En France, la misère et les inégalités territoriales et sociales de santé continuent de s’aggraver

Publié 17 octobre 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Ce jeudi 17 octobre 2013, nous célébrons la Journée internationale du refus de la misère. A la veille de cette célébration, Médecins du Monde a publié son rapport annuel sur l’accès aux soins des plus démunis en France.

D’entrée, il faut noter que l’Observatoire de l’accès aux soins de la Mission France de Mission France de Médecins du Monde a été créé en 2000 afin de témoigner des difficultés d’accès aux dispositifs de droit commun des populations accueillies par l’association. Il constitue un outil de connaissance des populations vulnérables, par ailleurs ignorées par les statistiques officielles de santé publique. De plus, l’observatoire renseigne sur les conditions de vie, les difficultés d’accès aux soins et aux droits, les dysfonctionnements des dispositifs de santé et l’état de santé des personnes bénéficiaires des programmes des Missions France.

Après avoir pris connaissance de la Synthèse ce rapport de l’Observatoire de l’accès aux soins de cette association créée en 1980, La Voix des Jeunes vous en propose de larges extraits pour en comprendre les grands enseignements :


- En 2012, plus de 30 500 personnes ont été accueillies dans les Centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) de Médecins du Monde, ce qui représente une augmentation de 3,7 % depuis 2011 et de près de 24 % depuis 2008 de l’activité globale des Caso

- Dans 60,7 % des cas, ce sont des personnes qui sont rencontrées, principalement originaires d’Afrique subsaharienne (25,8 %), du Maghreb (23,2 %) et de l’Union européenne (17,9 %).

- Dans les consultations, les médecins des Caso constatent que 43 % des personnes recourent trop tardivement aux soins et que 22 % ont renoncé à se soigner au cours des douze derniers mois. Ces deux indicateurs, en constante progression depuis plusieurs années, prouvent la dégradation de l’accès aux soins et de la santé des populations les plus précaires.

- Concernant spécifiquement les patients français, on constate qu’ils sont de plus en plus nombreux à renoncer à se soigner : ils étaient 13,5 % en 2011, ils sont désormais 26,4 %, en raison sans doute de l’absence de complémentaire santé ainsi que de la baisse constante des remboursements d’assurance maladie.

- Dans ce contexte actuel de crise et d’aggravation de la précarité, les patients des Caso ne sont pas épargnés : la quasi-totalité d’entre eux (98,1 %) se situent en dessous du seuil de pauvreté ; 87,2 % ne disposent d’aucunes ressources officielles (soit 18,5 % de personnes en plus qu’en 2011) ; 70 % ne bénéficient pas d’un logement stable

- Le retard et le non-recours aux soins ne sont pas seulement liés aux difficultés financières et à l’absence de couverture maladie, mais aussi à certains déterminants sociaux (logement, précarité, situation administrative, représentations culturelles de la santé…) et à la complexité de l’organisation du système de santé et de protection sociale en France.

- Les mineurs, majoritairement étrangers, représentent 12,5 % de la file active, poursuivant ainsi l’augmentation amorcée en 2007. En effet, la hausse de l’effectif des patients mineurs constatée depuis cinq ans est de 69 %, hausse beaucoup plus marquée que celle de l’ensemble des patients, qui est de 30 % sur la même période. Et plus de la moitié d’entre eux sont âgés de moins de 6 ans.

- 39 % des consultants des Caso sont des femmes, proportion en diminution constante depuis six ans. Les femmes enceintes représentent près de 4 % de l’ensemble des femmes reçues en consultation médicale dans les Caso en 2012. Parmi elles, 9 % sont sans domicile, près de la moitié présentent un retard de suivi de grossesse et 70 % nécessitent des soins urgents.

- En 2012, 76,6 % des personnes majeures reçues dans les Caso vivent seules. Lorsqu’elles ont des enfants, la majorité d’entre elles (61 %) sont séparées d’au moins l’un d’entre eux.


- Parmi les personnes dépistées dans les deux Caso franciliens, la prévalence du VIH est de 2,7 %, soit 14 fois la prévalence nationale. Pour les hépatites B et C, les prévalences sont de 9,0 % et 5,9 %, soit respectivement plus de 14 et 7 fois les moyennes en population générale.

@ Image de Jérôme Sessini / Magnum Photos pour MdM


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