«L’Afrique n’est pas celle que vous croyez»

Publicado 31 de agosto de 2012 User_image_bg Anne


Tel est le titre qui s’étalait à la une d’un récent numéro de l’hebdomadaire français Le Point. «Malgré les guerres et les tragédies, l’Afrique bat des records de croissance», assurait le magazine dans un dossier consacré au continent, ses réussites, ses élites et ses promesses.

«La litanie des tragédies ne s’est pas arrêtée, les fanatiques obtus qui saccagent Tombouctou nous le rappellent. Mais elle ne peut plus occulter l’évidence : l’Afrique subsaharienne se réveille. Sa croissance spectaculaire impressionne, son esprit d’entreprise a de quoi dynamiter les préjugés», notait Le Point armé d’impressionnantes statistiques. Car l’Afrique, dont les médias dressent souvent un portrait peu flatteur, est une nouvelle frontière.

Avec un taux de croissance de 4,9%, l’Afrique subsaharienne fait même mieux que des pays comme l’Inde ou le Brésil, royaume des nouveaux entrepreneurs et avec 616 millions d’abonnés au mobile, l’Afrique est devenue le deuxième marché mondial après la zone Asie-Pacifique. Dans une interview accordée au Point, Ahmedou Ould Abdallah, ex représentant spécial de l’Onu en Afrique, qui préside aujourd’hui le centre de stratégie et de sécurité pour le Sahel et le Sahara, se réjouissait du fait que «pour la première fois, le taux de croissance moyenne est supérieur à celui de la croissance démographique» et que l'Afrique enregistre également une croissance des investissements locaux, « le développement de la téléphonie ayant induit une croissance importante des échanges à l’intérieur même des pays».

L’Afrique au travail

Dans un rapport récent intitulé «Africa at work : job creation and inclusive growth», le McKinsey Global Institute constatait que le potentiel de l’Afrique est énorme mais que le défi principal sera de créer des emplois pour les 122 millions de travailleurs supplémentaires qui entreront sur le marché du travail d’ici 2020. Or, si l’Afrique enregistre aujourd’hui un taux de chômage de 9%, ce chiffre masque la réalité suivante : seuls 28% de la main d’œuvre ont des emplois stables, un grand nombre d’Africains devant se contenter de survivre en effectuant des petits boulots.

Si le taux de chômage des jeunes en Afrique subsaharienne semble relativement stable depuis 2005 (11,5% selon les chiffres de l’organisation internationale du travail), reste que l’emploi d’une main d’œuvre jeune mais sans perspectives véritables est devenu une priorité. Dans des pays comme la Côte d’Ivoire, il atteint 60%. Dans un récent communiqué de presse, la Banque mondiale mettait en valeur un nouveau partenariat entre le gouvernement ivoirien et les entreprises privées afin de lutter contre le sous-emploi. Il consiste à offrir aux jeunes âgés de 15 à 35 ans des stages rémunérés dans des entreprises locales afin d’aider les jeunes à développer leurs compétences tout en leur offrant la possibilité de postuler à un emploi à plein temps après ce stage. «Le chômage des jeunes accroît le risque de perturbations sociales et de conflits violents», constate Hamoud Addel Wedoud Kamil, responsable des secteurs de l’éducation à la Banque mondiale et responsable de ce projet baptisé « PEJEDEC » (Projet de création d’emplois jeunes et de développement des compétences »). «Si npous ne créons pas d’emploi et que nous n’adressons pas un message d’espoir aux jeunes, c’est comme si nous ne faisions rien. Nous devons leur donner l’occasion d’utiliser des stylos plutôt que des armes», ajoute-t-il. Et surtout des ordinateurs et des portables, serions-nous tentés d’ajouter.

Comment lutter contre le chômage des jeunes?

A la Voix des Jeunes, la question du chômage est au cœur de nos préoccupations. Aujourd’hui, nous souhaitons donc engager une discussion avec les jeunes de notre communauté sur le thème : « Comment lutter contre le chômage des jeunes?». Partagez vos idées. Nous les publierons sur notre blog et réaliserons également des interviews d’experts qui nous donneront eux aussi quelques conseils et idées que nos communiquerons via les réseaux sociaux.




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