Nouveau rapport de Transparency International : sortons la corruption de l’éducation !

Publicado 7 de diciembre de 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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C’est ce lundi 9 décembre 2013 que nous célébrons la Journée internationale contre la corruption. Conduite conjointement par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), cette année, la célébration de cette journée est placée sous le slogan « Zéro corruption, 100% de développement »

Quelques semaines déjà avant la célébration prochaine de cette Journée internationale contre la corruption, l’ONG Transparency International a publié un rapport sur la corruption dans le domaine de l’éducation. Intitulé, « Rapport mondial sur la corruption : l’éducation », ce document, comme l’écrit Madame Huguette Labelle, Présidente de Transparency International, montre que, « dans tous les cas, la corruption dans l’éducation agit comme un obstacle dangereux à un enseignement de qualité supérieure et au développement économique et social. Elle compromet les bénéfices académiques qu’offrent les établissements d’enseignement supérieur et peut mener à la ruine de la réputation de l’ensemble du système d’enseignement supérieur d’un pays. »

Définie par cette ONG comme étant « l’abus du pouvoir confié à quelqu’un pour son enrichissement personnel », Madame Navanethem Pillay, Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme précise quant à elle que « la corruption correspond typiquement à un détournement de fonds en provenance des budgets de l’État qui devraient être consacrés à la promotion des droits de l’homme, y compris celle du droit à l’éducation. »

Transparency International note dans ce rapport que la corruption dans le domaine de l’éducation s’explique par deux facteurs essentiels que sont les enjeux prononcés de l’opportunité que présente l’éducation et les grosses sommes d’argent qui sont affectées à son financement. En effet, « aux quatre coins de la planète, l’éducation est perçue comme indispensable à un avenir meilleur, car elle offre les outils dont les populations ont besoin pour soutenir leurs moyens de subsistance, vivre de manière digne et contribuer à l’avancement de la société. » Ce qui fait de l’éducation une cible idéale de manipulation politique qui « confèrent aux prestataires de services éducatifs une position de force donnant la possibilité de soutirer des fonds et des faveurs. »

« Parallèlement, le risque de corruption découle également du conflit inévitable entre la notion générale selon laquelle le mérite devrait sous-tendre la réussite scolaire et le désir particulier des parents de veiller à ce que leurs propres enfants soient avantagés », continue Transparency International.

Quant au facteur "argent", le rapport précise que « le risque de corruption dans l’éducation est amplifié par le volume très élevé des dépenses en matière d’éducation, tant privées que publiques » ; les dépenses publiques pour ce domaine étant généralement « deux fois plus élevées que les dépenses en matière de santé et quatre fois plus élevées que les dépenses consacrées à la défense ». Et bien souvent, ces fonds « traversent plusieurs échelons administratifs et passent entre les mains de tout un éventail d’acteurs peu redevables. »

Et la corruption dans l’éducation – qui se manifeste notamment par des écoles dites "fantômes", des enseignants "fantômes", des achats de notes, la délivrance de faux diplômes – a un coût et un impact importants dans le domaine de l’éducation, et même au sein de la société. En effet, « l’investissement social placé dans les citoyens de l’avenir échoue lorsque des individus sont capables de réussir en faisant preuve de malhonnêteté et sans le mériter, car ils viennent grossir les rangs des professionnels et des dirigeants incompétents à venir. Les faux docteurs, juges ou ingénieurs ou ceux sans formation peuvent non seulement mettre en danger la société, mais aussi la vie humaine même, tout comme les recherches scientifiques frauduleuses qui sont menées par des universitaires corrompus. » De plus, Transparency International relève dans ce rapport que « lorsque l’éducation habitue les jeunes à considérer la corruption en tant que norme sociale, le cycle de la corruption se perpétue à chaque génération, symbolisant ainsi l’échec d’une société à gérer les intérêts opposés des différents groupes d’une manière juste et méritocratique. »

Pour sortir la corruption du secteur de l’éducation, le Rapport mondial sur la corruption : l’éducation constate que « la corruption dans l’éducation est moins probable dans les sociétés qui se caractérisent par le respect de l’Etat de droit, la transparence et la confiance, au sein desquelles le secteur public dispose de codes des services publics efficaces et de solides mécanismes de redevabilité sont en place, et au sein desquelles les médias sont indépendants et la société civile active. »

Dans cette quête de transparence et de redevabilité, et rappelant qu’environ un cinquième de la population mondiale est âgé de 15-24 ans, ce rapport ajoute que « les jeunes ont donc le potentiel de mettre un terme à la corruption, tant comme citoyens d’aujourd’hui et leaders de demain. Là où la corruption est monnaie courante, la promotion de l’intégrité parmi les jeunes est indispensable à la construction d’un avenir meilleur. »


© UNICEF/INDA2013-00492/Altaf Qadri - INDIA, 2013


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