1 million d’enfants réfugiés …et "Ils" restent insensibles au drame syrien, sans honte !

Publié 26 août 2013 no picture Rodrigue Koffi

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"Les enfants syriens : une génération perdue ?" Tel était le titre d’un rapport spécial du Fonds des Nations Unes pour l’enfance (Unicef) sur la situation des enfants syriens, pour la période allant de mars 2011 à mars 2013. Dans un article qui lui a été consacré, nous notions que ce rapport, « en plus de faire le point de l’action de cette agence des Nations Unies et de ses partenaires, nous interpelle sur l’un des principaux enjeux auxquels doit faire face les humanitaires actuellement engagés dans cette partie du monde. Celui de sauver l’avenir de millions d’enfants et de jeunes. »

Ce message a-t’il été compris ? Je crains que non !

La semaine dernière, l’Agence des Nations Unie pour les réfugiés -UNHCR- et l’Unicef ont annoncé, sur leurs sites respectifs, que ce sont désormais un million d’enfants syriens qui sont enregistrés comme réfugiés. Pour schématiser, ce sont autant d’enfants qui vivent à Boston et Los Angeles réunis, ou autant d’enfants transportés par 16 000 bus scolaires qui ont fui la guerre, la violence, vers l’inconnu et d’autres difficultés.

Alors, sérieusement, comment pourrait-on répondre à la question de savoir si les enfants syriens constituent une génération sacrifiée ? J’ai des difficultés à donner une réponse optimiste aujourd’hui.

« « Ce qui est en jeu n'est rien moins que la survie et le bien-être d'une génération d'innocents », a dit le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) António Guterres. « Les jeunes de Syrie sont en train de perdre leurs foyers, des membres de leurs familles et leur avenir. Même après avoir traversé une frontière pour se retrouver en sécurité, ils sont traumatisés, déprimés et ont besoin d'une raison d'espérer. » »

Quant à Anthony Lake, Directeur générale de l’Unicef, il affirme que « nous devons tous partager cette honte parce que, pendant que nous nous employons à soulager les souffrances de ceux qui sont touchés par cette crise, la communauté internationale a échoué dans sa responsabilité envers cet enfant. Nous devrions nous arrêter un instant et nous demander, en toute conscience, comment nous pouvons continuer à abandonner les enfants de Syrie. »

Depuis des mois, des gouvernements étrangers crient leur indignation sur ce drame syrien. Des agences des Nations Unies tirent la sonnette d’alarme (comme cet appel « Assez » lancé par les Chefs d’agences humanitaires de l’ONU qui ont décidé de nous interpeller sur ce drame qui se joue sous nos yeux. Des organisations humanitaires se battent au quotidien pour ne pas faire oublier cette grande crise humanitaire et espérer faire bouger les lignes. Des milliers de citoyens du monde sont mobilisés depuis 2011 pour communiquer sur les différents réseaux sociaux pour donner de la visibilité à cette grave crise humanitaire et interpeller la communauté internationale et leurs dirigeants afin qu’ils arrêtent de donner ce sentiment d’impuissance. A La Voix des Jeunes, en plus de relayer des appels de l’Unicef dont celui nous invitant à l’action, celui du refus de l’inacceptable lancé par Médecins du Monde, nous avons notamment exprimé notre ras-le-bol face à un Conseil de Sécurité qui ne parvient pas à adopter une résolution pour condamner à sa juste mesure ce drame syrien.

Mais rien n’y fit. Nous semblons inaudibles et invisibles. Nous sommes nombreux à ne plus supporter cette situation. Malheureusement, beaucoup de ceux qui peuvent aider à mettre fin à ce drame ne sont pas (encore) sensibles à cette situation. Et n’ont visiblement pas honte. Dommage !


© UNICEF/NYHQ2013-0494/Wreford - SYRIAN ARAB REPUBLIC, 2013


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