« Je pense que j’ai le plus beau métier du monde » : quand passion et travail riment…

Avatar Etudiante en sociologie, Antananarivo, Madagascar
Rabemanontany Rindra Hariniaina
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Igino

Igino

Nous, les jeunes, nous sommes souvent des éternels insatisfaits, des bohémiens professionnels. On nous reproche d’être en permanence à la recherche de nouvelles choses, quitte à quitter un travail qui pourrait assurer nos vieux jours. En moyenne, l’Homme passe 80 000 heures de sa vie à travailler. Comment un jeune, avec beaucoup d’ambition, pourrait-il alors être satisfait de sa vie s’il choisit une carrière qui est loin de le satisfaire ? Comment choisirez-vous votre carrière de manière à vous épanouir personnellement et professionnellement ? Ladite question est l’une des plus importantes auxquelles nous devrions tous répondre. Un ami et collègue nous révèle dans cet article de quelle manière il a su allier sa passion et son travail.


Peux tu te présenter?

Oui. Je me nomme Igino RAZAFIMAHILAZA. J’ai 25 ans.

Je viens d’Andapa et j’ai grandi à Toamasina (Partie Est de Madagascar). Actuellement, je réside à Antananarivo en tant qu’étudiant et travailleur à temps partiel comme guide touristique.

Parle nous de ton travail ? Tes activités ?

Actuellement, je travaille à temps partiel comme guide touristique. Une autre façon pour moi de profiter de ma passion et de gagner ma vie en même temps.

En ce qui concerne ma passion : j’aime découvrir, explorer, voyager et connaître des nouvelles choses. Donc, voyager et s’aventurer dans des lieux qui me sont inconnus ne me dérangent pas du tout. Découvrir des villes et villages à vocation culturelle, naturelle et touristique.

Autres que la Nature et le tourisme, je suis aussi engagé dans diverses Associations en tant que volontaire/bénévole. La vie associative occupe une place très importante dans ma vie, car au-delà de mes activités professionnelles et mes études, c’est dans le volontariat que je passe la grande partie de mon temps. Actuellement, je suis membre de l’Association Young African Leadership Initiatives Madagascar (YALI Mada), et je suis le responsable de l’Antenne YALI Madagascar Toamasina.

Parle nous de tes débuts!

Cet amour de la Nature a certainement débuté lors de ma visite du parc national de Marojejy en 2006. J’ai pu atteindre le sommet de cette montagne à l’âge de 16 ans, j’ai apprécié la beauté des Propithecus candidus, un sage lémurien blanc que je qualifie comme noble. Sans oublier aussi la fraicheur de la forêt tropicale humide et ses verdures.

Après le BAC, j’ai choisi la filière Environnement, pour apprendre, comprendre et pour aimer encore plus la Nature et ses valeurs.

Depuis la première année à Toamasina, en 2009, j’étais toujours le chef de classe et du moins le chef de l’organisation des voyages d’études. Que ce soit un voyage d'étude de l'établissement ou des voyages d'études organisés, j’avais envie d’emmener mes collègues avec moi, pour découvrir un autre parc, ou une ville, pour vivre l’ambiance de voyage en groupe, la découverte et les études y afférentes.

Et puis, après ma Licence en 2013, j’ai décidé d’aller vivre à Antananarivo, parce que je sentais qu’ici, je pourrai faire encore plus grandir, apprendre et poursuivre ma passion et ma vision encore plus loin.

Ce qui m’a vraiment motivé, dans toutes les actions que j’ai faites, que ce soit professionnelles ou sociales, c’est de voir les autres jeunes et amis apprécier ce que je fais. C’est donc grâce à leurs « j’aime » sur mes photos d’Aventure, grâce à leurs messages encourageants, que mon désir et mon envie d’aventure se sont révélés.


Quelles innovations as-tu apporté au métier?

Je peux dire que ce qui pourrait me différencier des autres dans ce métier, c’est ma façon de faire les choses. J’ai pu constater cela par rapport aux feedback des différentes personnes que j’ai guidées :

- Ma façon de dire et de raconter les choses, d’une manière très franche et sans partie cachée ;

- Pendant le tour, on a du mal à me distinguer des touristes, car je guide et en même temps je profite comme les touristes (je prends des photos, j’apprécie aussi bien qu’eux la visite).

