Situation humanitaire au Sahel : juste 5 raisons pour redoubler d’efforts

Publicado 4 de febrero de 2014 no picture Rodrigue Koffi

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Se registró el día 9 de mayo de 2011
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Depuis 2011, La Voix des Jeunes est restée très mobilisée autour de la situation humanitaire dans le Sahel. A travers diverses publications sur le blog, mais aussi des communications sur nos différents profils sur Facebook et Twiter, nous n’avons cessé de communiquer périodiquement et régulièrement, soit pour aider à mieux comprendre le drame qui se joue dans cette partie du monde et des enjeux que soulèvent cette crise humanitaire, soit pour relayer des appels à l’action et à la mobilisation de fonds lancés par les agences des Nations Unies et leurs partenaires, soit encore pour communiquer sur des initiatives, comme au Niger, qui permettent d’espérer en une inversion durable de la situation.

En ce début 2014, la situation humanitaire reste inquiétante dans le Sahel. En effet, les Nations Unies notent que « quelques vingt millions de personnes sont actuellement vulnérables à l'insécurité alimentaire dans le Sahel et 2,5 millions d'entre elles ont urgemment besoin d'une assistance alimentaire vitale. On estime que cinq millions d'enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition en 2014, et quelques 1,5 million d'entre eux seront atteints de malnutrition aigüe. » Dans ce contexte, les Nations Unies et leurs partenaires viennent de lancer un Plan stratégique régional de trois ans pour fournir une assistance à ces millions de personnes dans neuf pays de la région du Sahel. Et en 2014, l’objectif est de mobiliser 2 milliards de dollars financer ce Plan.

En soutien à cet appel, nous vous proposons 5 raisons, publiées par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), qui justifient que nous continuons tous à rester mobiliser pour le Sahel tout en redoublant d’efforts autours des enfants, hommes et femmes de cette région.


1. Le nombre de personnes qui ne savent pas si elles auront de quoi se nourrir au prochain repas s’est multiplié par deux en un an.

Au début de l’année 2013, environ onze millions de personnes se trouvaient en situation d’insécurité alimentaire. Aujourd’hui elles sont plus de 20 millions dont 2,5 millions qui ont besoin d’assistance humanitaire d’urgence pour survivre. Dans le sud-est du Niger par exemple, du fait de la sécheresse, des inondations et du conflit dans le Nigéria voisin, la population de la ville de Diffa ne peut produire suffisamment de nourriture pour subvenir à ses besoins.

2. La sécurité alimentaire et la nutrition sont au cœur de la crise mais d’autres facteurs y contribuent.

Cette année, près de cinq millions d’enfants sont en passe de souffrir de malnutrition modérée ou sévère. Dans tout le Sahel, plus 1,2 million de personnes ont fui la violence et l’insécurité, la plupart s’étant réfugié dans des pays alentours et mettent ainsi une pression additionnelle sur les ressources déjà limitées de ces pays. Ces populations sont très vulnérables aux maladies et épidémies. Du fait du manque criant d’infrastructures médicales beaucoup meurent de maladies bénignes.

3. Il faut une nouvelle approche pour rompre ce cycle de la faim et de la vulnérabilité.

La crise du Sahel est sévère mais elle n’est pas nouvelle. On ne peut plus répondre au cycle récurrent de crises par un cycle continu d’assistance humanitaire. Robert Piper, le Coordonnateur Humanitaire de l’ONU pour le Sahel s’exprimait en ces termes dès le mois de Septembre dernier : « Nous ne pouvons continuer comme cela, c’est intenable. A moins de changer notre approche, nous allons devoir venir en aide à un très grand nombre de personnes chaque année. »

Cette année, l’ONU et les organismes d’aide s’engagent dans une stratégie sur trois ans pour répondre à ces défis de façon plus systématique. Les agences, expertes dans des domaines différents de l’assistance humanitaire tels que la nutrition, la santé ou l’eau et l’assainissement, ont conjointement développé des stratégies communes et complémentaires visant à répondre à la crise de façon globale.

4. Les agences humanitaires travaillent avec les gouvernements ainsi que les acteurs du développement.

L’étendue des besoins est telle qu’aucun organisme ne peut y faire face seul. Lors de l’Assemblée générale de l’ONU en Septembre dernier, la communauté internationale a adopté une stratégie intégrée pour le Sahel. Celle-ci met en exergue le fait que les besoins humanitaires ne peuvent être adressés indépendamment de considérations sécuritaires et des efforts en matière de développement. Les personnes déplacées par le conflit au nord Mali ont besoin de la paix et la stabilité avant même de recevoir une assistance pour relancer leurs productions agricoles ou reconstruire leurs cliniques. Les gouvernements et les agences du développement ont pour responsabilité de s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté et de l’inégalité qui rendent les populations aussi vulnérables aux chocs externes tels que les catastrophes naturelles et les conflits.

5. Les agences humanitaires se disent convaincues de pouvoir faire la différence.

Elles ont besoin pour cela des fonds nécessaires. Cette année, les besoins financiers des quelques 117 organisations qui apportent une assistance humanitaire à des millions de personnes dans neuf pays du Sahel s’élèvent à plus de deux milliards de dollars américains.

Comment seront utilisés ces fonds? Un million de dollars permettrait aux agences de mettre en place une infrastructure de base en eau et assainissement, essentielle à la survie de 40 000 personnes au Tchad. Avec 12,5 millions, la communauté humanitaire au Burkina Faso pourrait apporter une assistance nutritionnelle et médicale à 115 000 enfants souffrant de malnutrition sévère. Pour un peu moins de dix millions, ce sont pas moins de 500 000 enfants qui pourraient retourner à l’école et recevoir une éducation de qualité au nord Mali.

© UNICEF/MLIA2012-01095/Dicko - MALI, 2012


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