Être soi même malgré l’influence de la société

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Sena Ciss
Inscrit le 14 août 2017
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Crédit photo : geralt/pixabay

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Malgré notre forte appréhension à ne pas juger le livre par sa couverture, nous succombons tous à cette manie d'étiqueter les gens du premier abord. On ne peut le nier, la première impression est prépondérante dans les relations humaines. Selon les travaux de Desmond Morris et de E. T. Hall "à 80%, nous nous focalisons sur le non verbal". Mise à part cet assuétude à observer le regard, la beauté d'un visage ou l'habillement, je veux parler de la deuxième étape, cet instant où on commence à décortiquer les idées, la façon de penser, bref de ces 20 % qui nous laissent un aperçu sur la mentalité de la personne. Dans notre cher Sénégal, et je pense un peu partout d'ailleurs, avec le contexte socioculturel dans lequel on évolue, ce que l'on dit, pense, revêt d'une importance capitale lorsqu'on est une femme. Je veux en venir au fait qu'avoir des idées décalées de la masse et les exprimer peut être handicapant pour une femme. Que ce soit dans les rencontres familiales,les réunions de travail, entre copines, j'ai toujours remarqué pendant les discussions cette retenue dont on faisait preuve, cette obsession de vouloir se conformer à la pensée populaire parce qu'on a peur d'être étiquetée.

La société, en plus de nous apprendre à soigner notre mise, nous apprend aussi à parler, ou plus exactement nous choisit le contenu de notre discours qu'on récitera une fois devenue grande, car une fille doit penser comme cela. Ainsi, nous nous retrouvons à adhérer et cautionner certaines pensées populaires pour aspirer à être mademoiselle de bonne famille et de bonne réputation.

Maintes fois, j'ai vu des hommes arrêter de courtiser une femme parce qu'elle sortait trop de l'ordinaire, c'est à dire elle osait dire à haute voix certaines idées.

Mais à un certain moment, certaines femmes en ont marre de chercher à être appréciées, elles ressentent le besoin de ressortir tous ces non-dits, ces indignations.

Moi je le ressens, je sens que je m'étouffe à vouloir être normale, à vouloir être comme les autres, j'aimerais que mon moi le plus profond émerge d'entre les idéaux féminins imposés afin d'aller à la rencontre de personnes comme moi, qui me transcendent, qui sont sur la même longueur d'onde émotionnelle.

Je comprends qu'à la recherche de symbiose et d'harmonie dans un couple on essaye de se rapprocher au maximum de son idéal féminin: mais a-t-on besoin de penser de la même manière? Être de la même religion, avoir les mêmes goûts pour s'aimer et vouloir construire quelque chose, pour discuter et s'apprécier mutuellement ? Pourquoi en tant qu'humain, on a peur de la différence ? Pour reprendre un ami qui m'est cher: “Laissons les idées s'entrechoquer, avec la manière, pour libérer l’énergie qu'elles renferment et déboucher sur des visions nouvelles, novatrices utiles et prospectives.”

Pour l’anecdote, ces dernières semaines j'avais mis Féministe sur ma bio Twitter, et au détour d'une conversation on m'a sorti " si j'avais lu ta bio, je ne t’aurais pas répondu". Cela ne m'a fait point mal, cette personne étalait là toute son ignorance, elle montrait au monde qu'elle réfléchissait d'une manière limitée, elle refusait d'avoir une vue d'ensemble.

Je plains ces hommes, qui à la recherche de compagne (d'ailleurs je trouve cette expression fort sarcastique, je ne savais pas que l'amour se recherche), ont leur liste toute faite de critères sur mesure à laquelle devrait correspondre leur future femme.

Penser comme ils le souhaitent, rire comme ils le souhaitent, se comporter comme ils souhaitent, s'ils avaient même la possibilité d'avoir des critères sur la façon dont on respire, un de ces jours on nous sortira qu'une bonne femme doit inspirer deux fois puis ensuite expirer.

La vérité est qu'en 2017, les hommes ont peur de la réalité, ils convoitent la femme "parfaite" parce qu'ils ont peur d'échouer à rendre des femmes parfaites voire exceptionnelles.

On ne peut pas en vouloir à l'enfant d'avoir peur de l'obscurité, la vraie tragédie est lorsque les hommes ont peur de la lumière.

Quand une femme vous offre sur un plateau d'argent ses ressentiments les plus profonds, vous le lui refusez, vous voulez la transformer en la personne que vous convoitez et non accepter celle qu'elle est vraiment.

Alors attendez vous à ce qu'elles vous vendent un rêve, une illusion: elles seront belles, aimantes, attentionnées, dociles, bien éduquées, béni oui-oui, vierges.

On n'est plus nous, on endosse un rôle d'acteur dans le film de notre vie. Et malheureusement la vie étant ce qu'elle est, les films ayant aussi une fin: beaucoup de désillusions et déceptions apparaissent après quelques années de mariage.

Je ne suis pas un homme, mais je sens qu'au fond de vous-même vous en avez marre du type de femme que la société vous vend. Tout ce que je peux vous dire est qu'il ne faut pas avoir peur d'aller explorer des îles inconnues. Allez à la rencontre de ces femmes qu'on traite de féministes, de trop ouvertes, de porteuses de poisse, ces femmes aux idées fortes parce qu'elles ont choisi tout simplement d'être autre.

Peut être qu'en elles vous découvrirez des diamants car après tout, le but d'une vie à deux n'est pas de faire l'amour chaque soir, de faire de beaux enfants, mais d'apporter de la valeur ajoutée en vous en magnifiant votre personnalité et votre être en tant qu'humain.

Vous, Mesdames je ne vous dirai qu'une chose: soyez vous même, n'ayez pas peur de montrer au monde vos idées et ne changez jamais vos idéologies pour un homme, car contrairement à ce qu’on veut vous faire croire, il n'y a pas pénurie d'hommes, vous trouverez celui qui vous acceptera avec votre état d'esprit.





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