Y’en a marre de la pénurie d’eau à Dakar !

Publicado 17 de septiembre de 2013 no picture Seydou Badiane

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Se registró el día 8 de julio de 2012
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"L’eau est revenue !" " L’eau ! L’eau est là ! "

Certains d’entre vous sauront que c’est pour rappeler un dessin animé : Kirikou et la sorcière. "Dans le village, l'eau et les hommes avaient disparu. Les femmes pleuraient et tremblaient devant la sorcière. Kirikou seul savait où trouver notre grand-père. Kirikou mon ami nous a redonné la vie. "

Ce bébé avait redonné la vie à ces populations privées d’eau durant une longue période.

Ah oui, aujourd’hui, le Sénégal a besoin de ce bébé, le Sénégal a besoin de Kirikou.

Nous savons tous que l’eau est indispensable à toute existence, à toute forme de vie. Sans eau, ni le monde animal, ni le monde végétal n’existera pas. Donc, l’eau est la source de toute vie.

« L’eau est un des quatre éléments classiques mythiques avec le feu, la terre et l’air, et était vue par Empédocle comme l’élément de base de l’univers . »

C’est cette eau, cet élément de base de la vie humaine, que la Société des eaux (SDE) a privé Dakar, la capitale sénégalaise depuis six jours.

L’eau ne coule plus dans la capitale du pays dirigé par Macky Sall.

Oui « Deuk bi dafa Macky » !

En effet, c’est le terme qu’utilisent, depuis des mois, les Sénégalais pour dire que « Le pays va mal », « Pas d’argent dans le pays », « Rien ne va dans le pays ». Du coup, Macky rime forcément, et sans rime, avec « vie dure ».

Actuellement, les gens à Dakar sont fatigués, épuisés, les gens en ont marre de cette pénurie d’eau.

Au lieu de dire la vérité, la SDE essaie de la dissimuler en nous promettant chaque le retour normal de l’eau au lendemain.

Du jamais vu dans la capitale sénégalaise

Personne ne pensait qu’à Dakar les femmes allaient parcourir des kilomètres à la recherche du liquide précieux dans des puits. Personne ne pensait qu’à Dakar on pouvait reculer si loin dans le temps, pour vivre des situations qui existaient il y a de cela trente ans. Des situations que les Dakarois ne voyaient qu’à travers le petit écran.

Ces jours quand on se réveille, la première chose qui nous préoccupe c’est d’aller parcourir la ville de quartier en quartier à la recherche d’un puits afin d’avoir un peu d’eau. Ce qui fait perdre beaucoup de temps à ceux qui doivent se rendre au travail. Les domestiques sont de plus en plus fatiguées, car obligées de trouver l’eau qu’elles utilisent.

Les femmes qui lavaient les habits dans différents coins de Dakar et y gagnaient leur vie n’arrivent plus à travailler, n’arrivent plus à encaisser un sou dans la journée. Les jeunes qui lavaient les voitures partout dans la ville, n’arrivent plus à travailler correctement. Les jeunes filles et les jeunes garçons qui vendaient de l’eau de l’eau fraîche dans les rues restent du matin au soir les bras croisés. Plus d’espace dans les lingeries.

Ces jours-ci, tous les moyens sont bons pour avoir et transporter de l’eau : brouette, pousse-pousse, charrette, voiture, etc. L’essentiel c’est d’en trouver, quelque soit la distance, elle sera transportée.

Mais ce qui est grave, c’est surtout le risque de maladies. En effet, l’eau utilisée durant ces jours n’est pas potable. Dans certains quartiers, les ménages se servent de l’eau issue de fosses non fonctionnelles.

Ce qui a sauvé un peu les familles, c’est la pluie. A chaque fois elles en profitent pour remplir tout ce qui est récipient dans la maison.

En conséquence, les populations sont exposées à toutes sortes de maladies, surtout au choléra. Dans ce cadre, les conséquences peuvent être graves et catastrophiques au côté sanitaire.

Je me demande comment peut-on priver plus de 2.600.000 d’habitants d’eau pendant six jours. Et ne pouvoir donner aucune explication, sinon, c’est à cause d’une panne, la situation va revenir à la normale, dans quelques heures ou demain, etc. Donner chaque matin le même discours.

Je dirai simplement que c’est de la négligence et un manque de respect de la population. Un pays qui ne peut ne pas réparer une panne aussi grave de conséquences et avec un si grand impact social.

Mais ceci ne devrait pas être surprenant si nous savons que tout ce que le pays dispose comme infrastructure dans ses sociétés est très vieille et date d’au moins de plusieurs dizaines d’années. Par conséquent, facile que ce matériel tombe souvent en panne ou qu’il ait des dysfonctionnements.

Négligence et non-respect des populations

On peut se demander comment deux sociétés dans un seul domaine et pour un petit pays comme le nôtre ne peuvent-elles pas gérer correctement la distribution d’eau?

Et pourtant, d’un côté, il y a « la SDE qui est chargée de l’exploitation des installations, de l’entretien de l’infrastructure et du matériel d’exploitation, du renouvellement du matériel d’exploitation ainsi que d’une partie du réseau de distribution d’eau potable. »

Et d’un autre côté, nous avons la SONES, Société Nationale des Eaux du Sénégal qui «est chargée de la gestion du patrimoine de l’hydraulique urbaine, du contrôle de la qualité de l’exploitation et de la sensibilisation du public. »

Comment ces deux soi-disant sociétés, avec les milliards de francs CFA des Sénégalais ne peuvent –elles pas trouver rapidement une solution à un problème d’une telle ampleur.

Une véritable catastrophe, c’est cela que les Dakarois sont en train de vivre depuis six jours. Un crime de la part des responsables qui dirigent ces deux sociétés.

Cette situation, permet aussi de constater l’absence de concurrents dans le domaine de l’eau. Avec une seule et unique distributrice, évidement, quand il y a problème, les conséquences seront ressenties par tous.

Il y a une énorme carence de sérieux chez le Sénégalais à qui on confie la chose publique. Partout où les agents de l’État travaillent, on y note un manque de sérieux, de rigueur. Or, ces mêmes personnes dans le privé n’oseraient pas se comporter ainsi. Ainsi, des secteurs comme l’eau et l’électricité devraient être confiés à des privés, pour mettre fin à ces calvaires fréquents dans le pays.

Nous rappelons que les populations commencent à manifester dans différents quartiers. Et si ça continue, nous assisterons sûrement à des insurrections.

On n’en peut plus !



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