Génération sans sida : plus d’interventions à fort impact en direction des adolescents

Publié 18 décembre 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Le 25 octobre 2005, Monsieur Kofi Annan et Madame Ann Veneman, alors et respectivement Secrétaire général des Nations Unies et Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) ont lancé la campagne mondiale « Unissons nous pour les enfants, contre le SIDA ». Cette initiative a pour objectif d’attirer l’attention de la communauté internationale sur l’impact énorme que le VIH/SIDA a sur les enfants. Dans un contexte où les statistiques mondiales nous rappelaient que chaque 60 secondes, un enfant de moins de 15 ans mourrait à cause du SIDA, les Nations Unies et l’Unicef ont voulu marquer leur engagement de placer les enfants au cœur de la réponse au VIH, les faisant ainsi quitter la situation de "face cachée" de cette pandémie afin que les enfants ne soient plus les oubliés du VIH et du sida.

Initialement prévue pour durer cinq ans, la campagne « Unissons-nous pour les enfants, contre le sida » a été prolongée en décembre 2011 jusqu'en 2015, avec un nouveau programme visant l’atteinte d’une génération libérée du sida. Ce nouvel objectif a pour double buts d’éliminer chez les enfants les nouvelles infections par le VIH et de diviser par deux le nombre de nouvelles infections par le VIH chez les enfants.

C’est dans ce cadre que l’Unicef a publié récemment le sixième rapport « Enfants et sida, un bilan de la situation » (voir le résumé ici), la publication-phare de cette campagne. Dans ce rapport, l’Unicef révèle d’importants progrès dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, avec plus de 850 000 nouvelles infections évitées chez des nouveau-nés entre 2005 et 2012 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Quoiqu’un nombre plus important d’enfants aient accès à un traitement antirétroviral (ARV), ce rapport précise que les progrès obtenus pour les enfants ne sont pas aussi importants que ceux enregistrés chez les adultes.

En effet, « dans les pays les plus touchés par le VIH, seul un enfant de moins de 15 ans sur trois a eu accès à un traitement en 2012. » Si 34 % des enfants entre 0 et 14 ans ont reçu le traitement antirétroviral (ARV) susceptible de les sauver, ils sont par contre 64 % chez les adultes. Ainsi, note l’Unicef, « il faudra déployer des efforts importants pour atteindre l’objectif qui consiste à fournir des traitements ARV à tous les enfants pouvant en bénéficier d’ici 2015 », car, par exemple, « sans traitement, 1/3 des nourrissons vivant avec le VIH mourront avant leur premier anniversaire, et la moitié avant leur deuxième anniversaire. »

Quant à la situation des adolescents (10–19 ans), les statistiques ne sont pas rassurantes : 2,1 millions d’adolescents vivaient avec le VIH en 2012, dont environ 300 000 ont été nouvellement infectés cette seule année, car « malgré les signes prometteurs d’un changement de comportement chez les adolescents, la baisse de nouvelles infections à VIH dans cette catégorie de population reste faible. Les adolescents marginalisés sont particulièrement vulnérables au VIH et ont besoin d’un soutien ciblé. » Si cette tendance persiste, l’Unicef rapporte que ce sont 2 millions de nouvelles infections chez les adolescents qui seront enregistrées d’ici 2020.

L’autre information inquiétante est celle du nombre d’adolescents de 10 à 19 ans décédés du fait du VIH, « passés de 71 000 en 2005 à 110 000 en 2012 », soit « une augmentation de 50 pour cent qui contraste fortement avec les progrès accomplis pour prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant. »

Pour diminuer le nombre de nouvelles infections chez les adolescents, Monsieur Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF, appelle à transposer à une plus grande échelle les interventions à fort impact ; c'est-à-dire « les préservatifs, les traitements antirétroviraux, la prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant, la circoncision masculine médicalisée volontaire, les programmes de communication pour modifier les comportements, ainsi que des approches ciblées pour les populations à risque ou marginalisées », précise le site de cette agence des Nations Unies.

« Ceci vient s’ajouter aux investissements à faire dans d’autres secteurs comme l’éducation, la protection et l’assistance sociales et le renforcement des systèmes de santé. »


© UNICEF/NYHQ2011-1757/Pirozzi - LIBERIA, 2011


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