Cétamada et les baleines à bosse de Sainte-Marie au sein d’une belle aventure

no picture ZO ANDRIANINA
Inscrit le 19 juin 2014
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Source: CETAMADA

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Parmi les onze espèces de baleines à fanons dans le monde, huit fréquentent les eaux malgaches, dont Megaptera novaeangliae. Elle est la seule à posséder de très longues nageoires pectorales (méga = grand ; ptera = aile) qu’on ne risque pas de louper en pleine mer. Plus connue sous le nom de baleine à bosse - à cause de la petite bosse devant son aileron dorsal - elle est à la fois la plus grande voyageuse et la plus spectaculaire de tous les cétacés. Effectivement, elle est capable de parcourir jusqu’à 5000 km en deux ou trois mois, et de sortir ses quarante tonnes hors de l’eau en quelques secondes seulement. Mais ce n’est pas tout, les mâles sont capables de chanter jusqu’à trente minutes pour réussir à séduire la femelle. Chaque chanson est propre à chaque population, et elle change tous les ans. D’ailleurs elles ont plusieurs autres talents en termes de communication, en faisant les frappes de pectoral, caudal, ou le périscope ainsi que le fameux saut. Nombreuses sont les raisons qui expliquent ces gestes : l’intimidation des congénères, la séduction des femelles par les mâles, ou même le mécontentement. Avec de la chance, on peut les observer en période d’accouplement où dix à vingt mâles peuvent se disputer une seule femelle au sein d’un même groupe.

Une population nord et une population sud migrent entre la zone de nourrissage et la zone de reproduction sans se rencontrer. De nombreux endroits servent ainsi de lieux d’accouplement et de mise bas à ces animaux tous les ans. Dans les eaux chaudes de l’Océan Indien, comme à Madagascar, les baleines à bosse viennent en masse chaque année pour passer les mois de juillet, août et septembre dans le canal de Sainte Marie. Grâce à sa faible profondeur qui fait environ cinquante mètres, les orques et requins ne viennent pas s’attaquer aux baleineaux. En plus de cela, un décret interministériel est sorti en 2000 comportant un code d’approche lors de l’observation des mammifères marins à Madagascar. Sachant que toutes autres activités nautiques (nage, pêche, ski nautique,…) ne sont pas permises en sortie.

Afin d’assurer le respect de ces règlements, environ une vingtaine de guides certifiés sont formés chaque année avant l’ouverture de la saison de baleine par l’association « CETAMADA ». Etant une association de droit malgache, elle a été créée en 2009. Actuellement, elle est en collaboration avec plusieurs opérateurs touristiques de l’île Sainte Marie, ainsi que de certaines régions de Madagascar (Tuléar et Majunga). Les activités de Cétamada sont axées sur quatre volets principaux : la recherche scientifique, les activités communautaires, l’éducation environnementale et l’encadrement de l’écotourisme. Certains faits restent encore sans preuves évidentes, comme l’accouplement des baleines ou la sortie du baleineau à sa naissance. La collecte de données, la photo d’identification, l’enregistrement acoustique, l’analyse génétique sont parmi les techniques pour suivre leur déplacement, estimer la population ou comprendre les sons qu’elles produisent. Cétamada participe aussi au soutien du développement de l’économie locale en formant les artisans pour perfectionner leur savoir-faire. En termes d’éducation environnementale, la population locale bénéficie d’activités civiques comme les conférences sur les baleines. Un projet appelé « CétaClub » regroupant les jeunes Saint-mariens a pour but de leur apporter des activités pédagogiques et des divertissements (atelier artisanal, conservation de la biodiversité ou sorties en mer…). Quant à l’écotourisme, les opérateurs touristiques sont chargés de respecter le code de bonne conduite sur les bateaux. Les écovolontaires assureront l’animation des touristes, leur sécurité et celle des cétacés. En 2015, l’association connaîtra un grand évènement car l’animateur Julien Lepers viendra à Sainte Marie pour être le parrain du « Festival des Baleines » le 4 au 12 juillet.

Face aux dangers perpétuels qui conduisent à la perte intense des cétacés au cours des dernières années, de nombreux organismes s’impliquent également dans la protection des cétacés. L’association Sea Shepherd Conservation Society (http://www.seashepherd.org/who-we-are/our-history.html) fondée en 1977 a pour objet de promouvoir la conservation et la préservation des organismes vivants aquatiques, ainsi que de promouvoir une éthique humaine à l’égard des mammifères marins. Fondée par Paul Watson, les volontaires à bord de bateaux bien équipés vont couler les baleiniers sans blesser ceux qui sont à bord. Grâce aux efforts fournis par l’association qui s’étend actuellement un peu partout dans le monde, la chasse scientifique à la baleine dans l’Océan Antarctique par les japonais est officiellement interdite depuis le 03 mars 2014. L’équipe de Sea Shepherd est passé cette année dans les Iles Féroé au Danemark pour la mise en œuvre de l’ « Opération Grindstop 2014 ». Le « Grind » est une pratique traditionnelle pour la population et a pour objectif de massacrer d’une manière atroce une centaine de dauphins appelés « Globicéphales » chaque année.






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