Libre, mais à quel point ?

Publicado 31 de octubre de 2013 no picture amoureuseDeParis

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Se registró el día 31 de octubre de 2013
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Les médias se doivent de refléter l'avis du peuple malgré toutes les contraintes et l'oppression que l'on peut exercer.

Les médias se doivent de refléter l'avis du peuple malgré toutes les contraintes et l'oppression que l'on peut exercer.

Quelques siècles auparavant, Anatole France affirmait que les révoltes ont lieu lorsque « ceux d’en bas n’en peuvent plus, et que ceux d’en haut, n’en veulent plus ». Mais, est-ce de ce principe que la fameuse révolution du jasmin a pris son premier envol ? S’agissait-il vraiment de la revanche des plus démunis contre ceux qui les ont, pendant tant d’années, si injustement traités ; ou bien est-ce une mascarade divinement bien orchestrée par des forces privilégiant l’ombre, qui voulurent condamner toute une nation à une destinée incertaine ?

Parlons de ce printemps qui n’a su dessiner que des paradis artificiels d’où ont émergé les rejetons des enfers ; d’où sortirent ceux qui prétendent tout savoir et tout connaître bien que la raison et le bon sens se refusaient à habiter leurs esprits tordus.

Dans cette perspective, on serait tenté de citer Avicenne, qui se désolait d’être de ce peuple qui croyait que celui qui sépara le Ciel de la Terre, ne s’adressait qu’à eux à travers les saints versets du Coran.

De cette face cachée de l’idéal démocratique auquel on inspirait tant, ne sont nées que désolation, ignorance et l’on se surprendrait à admirer avec désolation le magnifique spectacle de ces tartuffes bouffons qui nous gouvernent.

Est-ce un printemps des nations ou un automne qui se refuse jalousement à céder une place si longtemps occupée par l’abus du pouvoir et l’injustice sociale? Dans cette troisième année, d’une révolution avortée, qu’avons-nous fait de nous dans ce duel perdu contre les fourbes qui étaient supposés être notre voix et concrétiser nos rêves d’une vie meilleure pour tous?

Il était une fois, un peuple qui avait enduré durant plus d’un quart de siècle un semblant de vie, l’ombre d’une existence. Or, on a ce même peuple, qui a écrit, avec des lettres de courage et sang, son amour pour cette patrie, pour cette terre de fraternité et d’harmonie, pour notre Tunisie. C’est comme l’enfant que l’on berce d’illusions, comme la République idéale de Platon qui aurait ouvert ces portes à ceux qu’il haïssait tant : aux charlatans.

Il était une fois, les petites gens, leurs rêves, leurs espérances, et un droit : vivre. Simplement vivre. Est-ce trop demander que de vouloir offrir à sa famille, à ses enfants ; le futur de notre belle patrie, une vie digne, où ils n’auraient pas à avoir peur, où ils n’entendraient jamais parler de viol, de braqueurs ? Où les traditions moyenâgeuses ne seraient pas en train de s’imposer dans une société du 3ème millénaire ?

Réveille-toi ô peuple !

Revendique ces promesses qu’on a oublié, rappelle-leur tout ce qu’ils devaient réaliser. Le 14 janvier, une date que l’on voudrait presque supprimer du calendrier de nos mémoires. Un anniversaire de mort de nos idéaux ou d’une renaissance du mal?

De belles paroles teintées de ruse et mécréance. Des promesses veines ayant comme arrière-plan des scandales et des affaires illicites étouffées par des forces qui nous dépassent.

Qu’avons-nous gagné de cette illusion révolutionnaire? Une liberté d’expression jadis mausolée par les puissances gouvernementales qui telles des marionnettistes, faisaient de nos chaînes de télévision un espace où l’on vantait les actes et les réalisations admirables du président déchu. Pendant 23 années d’une téléréalité magnifiquement bien orchestrée, le pauvre non-citoyen tunisien était habitué à voir les va-et-vient de son président qui ne vieillissait pas d’une ride ; la magie de l’Oréal et le bistouri des plasticiens y sont pour quelque chose sans doute…

Or, et depuis ce 14 janvier, on assiste à une métamorphose du paysage médiatique tunisien. Qui aurait dit qu’on allait rire aux larmes des guignols où seraient présents tous les visages postrévolutionnaires ? Personne…

Les médias endossent un rôle crucial lorsqu’il s’agit de l’orientation de l’opinion publique. Ainsi, on n’assiste plus à la pseudo sacralisation du parti politique au pouvoir mais à une liberté d’expression au délicieux goût de l’interdit bravé, où chaque journaliste, immunisé par le pouvoir de la 4ème puissance, revendique fièrement les principes de sa vocation, qui sont de faire éclater la vérité au grand jour, peu en importe les conséquences.

La liberté de la presse et des médias visuels sont mis en danger par ceux qui, ayant peur de voir leurs méfaits exposés au public, qualifient nos médias de honteux. Ne seraient-ils pas en train de parler du reflet de leur passé douteux ? De ces actes illicites et criminels qu’ils essayent tant bien que mal de cacher aux sources investigatrices qui, nuit et jour, veulent éclairer les esprits et aider la masse populaire à s’adapter à cette nouvelle notion qu’ils ignoraient auparavant : la politique.

Il est vrai que certains visages célèbres du paysage médiatique tunisien ont mal assimilé la notion de liberté d’expression, et se mettent à confondre vulgarité et responsabilité. Mais, ceci est compréhensible s’il l’on inscrit ce phénomène dans la vision nouvelle dans laquelle on évolue.

Comme on dit…Rome ne s’était pas faite en un jour.


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