriote Tiburce Chaffa, ''L'expérience est un atout qu'aucun diplôme universitaire ne peut nous procurer". Nos gouvernements aujourd'hui ne peuvent pas fournir à toute la masse de diplômés qui sortent chaque année des universités un travail, donc il faudrait déjà que nous jeunes nous en prenions conscience et renforçons déjà dès maintenant nos capacités professionnelles. Là alors où les gouvernements et entreprises peuvent aider, c'est d'une part pour les gouvernements de promouvoir et soutenir l'engagement citoyen comme levier de développement national, et d'autre part pour les entreprises sur proposition des gouvernements d'accorder plus d'opportunités de travail et de carrière à des jeunes ayant passé cette étape de l'engagement civique ou de stages en parallèle des études. J'en parle un peu plus dans cette interview accordée en début d'année.

Sur une note plus légère, parle-nous de ta journée la plus étrange ou la chose la plus étrange que tu aies eu à faire au travail?

Je crois bien que c'est ce jour où j'ai passé à peu près 12heures à travailler sur le cannabis sativa comme culture à finalité médicinale et pouvant améliorer les moyens d'existence des ruraux. C'était drôle! J'avais durant ma formation au Bénin effectué un stage dans une région où historiquement certains agriculteurs en pratiquent. Plus tard, l'idée m'est venue des suites d'une discussion puis d'une conférence, de proposer cela à notre bureau exécutif ou d'en faire une thèse. Mais j'ai ensuite abandonné.


Quelques mots pour les jeunes? Quel est le meilleur conseil à leur donner dans leur recherche de leur vocation ou de leur métier idéal?

A mes pairs, j'aimerais leur dire que la fin des études ne détermine pas l'employabilité. Cela n’est qu’une situation parmi tant d'autres. Encore faudrait-il être employé pour ce qu'on aime. Il faut à mon avis faire preuve de créativité, d'entreprise et d'innovation. Comme l'a si bien fait comprendre Marion Moureaux : "Si le poste de vos rêves n'existe pas, créez-le!"

Peu importe d'où vous soyez, et quel que soit votre âge c'est la beauté et la validité de vos rêves en lesquels vous croyez qui comptent. Le fait de croire, c'est ce qui nous fait avancer.


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