"C'est donc ça, être adulte?"

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Cécilia P
Inscrit le 23 février 2017
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« Demain est un autre jour ». C'est une expression que ma mère me disait souvent quand j'étais petite et que je me montrais bien trop impatiente et que j'en voulais trop d'un coup. Je ne comprenais pas. Après tout, pourquoi attendre demain quand je peux avoir ce que je veux aujourd'hui ?


Depuis, j'ai grandi. Je suis passée par une période où j'avais besoin de me dire que si ça n'allait pas aujourd'hui, alors peut être qu'avec un peu de chance, cela irait mieux demain. Il fallait donc que je m'accroche, jusqu'à ce que demain arrive, et qu'il soit meilleur.

J'ai fini par comprendre le sens de cette expression. Plutôt, je lui ai donné un nouveau sens. Je pense que ce que ma mère veut dire, c'est surtout qu'il faut savoir se raisonner car on ne sait pas de quoi demain sera fait. Pour moi, ce sera désormais synonyme de « demain sera probablement meilleur ». Alors dans les moins bons jours, j'essaie de relativiser et de penser à ce fameux demain.

Il s’agit d’un exemple parmi d’autre de réalisations que j’ai pu avoir récemment. C'est l'année dernière que j'ai commencé à voir les choses avec un œil nouveau, un œil adulte. J'ai l'impression d'avoir vu les mêmes événements deux fois. La première, avec des yeux d'enfant, et la seconde, sous un angle adulte. Il y a des choses qu'on ne peut pas comprendre quand on est petit, de toute évidence. Maintenant que je grandis, et que je parviens à prendre du recul sur les choses, je commence à saisir ce qui m'échappait alors.


C'est lorsque j'ai eu 21 ans et que je suis rentrée de mon année à l'étranger que j'ai vraiment eu l'impression de voir tout avec ces yeux d'adultes, justement. J'ai beau avoir vécu seule depuis mes dix huit ans, je ne m'étais jamais sentie plus adulte que ça. Et puis, c'est comme si la réalisation était venue d'un coup. Je me suis sentie submergée, c'est donc ça être adulte ?

Ce n’est pas d’avoir eu mon premier appartement, d’avoir quitté mes parents et d’être partie étudier à des centaines de kilomètres qui m’a fait ce déclic.

Ce déclic, je l’ai eu l’été dernier. Ma plus grande soeur a commencé à me parler comme elle l’aurait fait avec mes autres frères et soeurs - je suis la dernière de la fratrie et j’ai toujours un peu été couvée pour cela. D’un coup, j’ai été inclue dans les “conversations de grands”. D’un coup, j’ai eu vent des sujets difficiles que l’on m’aurait autrefois soit cachés, soit enrobés pour faire passer la pilule.


D’un coup, je ne pouvais plus prétendre ne pas complètement comprendre pour éviter de faire face à la situation. Dans le même temps, j’étais contente d’enfin être incluse parmi les “grands”.

Il m'arrive souvent de regretter de ne plus voir directement la vie avec un côté 100% enfantin et teinté de douce naïveté. Mais d'un autre côté, bien que je ne puisse pas prétendre être complètement adulte du haut de mes 21 ans, cela fait du bien de pouvoir enfin vraiment comprendre ce qu'il se passe dans le monde autour de moi.







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