Rapport Food Price Watch : pertes et gaspillages alimentaires épinglés

Publicado 6 de marzo de 2014 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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C’est une information qu’il est important de rappeler chaque fois qu’une occasion de le faire se présente : selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ce sont près d’1 milliard d’enfants, de femmes et d’hommes, sur les différents continents, qui ont faim et qui ne réussissent pas à avoir la dotation alimentaire minimale quotidienne dont ils ont besoin. Et pourtant, le monde produit suffisamment à manger pour nous nourrir tous. Malheureusement, la perte et gaspillage alimentaires constituent l’un des principaux freins qui entretiennent la faim dans le monde. Et le dernier rapport sur les prix alimentaires mondiaux de la Banque Mondiale, Food Price Watch, n’a pas manqué de s’intéresser à ce phénomène inacceptable.

En effet, « selon des statistiques stupéfiantes, le monde perd ou gaspille entre un quart et un tiers des produits vivriers qu’il produit en vue de la consommation humaine. En Afrique et en Asie du Sud, deux régions où la sous-alimentation est endémique, ces pertes représentent entre 400 et 500 kilocalories (kcal) par personne et par jour. » La Banque Mondiale rajoute qu’« outre leur impact sur la sécurité alimentaire, ces pertes et ce gaspillage sont à l’origine d’énormes inefficiences sur le plan économique, énergétique et des ressources naturelles, sans compter naturellement leurs conséquences sur la pauvreté. »

En détail, la perte et le gaspillage alimentaires dans le monde se repartissent comme suit : 28 % dans les pays industrialisés d’Asie, 25% en Asie du Sud et du Sud-est, 14% respectivement en Amérique du Nord et Océanie et en Europe, 9% en Afrique subsaharienne, 7% dans la région Afrique du Nord, Asie de l’Ouest et Asie Centrale ; et 6% en Amérique latine.

Dans les régions Amérique du Nord et Océanie, Pays industrialisés d’Asie et Europe, la perte et le gaspillage se situent principalement au stade de la consommation (soit respectivement 61%, 46% et 52% des aliments perdus et gaspillés dans ces régions). En Afrique subsaharienne et dans la région Asie du Sud et du Sud-est, on enregistre 76% et 69% des pertes et gaspillages au niveau de la production, de la manutention et du stockage.

Au total, selon la Banque Mondiale, en Amérique latine, ce sont 15% des denrées alimentaires disponibles qui sont perdus et gaspillés. Ce taux monte à 19% en Afrique du Nord, Asie de l’Ouest et Asie Centrale ; 23% en Afrique subsaharienne, 25% dans les pays industrialisés d’Asie et atteint même les 42% dans la région Amérique du Nord et Océanie. C’est donc cette dernière région (Amérique du Nord et Océanie) qu’on perd et gaspille le plus de nourriture au monde, avec 296 Kg de par personne et par an (dont 181 Kg de la production à la vente et 115 Kg au stade de la consommation).

Toutes ces informations sont révoltantes car la perte et le gaspillage de denrées alimentaires représentent environ 1 milliard de Tonnes de nourriture qui permettraient aisément de mieux lutter contre la faim là où elle sévit.

Le dernier Rapport Food Price Watch précise que ce phénomène trouve ses principales sources dans une méconnaissance des pratiques agricoles optimales, des systèmes logistiques et de transport inadaptés et des installations de stockage mal conçues. A cela s’ajoute, relativement au gaspillage, certaines pratiques commerciales (surproduction, politique marketing poussant les consommateurs à des achats excessifs), et le fait que « partout où, culturellement, la nourriture est considérée comme un bien bon marché et abondant, les consommateurs auront tendance à la sous-évaluer très nettement et donc à la jeter sans aucun scrupule. »

Loin de chercher à supprimer totalement la perte et le gaspillage alimentaires (un tel objectif étant peu réaliste), ce rapport est constate que seule une palette d’interventions va aider à inverser cette situation. Ainsi, la Banque Mondiale promeut des « moyens techniques simples, prometteurs et rentables, adaptés au contexte, et des technologies éprouvées » déjà existants. C’est notamment le cas des sacs de stockage des céréales en plastique et scellés de manière hermétique qu’on retrouve au Nigéria. De plus, si « à une échelle plus large, les pays en développement doivent améliorer et développer leurs infrastructures : routes, voies ferrées, générateurs d’électricité, alimentation en eau potable, chauffage, ventilation et installations de stockage », l’institution note qu’« à l’échelle internationale, des initiatives plus concertées plaident pour une sensibilisation accrue, la fixation d’objectifs, la facilitation du transfert de connaissances et de technologies et la mobilisation des ressources. »

© UNICEF/INDA2011-00487/Vishwanathan - INDIA, 2011


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