Ce que les baleines à bosse de Madagascar ont à offrir à un écovolontaire.

no picture ZO ANDRIANINA
Inscrit le 19 juin 2014
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Source: CETAMADA

Source: CETAMADA

Tous les ans, à partir du mois de juin jusqu’au début du mois d’octobre les baleines à bosse viennent passer du bon moment avec les touristes et la population de Madagascar. La protection des mammifères est assurée par une association de droit malgache qui s’appelle CETAMADA. En effet, Cétamada travaille dans tout Madagascar et a été créée en 2009. Assiégée à l’île Sainte Marie travaille avec une dizaine d’opérateurs touristiques, notamment les hôteliers, elle assure le respect du code de bonne conduite pendant l’observation des animaux marins. Vu que l’écotourisme est l’une des quatre principaux volets d’activités de Cétamada à part la recherche scientifique, l’éducation environnementale et le développement communautaire, des guides certifiés- des jeunes pour la plupart étudiants- viennent chaque année dans les hôtels partenaires pour essentiellement accompagner les touristes sur les bateaux. Moi j’ai eu cette chance pendant deux saisons de suite, l’année dernière et cette année.

Ayant trouvé l’annonce sur Facebook le mois de mars 2013, j’ai tenté ma chance. Pour être sélectionné d’une manière générale, il faut savoir nager et ne pas avoir le mal de mer, mais aussi de parler couramment l’anglais et le français. Il y a deux types d’écovolontaire : les écovolontaires touristiques et écovolontaires scientifiques. Un écovolontaire scientifique travaille exactement comme un écovolontaire touristique sauf qu’il doit gérer en même temps les touristes et le prélèvement des données scientifiques sur le bateau, prendre obligatoirement des photos de baleines et rentrer les données et les photos sur la base de données « CETANET » après chaque sortie. Et enfin, tracer sur la carte de l’île les trajets des baleines grâce au point GPS afin que les touristes puisse estimer l’endroit et le nombre de baleines qu’ils pourraient voir. Chaque écovolontaire est muni d’un « kit écovolontaire » qu’il doit avoir où qu’il aille surtout sur le bateau : casquette, sac, t-shirt, lycra, clé USB. Bien sûr, une formation est donnée au début de la saison afin qu’on puisse apprendre à maîtriser notre travail de volontariat.

Tous les matins, je dois finir de prendre mon petit déjeuner à 8h00 pour rejoindre le ponton de l’hôtel et faire le briefing avant chaque sortie. L’après-midi, il faut quitter à 1h30 pour rentrer avant 17h30. Mais avant, il faut préparer le matériel : GPS, radio VHF, le « board » pour prendre les données scientifiques (nombre de baleines trouvé, comportements observés …), l’appareil photo (pour faire de belles photos de sauts de baleinesJ), la GoPro (caméra permettant de filmer et de prendre des photos sous l’eau) et une épuisette pour ramasser les morceaux de peau de baleines (squame) pour servir la science. A part cela, il faut proposer des médicaments contre le mal de mer aux touristes, assurer à la fois la sécurité des mammifères marins et celle des touristes sur le bateau, animer les touristes pour qu’ils ne s’ennuient pas pendant les trois à quatre heures de voyage -la durée du trajet dépend de l’endroit où on trouve les baleines, parfois on faire deux heures avant d’en trouver-, faire un débriefing en rentrant tout en incitant les gens à adhérer à l’association et à participer à l’achat des produits de l’association incluant le « kit écovolontaire », les cartes postales et les produits artisanaux. Le soir, à part rentrer les données sur Cétanet, nous donnons une conférence aux touristes à propos des baleines et de Madagascar pour la sensibilisation prenne de l’ampleur. Et tous les samedis, toute l’équipe s’organise pour que tous les écovolontaires passent du temps ensemble avec les hôteliers et certains touristes qui ont envie de voir nos présentations sur le bilan de la semaine.

Ce fût une expérience inoubliable qui a marquée toute ma vie car malgré le fait d’être morte de fatigue après huit heures passées sur le bateau, les baleines m’ont donné envie de me lever tous les matins. Les touristes qui donnent des ennuis, les petits problèmes sur le bateau, le fait de dormir à minuit chaque jour, le mal de mer qui survient lorsqu’on est fatigué ne pourront suffire pour rendre désagréable ce bon moment qui rend toujours joyeux. Bref, on ne s’en lasse jamais car le spectacle d’hier est différent de celui d’aujourd’hui.

Et même si le bénévolat n’est pas encore un concept très convainquant pour les jeunes malgaches, cette année l’association a accueilli pour la première fois 50% de malgaches et 50% d’européens. A part les baleines, je me suis fait pleins d’amis au sein de l’association avec qui j’ai passé du bon moment pour faire des leçons de plongée, de photographie, du snorkeling, avec qui je parcourais les jolies façades de l’île, et à faire des soirées cinés. Ces choses dont la plupart étaient du jamais vécu pour moi pendant mon séjour à Sainte Marie et me donnent l’envie de revenir tous les ans.






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