Les viols « méthodiques, systématiques et massifs » persistent en RDC

Publicado 15 de marzo de 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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« Un homme sur quatre avoue avoir violé une femme et plus de la moitié avoue avoir utilisé la violence physique ou sexuelle contre un partenaire intime. Ceux-ci sont les résultats préliminaires d’un programme conjoint des Nations Unies qui a interrogé plus de 10.000 hommes dans six pays. »

Nous tenons cette inquiétante information du site d’ONUFemme, l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Tel serait le résultat d’une nouvelle étude qui révèle l’usage de la violence par les hommes contre les femmes et les filles en Asie-Pacifique.

Une semaine après la célébration de la Journée internationale de la femme, le 8 mars dernier, l’actualité du thème retenu cette année se précise. En effet, le thème retenu par les Nations Unies pour l’édition 2013 s’est décliné comme suit : « une promesse est une promesse : il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes. »

Rappelons que dans son message à l’occasion de cette journée, Madame Michelle Bachelet, Directrice Exécutive d’ONU Femme, a précisé que « l’élimination des violences envers les femmes est une priorité absolu » de l’organisation qu’elle dirige. Et pour ce faire, elle n’a pas manqué de dire que « notre siècle ne peut tolérer ces fléaux de l’humanité que sont la discrimination et la violence envers les femmes et les filles. »

Malheureusement, en République Démocratique du Congo (RDC), les violences contre les femmes et les filles semblent prospérer, particulièrement dans la partie Est du pays, selon le Docteur Denis Mukwege. Gynécologue de formation, Denis Mukwege s'est fait connaître pour les soins administrés aux femmes victimes de viols dans l'Est de la RDC. En 2012, il s’est momentanément exilé en Belgique après avoir échappé à une tentative d’assassinat. Mais, répondant à l’appel notamment des femmes, il est revenu en janvier 2013 à Bukavu (Est du pays) où se situe l’hôpital Panzi dans lequel il apporte un traitement qui combine une prise en charge psychologique, médicale et sociale, afin d’aider les victimes de viol à surmonter les traumatismes auxquels font face de nombreuses victimes des violences sexuelles après leur agression.

Selon Jeune Afrique, le Docteur Mukwege, au cours d'une conférence de presse à Kinshasa le 12 mars 2013, a affirmé qu’ « en moyenne, près de 300 femmes viennent chaque mois se faire soigner dans son hôpital de Panzi, à Bukavu, après avoir été victimes de viols et de sévices sexuels ». Ainsi, « après avoir fléchi en 2011, ce chiffre a repris en 2012 et se maintient les premiers mois de 2013. »

L’article continue en notant que « le Dr Mukwege a une nouvelle fois dénoncé ces viols « méthodiques, systématiques et massifs » qui ont, selon lui, « le même impact qu'une guerre classique » et détruisent le tissu économique et social du pays. »

Cette situation ne saurait prospérer en silence et notre inactivité, voire indifférence, ne saurait que faiblir l’engagement et l’action du Docteur Mukwege, toute son équipe et tous ceux qui, en RDC et comme ailleurs, mettent bien trop souvent leur vie, ainsi que celles de leur proches en danger dans cette lutte contre les violences envers les femmes et les filles.

Dans ce contexte, nous voulons ici renouveler l’appel de Madame Michelle Bachelet dans son message à l’occasion de la Journée Internationale de la femme 2013 : « rejoignez-moi pour lutter contre la violence, pour éduquer l’opinion public et pour que soit mis en place des programmes qui offrent des services essentiels aux victimes et aux rescapés des violences. Rejoignez-moi aujourd’hui et tous les jours pour dire non, non à la discrimination et à la violence envers les femmes et les filles, non à la violence domestique et à la maltraitance, non aux viols et aux violences sexuelles, non à la traite des être humains et à l’esclavage sexuel [...] »

© UNICEF/DRCA2011-00008/CORNELIA WALTHER - CONGO, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE, 2011




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