La Voix des Jeunes t'inspire! Cédric: la passion du journalisme et une persévérance à toute épreuve.

Publicado 23 de junio de 2013 no picture

Se registró el día 27 de marzo de 2013
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Nom : Cédric Kalonji

Age : 32

Ville, Pays : France

D’où viens-tu et où vis-tu en ce moment ?

Je viens de Kinshasa, capitale de la république démocratique du Congo

Selon ta carte de visite, quel est ton titre ?

Journaliste, spécialiste des nouveaux médias.

Que voulais-tu faire dans la vie quand tu avais 10 ans ?

Jeune, je rêvais d’être pilote de ligne. J’étais fasciné par la possibilité de voler. Je passais un temps fou à regarder dans le ciel pour reconnaître les avions.

Donne-nous 10 mots décrivant ta journée de travail typique :

Internet, Web, Facebook, Twitter, Mobile, Réseaux sociaux, Blogs, Radio, Journalisme

En quelques lignes, comment es-tu arrivé là où tu en es aujourd’hui ? Cite les étapes importantes de ton parcours.

Tout part de ma découverte d’Internet au début des années 2000. Je réalise alors que cette technologie permet d’apprendre énormément de choses, de se connecter à d’autres jeunes dans les quatre coins du monde. Une sorte de grande bibliothèque gratuite, ouverte 24/24. Je viens alors de passer mon BAC et je suis inscrit dans une école d’ingénieur à Kinshasa. Je passe plus de temps dans les cybercafés qu’en cours. Mes cours et mes enseignants m’ennuient. J’ai alors l’impression d’apprendre beaucoup plus sur Internet que dans mes manuels de cours qui datent pour la plupart des années 60.

Pour financer mes heures dans les cybercafés, je propose mon aide aux gestionnaires des cybercafés de mon quartier. J’aide les usagers lorsqu’ils ont besoin. Et quand il n’y a pas de client, j’en profite pour me connecter gratuitement. J’aide également des copains et voisins étudiants qui veulent se documenter mais qui ne savent pas comment rechercher de l’information sur Internet. Ils paient mes heures de connexion et en échange, je leur apporte de quoi se documenter pour leurs travaux.

En trainant ainsi dans les cybercafés, je me rends compte que la plupart des jeunes qui y viennent passent un temps fou sur des sites peu intéressants (pornographie, sites de rencontre). A chaque fois j’essaie de les sensibiliser, de leur dire qu’il y a des choses beaucoup plus intéressantes à faire sur Internet. C’est à ce moment que germe dans ma tête l’idée de créer une chronique télévisée pour sensibiliser à l’utilisation d’Internet.

Le problème ? Je n’ai pas de formation journalistique. Je me documente sur Internet avec les mots-clés « devenir journaliste » ou « apprendre le journalisme ». J’écoute beaucoup la radio, je regarde beaucoup a télé et j’essaie d’imiter les présentateurs les plus en vue.

Finalement, je soumets un projet d’émission télévisée à une chaîne de télévision privée de la place. Le projet est accepté.

Je profite donc de l’expérience de mes collègues qui ont suivi un cursus de journalisme. Mes premières chroniques sont catastrophiques. Mais je m’améliore avec le temps. Mon émission est diffusée une fois par semaine à Kinshasa. Je me mets à rêver de toucher plus de monde. La chaîne pour laquelle je travaille n’émet qu’à Kinshasa. Je rêve de parler aux jeunes congolais qui vivent dans les autres provinces.

Une année après, j’entreprends de présenter un projet d’émission radio à la Radio Okapi, fruit d’un partenariat entre la Mission des Nations Unies en RDC et la Fondation Hirondelle. Radio Okapi est alors le seul média à émettre sur tout le territoire congolais. Mon projet est accepté. J’ai donc la chance de travailler dans un milieu multiculturel, avec des professionnels venus du monde entier. Je touche également beaucoup plus de monde. Je débute avec une chronique hebdomadaire (3 minutes), mais le succès pousse mes superviseurs à m’accorder plus de temps (15 minutes, puis 30 minutes). Au moment où je quitte la Radio Okapi en 2008, je suis en charge d’une émission quotidienne de 3 heures qui s’adresse aux jeunes.