Autrement dit, je prends à cœur mon métier, je le vis et je l’apprécie. Pour moi, il faut avant tout prendre son métier comme passion, comme si on s’amusait, tout en restant professionnel ; il faut se mettre à la place des clients pour savoir exactement de quoi ils ont besoin. Et, l’argent vient ensuite, naturellement, sans qu’on ait besoin de demander.

Parle nous d’un ou plusieurs évènements marquants le long de ton parcours (insolite, mauvais ou bons évènements, etc.)!

Je me souviens toujours d’une cliente italienne, lors de notre visite du village de caméléon près du Parc Ranomafana. J’avais très peur du Caméleon, alors que je suis un naturaliste, et en même temps guide touristique. En entrant dans la cour, tous les clients se pressaient de se rapprocher du caméléon pour le prendre en photo et le filmer. Moi, par contre, je cherchais un moyen de m’évader de la cour, et éviter de faire de longs commentaires. Le temps que je reprenne mes esprits, avec la peur jusqu’à la gorge, une cliente italienne m’a interpellée en touchant mon dos pour me poser une question. J’ai sursauté de peur et de panique total, c’est comme si c’était le caméléon qui m’avait touché par derrière. En voyant ma réaction, la dame a été prise d’un fou rire. Cette mésaventure a été pour moi et les clients un sujet insolite qui nous a fait rire tout au long du voyage.

Quel est ton plus grand accomplissement ou ta plus grande fierté jusqu’à présent ?

C’est ce petit parcours dans son ensemble qui me rend fière de moi, j’aime voyager et découvrir, et à travers le hasard des choses avec quelques petites touches d’efforts et de courage, j’ai presque pu visiter toutes les grandes villes de Madagascar, et surtout ses quelques grands coins de paradis. Et cela, ce n’était pas toujours grâce à mon métier, mais aussi grâce à des diverses occasions à travers les missions au sein des associations, et parfois par mes propres moyens. Et, comme je l’ai déjà mentionné précédemment, je ne rate jamais une occasion de voyager, surtout là où je n’ai jamais mis les pieds.

Quelle est ton opinion par rapport à la place de ton métier dans le monde actuel?

Pour moi, et avec ma personnalité, je pense que j’ai le plus beau métier du monde. Ce métier, évidemment, n’est pas fait pour tout le monde. Parce que ce n’est pas tout le monde qui veut dépenser son argent et son temps juste pour aller regarder les animaux dans la forêt, ou pour voir des canyons de l’Isalo à des milliers de kilomètres de son habitat. Et surtout, ce n’est pas tout le monde qui arrive à se soumettre et à servir des étrangers pendant des semaines de visite et de voyage. Il faut avoir le sens de l’humilité, le sens du pardon, la maitrise de soi et le courage pour faire le métier de Guide touristique. Mais, moi je vis pleinement ma passion et je gagne ma vie avec.

D’autres parts, je trouve qu’il est temps que les guides, ici à Madagascar, prennent leur engagement à partager leurs savoirs, leurs expériences aux profits des jeunes Malagasy, pour préparer la relève, et pour solutionner, à long terme, le manque d’implication des jeunes dans ce secteur clef du développement, qu’est le tourisme.

Quels sont tes projets futurs, tes ambitions et tes rêves ?

Actuellement, je concocte un projet mettant en valeur l’écotourisme des jeunes, c’est-à-dire un projet dans le secteur du tourisme et de l’environnement, ayant comme principaux acteurs et bénéficiaires les jeunes. Le but est d’impliquer massivement les jeunes dans le secteur du tourisme, car ce sont les vraies seules ressources que Madagascar dispose réellement.


Un petit message ?

Chers amis jeunes !

Soyez honnêtes envers vous-même !

Ne refusez pas ce que vous êtes !

Trouvez et connaissez vos passions !

Une fois que vous les aurez trouvées, apprenez, comprenez, et aimez les encore plus !

Poursuivez votre passion par tous les moyens que vous avez, car c’est seulement à travers des choses que vous aimez vraiment que vous vous développerez réellement.

Nous avons actuellement la chance d’avoir la force, la créativité, l’innovation, le plein droit à l’erreur, l’avantage d’être nombreux, et surtout nous avons encore plus de temps quand on est jeune !

Alors, je vous dis : faites quelques choses pendant qu’il est temps, petite ou grande. L’essentiel c’est d’avoir fait quelque chose, comme quoi les futures générations auront de quoi être fières de nous.








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