Bénin : Un exemple unique d’intégration des sourds à Porto-Novo

Publié 4 septembre 2012 Avatar

Inscrit le 29 août 2011
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Nous sommes dans l’un des centres de prise en charge des enfants handicapés auditifs, le Centre d’accueil, d’éducation et d’intégration des sourds (CAEIS) de Louho à Porto-Novo. Initialement créée en 1993 par un privé pour les enfants malentendants, cette école a été progressivement ouverte aux enfants entendants. Aujourd’hui, le CAEIS est devenue une école qui intègre les sourds.

Elle dispose d’un cours primaire et d’un collège où élèves sourds et entendants se côtoient, se partagent la même table de classe, la même cour de récréation, le même enseignement, le même dortoir. Que ce soit en classe ou dans les ateliers de formation dont dispose le centre, l’enseignant utilise simultanément la langue des signes et le français parlé. Cette expérience, unique en son genre, à en croire le directeur exécutif du centre, Paul Agboyidou, suscite l’intérêt et la curiosité de plusieurs pays qui y ont envoyé des délégations.

Les résultats obtenus aux divers examens nationaux témoignent de la qualité des enseignements qui y sont dispensés. De 1999 à ce jour, pour le CEP, 416 enfants entendants sont admis sur 428 présentés ; 195 sourds sont admis sur 205 présentés. De 2004 à ce jour, pour le BEPC, 204 entendants sont admis sur 211 présentés, 74 sourds sont admis sur 104 présentés. De 2008 à ce jour, pour le baccalauréat, 4 candidats sont admis sur les 7 présentés. Il faut préciser que faute de moyens, les classes de première et de terminale ont été fermées.

Parlant des difficultés du centre, Paul Agboyidou explique que la plupart des enfants inscrits sont issus de familles démunies, ce qui empêche ces dernières de contribuer financièrement à la formation de leurs enfants. Le centre survit grâce aux cotisations des membres fondateurs, à la vente des objets produits par le centre et aux parrainages d’enfants qui ne suffisent pas à couvrir toutes les charges, confie le directeur.

Impressionnée par ce qu’elle a vu dans le centre de Louho, le ministre béninois en charge de la famille et des personnes handicapées, Fatouma Amadou Djibril affirme que « Ce centre participe à décourager la stigmatisation et la discrimination des personnes handicapées ».

La représentante de l’Unicef au Bénin, Anne Vincent, n’est pas moins séduite par l’expérience du centre des sourds de Louho. Les résultats scolaires encourageants obtenus ici constituent, selon elle, la preuve que « Si on y met les moyens, les enfants handicapés peuvent développer un très bon potentiel et peuvent arriver à devenir des enfants, puis des adolescents et des adultes indépendants et productifs ». Ce modèle unique doit être bien documenté et reconnue, préconise-t-elle.

Reine Azifan Formateur Enfants Reporters du Bénin




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