Encourager l’ingéniosité par un prix de l’innovation pour l’Afrique

Publié 25 octobre 2012 no picture Seydou Badiane

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Dans la croissance économique d’un pays, l’innovation occupe une place primordiale. Conscient de ce fait, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Fondation africaine pour l’innovation (FAI) ont lancé le Prix de l’innovation pour l’Afrique.

En partenariat avec l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal, une journée d’information sur ce prix a été organisée le mercredi 24 octobre 2012 à Dakar.

150 000 $ USD pour encourager l’ingéniosité africaine

« C’est un prix pour encourager l’ingéniosité africaine », nous dit Eskedar NEGA de la CEA. En effet, l’idée est née lors d’une série de forums organisée par cette dernière sur le thème : "De la science avec l’Afrique". C’est un programme annuel fixé pour une durée de cinq ans, de 2012 à 2016.

Innover, c’est apporter quelque chose de nouveau, c’est le changement dans une pratique qui existe déjà. Dès lors, chacun peut être innovateur dans sa spécialisation, il suffit d’être ambitieux. Ce qui fait que tout Africain (même de la diaspora) peut postuler. Il faut juste préciser, que l’innovation doit être faite par un Africain et destinée à l’Afrique en premier lieu.

Donc, tous les entrepreneurs du continent qui ont des projets innovants dans des domaines comme : l’agriculture et l’agro-industrie, les technologies de l’information et de la communication, la santé et le bien-être, l’industrie productive et les services, l’énergie, l’environnement et la gestion de l’eau, peuvent déposer leurs candidatures. Il est important de noter que trois catégories de prix seront décernées selon divers critères, d’après les explications de Pauline Mujawamariya, Program Manager de la FAI.

Le montant le plus élevé est de 100 000 $ USD, environ 50 millions et demi de Francs CFA, sera attribué à la meilleure candidature, sous la combinaison des critères tels que : les débouchés en besoins sociaux, les aspects commerciaux et aussi techniques.

Le deuxième prix d’une valeur de 25 000 $ USD, plus de 12 millions de Francs CFA, aura comme critère, les perspectives de commercialisation du produit, autrement, l’innovation commerciale.

Un autre du même montant sera attribué au projet qui aura le plus grand impact social ou encore la meilleure innovation sociale.

En résumé, il faut des projets potentiels, du côté social, international, technique et bien sûr des projets qui inspirent l’originalité.

Les dossiers de candidatures sont recevables en ligne sur le site, par courrier électronique, faxe ou encore par voie postale. Et les formulaires sont disponibles en anglais et en français. Mais cela n’exclut pas les autres langues telles que l’espagnol, l’arabe et même celles qui sont locales.

Toutes ces possibilités existent pour ainsi donner la chance à tous les innovateurs africains de participer à ce concours.

Rappelons que lors de la première édition, IPA 2012, le 1er prix a été remporté par le Professeur Mohamed Sanad originaire d'Egypte pour son antenne de station à multi bandes. Et le second qui était de 50 000 $ USD a été attribué à l’Algérien Zeinou Abdelyamine pour son produit bio rodenticide.

L’innovation, facteur de croissance économique

Dans sa communication, Moubarack LO, ministre conseiller, directeur de cabinet adjoint du Président de la République a précisé que dans l’innovation, même le chômeur peut participer et que cela élargit le domaine de la recherche-action au-delà des cercles académiques.

Selon l’économiste, tous ses pairs pensent qu’il y a un « lien étroit entre l’innovation et le développement économique ». Une telle idée est vérifiable, car tous ces pays qui occupent les premiers rangs dans l’économie mondiale sont ceux qui innovent le plus. On parle de plus en plus d’économie de la connaissance. Mais cela nécessite la mise en place d’un environnement propice au préalable.

Selon M. LO, l’innovation suppose plusieurs éléments dont : de bonnes institutions, de la recherche, du capital humain, des infrastructures, une sophistication du marché et il faut également que des produits soient exportés. Et tous ces éléments font partis des conditions du développement. Le directeur de cabinet adjoint du Président conclut qu’ «aucun pays aujourd’hui ne peut pas se développer s’il n’innove pas. » Il a rappelé le classement 2012 des pays en matière d’innovation. Et nous pouvons noter ici, que l’île Maurice (considérée comme une île appartenant au continent africain), est 49ème sur 141 pays. Ainsi, elle occupe la première place dans le rang du continent. « Pour dire qu’il y a beaucoup d’efforts à faire pour accélérer le placement de l’Afrique dans cette plateforme mondiale. »

La vision nationale, l’octroi de bourse, l’organisation de prix, le financement des projets innovants, l’incubation, la promotion commerciale et la mise en relation avec de grandes firmes sont autant de domaines dans lesquels le gouvernement s’évertuera de travailler, nous confie notre ministre. Nous rappelons que c’est ce type d’économie qu’un pays comme le Qatar est en train de promouvoir, en investissant dans le savoir, autrement, la recherche scientifique. Ce pays n’oublie pas que les ressources naturelles sont épuisables. Par conséquent, il prépare cette fin en se tournant vers les innovations, afin de maintenir son statut économique dans le futur.

« L’innovation joue un rôle capital dans la recherche de solutions pour le développement. », lance le président de l’Académie des sciences, Pr Ahmadou Lamine Ndiaye, dans son allocution de bienvenue. Il affirme ainsi que le développement des pays ne se bâtit plus, uniquement sur l’importance des ressources dont ils disposent, mais plutôt sur les aptitudes à les valoriser. D’après Mme Eskedar NEGA, ce prix est un « processus qui stimule la production, et cette dernière crée de l’emploi et en même temps on crée une certaine incitation à la capacité innovatrice des différentes communautés en Afrique».

La représentante de la CEA souligne que l’objectif de ce projet c’est de «créer une plateforme pour identifier des concepts innovants d’origines africaines. C’est également, encourager l’entreprenariat en sensibilisant des secteurs financiers traditionnels à intervenir pour faire avancer l’agenda de l’innovation dans le continent».

" La meilleure manière d’anticiper notre futur, c’est de le créer". Donc, innovateurs africains, montrez vos innovations en déposant votre candidature (date de clôture fixée au 30 novembre 2012), afin d’exporter l’ingéniosité de cette terre, berceau de l’humanité.




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