Ce parcours se poursuit avec la création de mon Blog en 2005. Ce dernier est sacré meilleur Blog francophone en 2007 (The Bobs Awards - Deutsche Welle) et Meilleur Blog Africain en 2008 (Prix Waxal du meilleur Blog Africain – Institut Panos Afrique de l’Ouest).

Ces deux prix m’offrent une visibilité internationale. Je passe en 2007 le concours des grandes écoles de journalisme en France. L’été 2008, j’intègre l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (meilleure école de journalisme française).

Depuis que je suis en France, j’ai notamment travaillé pour RFI. Je me suis occupé d’un programme Radio qui donne la parole à des blogueurs francophones. J’ai également fondé le projet Mondoblog , une plate-forme de formation au journalisme citoyen qui fédère plus d’une centaine de jeunes blogueurs francophones.

Actuellement, je travaille comme consultant indépendant dans la formation au journalisme citoyen et aux médias sociaux. Je suis toujours basé en France mais je voyage régulièrement sur le continent dans le cadre de mon travail.

Quel est le plus gros obstacle que tu aies eu à surmonter pour atteindre ta situation actuelle ? Comment cela t'a-t-il permis de grandir en tant que personne ?

Je suis né et j’ai grandi dans un pays à l’histoire assez compliquée, dans une famille plutôt modeste. Le fait d’avoir interrompu mes études pour travailler me paraissait comme un obstacle qui m’empêcherait d’évoluer et de réaliser mes rêves. La reconnaissance de mon travail au niveau international, malgré le fait que je n’étais pas super-diplômé m’a permis de réaliser que la volonté, l’audace et le travail sont les clefs de la réussite et non pas les grandes études. Finalement, mon travail m’a ouvert les portes d’une très bonne école et j’ai pu rattraper ce que je considérais comme un retard.


Qu’as-tu étudié? Quelle a été l'importance de ton choix d'études universitaires en rapport à ta profession aujourd’hui?

Informatique et journalisme. Cela me permet d’être pertinent à la fois pour le développement technique et pour l’aspect éditorial des projets de médias en ligne.

Quelles sont les trois éléments les plus importants pour pouvoir exceller dans ton domaine?

Créativité, persévérance, apprentissage permanent.

Quelle est pour toi la chose la plus importante que les gouvernements et/ou les entreprises peuvent faire pour aider les jeunes à se lancer dans leur carrière?

Donner leur chance à des jeunes qui ne sont pas forcément diplômés mais qui ont des idées. Le monde idéal pour moi, c’est celui où on ne demandera pas aux gens quel est leur diplôme, mais ce qu’ils sont capables de faire.

Sur une note plus légère, parle-nous de ta journée la plus étrange ou la chose la plus étrange que tu aies eu à faire au travail?

Lorsque je débute à la radio Okapi, je suis tellement surexcité d’avoir accès à une meilleure connexion à Internet que celle des cybercafés qu’il m’est arrivé de passer la nuit au bureau pour en profiter. Mes collègues me prenaient sans doute pour un fou. Ces nuits blanches ont été bénéfiques. J’en ai profité pour apprendre à créer des sites Web. Cela m’est encore utile aujourd’hui et fait partie de mon travail.


Quelques mots pour les jeunes? Quel est le meilleur conseil à leur donner dans leur recherche de leur vocation ou de leur métier idéal?

Ne pas avoir peur de se tromper. Il n’y a que ceux qui n’osent rien qui ne se trompent pas. Vous avez un projet ou un rêve, donnez-vous les moyens de le réaliser. Mettez-y toute votre énergie. Si ça marche, vous serez fier de votre succès. Et si ça ne marche pas, vous aurez essayé. En apprenant de vos erreurs, vous vous forgez une expérience qui vous sera utile pour vos futurs projets.





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