SENEGAL : Pourquoi acceptent-elles la polygamie ?

Publicado 12 de febrero de 2014 no picture Amon Remy Mallet

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Se registró el día 12 de julio de 2013
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A Dakar, les unions polygames n’ont pas baissées contrairement aux prévisions

A Dakar, les unions polygames n’ont pas baissées contrairement aux prévisions

Ils avaient prédit la mort de la polygamie, ils ont vu tout faux. Les démographes espéraient que cette pratique disparaitrait à Dakar en raison son urbanisation accélérée. L’idée derrière ce raisonnement serait que la polygamie a de fortes chances de perdurer en mode rural plutôt qu’en milieu urbain.

Cependant, la perception des rôles au sein du couple semble ne pas avoir évolué selon qu’on vive en zone rurale ou urbaine. Cela dit, certaines femmes ayant les mêmes chances d’accès à la richesse que les hommes, en zone urbaine, s’autorisent à vivre dans des régimes polygames. Et ces dernières n’y sont pas forcées, du moins pas physiquement.

Si elles ne sont pas contraintes physiquement, en revanche la pression de la société agit sur elles comme une charge mentale. Le célibat étant mal perçu (comme s’il y avait une obligation à se marier), à âge égal les femmes célibataires sont plus montrées du doigt que les hommes. Ainsi donc, de plus en plus de femmes, pour rentrer dans la ‘’norme sociale’’ acceptent la polygamie.

On comprend donc que c’est la quête d’un ‘’statut’’ (mariage) imposé par la société qui pousse donc certaines à rentrer en union polygame. On assiste de ce fait à une polygamie choisie pour se distinguer de celle subie.

Une tendance que viennent confirmer ces chiffres donnés par la sociologue Fatou Binetou Dial lors d’une émission sur RFI : Au Sénégal, 1 femme sur 3, qui divorce se remarie. Et le plus souvent, les remariages correspondent à des unions polygames. Car 1 femme sur 2 est dans une union polygame à 50 ans, selon Mme Dial.

On peut à juste titre se poser la question des sentiments dans les unions, quand on voit que la recherche du statut de ‘’mariée’’ est omniprésente. Ce statut est d’autant plus important qu’il ouvre la porte à un autre besoin de légitimité : celui des enfants. Il faut absolument, pour ces femmes, avoir un enfant dans le mariage, pour éviter qu’il soit traité d’enfant ‘’hors-jeu’’ ou encore de ‘’balle perdue’’

Elles doivent donc chercher à donner une chance à leurs progénitures de grandir. L’exemple de l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome est le plus appropriée pour expliquer l’incommodité, dans la société sénégalaise, d’être un enfant ‘’illégitime’’. Elle narre son enfance dans son dernier roman intitulé Impossible de grandir.

Cela dit, la polygamie même choisie répond à plusieurs besoins de satisfactions et d’accommodations sociales, qui dépasse le simple discours sur la religion. Voulant souvent assigner à l’Islam la promotion de la polygamie, on tombe dans des amalgames. Cette religion née dans la péninsule arabique n’est venue que limiter le nombre de femmes chez les arabes. Chez ces derniers, à l’image des sociétés primitives ou anciennes, la polygamie était la forme la plus fréquente d’union.

La polygamie n’est donc pas islamique encore moins sénégalaise. Pour preuve, les membres de l’église mormone aux Etats-Unis l’ont toujours adopté avant de l’abolir officiellement en 1890. Aujourd’hui un démembrement de cette secte, dénommée Eglise fondamentaliste de Jésus Christ des saints des derniers jours (FCJCLS), continue de la pratiquer. Au Sénégal, la polygamie a-t-elle donc de beau jours devant elle ?



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