#Bringbackourgirls : Quand les dirigeants et la société civile africaine s’arrangent pour être inactifs

Publié 16 mai 2014 no picture Rodrigue Koffi

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Hier jeudi 15 mai 2014, la communauté internationale a célébré la Journée mondiale des familles. Avec le thème : « Les familles comptent pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement; Année internationale de la famille + 20 », cette célébration a marqué le vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille. Et à l’occasion de cette Journée internationale des familles 2014, le Secrétaire général des Nations Unies a rappelé qu’un meilleur fonctionnement des familles, peut importe les forment qu’elles ont, peut aider à réduire la pauvreté, à améliorer le bien-être des mères, à promouvoir l’égalité des genres et à soutenir les droits de l’homme.

Ce fut également l’occasion d’avoir une pensée pour ces familles qui traversent des périodes difficiles. Et notre regard et nos pensées se sont notamment dirigés vers le Nigeria où des familles de près de 230 adolescentes restaient préoccupées du sort de leurs enfants.

En effet, nous avons entamé le deuxième mois depuis l’enlèvement des lycéennes au Nigéria par l’organisation terroriste Boko Haram. Depuis quelques semaines, pas un seul jour ne passe sans que ce drame ne soit abordé par les médias. Début mai, le chef de ce mouvement obscurantiste a annoncé que les filles enlevées seraient vendues comme esclaves et mariées de force. De quoi doper la mobilisation internationale face à ce drame et aux côtés des nigérians, exprimant plus fortement son indignation, notamment sur la blogosphère avec le mot clé "#Bringbackourgirls" (Rendez-nous nos filles).

Mais, à moins que quelqu’un m’apporte la preuve du contraire, je constate et regrette que l’Afrique se mette en retrait de cette mobilisation.

En effet, Plusieurs pays, entre autres les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et Israël ont proposé leur aide pour retrouver ces adolescentes. Certes, nos pays africains ne peuvent ni fournir des drones ou autres appuis militaires et stratégiques pour des informations, ni réorienter des satellites (qu’ils n’ont pas) sur le Nigeria. Mais les chefs d’Etat africains peuvent au moins afficher leur solidarité, leur soutien et leur engagement ferme à contribuer à la solution à travers une meilleure collaboration. Mais je ne crois pas que ce soit ce qui se passe. Ce ne serait pas exagérer de constater une certaine indifférence de certains devant la situation.

Le samedi 3 mai 2014, pour son traditionnel message hebdomadaire à la nation, le Président américain, Barack Obama, a laissé la place à son épouse, Michelle Obama. Au-delà d’honorer toutes les mères à l’occasion de la fête des mères, la First Lady américaine a adressé ses pensées, prières et son soutien dans le mouvement mondial visant à libérer ces lycéennes. En France, des anciennes premières dames (Valérie Trierveiler, Carla Bruni-Sarkozy) et autres femmes leaders de premier plan se sont mobilisées le mardi 14 mai dernier à Paris, sur le parvis des droits de l’homme, avec un message précis :« Dirigeants, rendez-nous nos filles, sécurisons le chemin de l’école ».

Entre temps, qu’ont fait et que font nos premières dames africaines ? A ma connaissance, rien de rien… quoique Madame Sylvia Bongo du Gabon a posté 3 tweets la semaine dernière sous le sceau de "#Bringbackourgirls". Mais je trouve cela insuffisant. Nos premières dames semblent ne pas se sentir concernées par le sort de plus de 200 lycéennes privées de leurs familles et de leur liberté depuis plus de 30 jours. Ne parlons pas de nos ministres en charge de la famille et de la femme.

Que dire alors de la société civile, et surtout des mouvements de défense des droits des femmes et de l’égalité qui inondent nos pays. En dehors de deux timides manifestations au Sénégal et au Bénin, et nous profitons pour tirer le chapeau aux initiatrice(teur)s et participants, ces organisations semblent avoir décrété le monopole des manifestations et actions d’indignation et d’appel à la libération de ces lycéennes pour les seuls nigérians. Et c’est vraiment regrettable.

Dans ce contexte, dire que la communauté internationale, le monde entier est ému par ce drame des lycéennes nigérianes et est mobilisé, chacun à son humble niveau, à contribuer à les faire libérer reviendrait à considérer que l’Afrique, en considération de ses dirigeants et des organisations de la société civile, ne fait pas partie du monde d’aujourd’hui. Ce que je conteste vivement ! Cela dit, peut-on réduire cette mobilisation qui intègre toutefois la participation active de citoyens africains, notamment sur les réseaux sociaux, eux aussi citoyens du monde et autant représentatifs de ce continent que ces dirigeants, leaders et organisations de la société civile défaillants ?

© UNICEF/NYHQ2009-0458/Gangale - NIGERIA, 2009

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