GOMA, PEACE ONE DAY

Publié 18 juillet 2014 Avatar MBUMBA LAPAQUE PIE2STAL

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Goma, la ville mythique, jadis capitale mondiale des viols est devenue au fil des années une grande scène des événements culturels internationaux et d’ambiance où des festivals du cinéma, des danses, des musiques, du théâtre et des littératures etc., s’enchainent sans transition.

Depuis le mois de juin, on consiste à une prolifération d'affiches publicitaires de petit et de grand format à travers toute la ville de Goma consacrées à un événement de grande d’envergure : Peace One Day. Désormais les maisons, les poteaux d’électricité, les centres commerciaux et même les écoles sont envahis par ces affiches. Au programme la Star de la scène congolaise du Hip Hop LEXXUS LEGAL + la star Américaine AKON et les artistes de Goma en date du 21 septembre 2014 journée mondial de la Paix, Lieu : l’Aéroport international de Goma.

Une couche des populations obsédées par la malédiction, se contente de déchirer ces affiches, avec comme prétexte : AKON viendra immoler la population de Goma pour le sacrifice de fin d’année. Rien de surprenant, la RD Congo enregistre un boom des égli­ses de réveil et des sectes religieuses qui envahissent les coins de rue et les avenues des grandes villes. Celles-ci ont souvent une prédication focalisée sur les mauvaises prétentions. S’il y a mort, accident ou une récidive quelconque ce tel membre de la famille ou prochain qui en est la cause. Beaucoup reste à faire !

Cependant, loin de cette aliénation, Goma et ses villes voisines tels que Gisenyi, Bukavu, Rustshuru, Kiwanja, Kisoro, Rwengeri, Uvira, Kigali, Sake, Bujumbura etc. attendent le rendez-vous pour danser et chanter la paix ensemble loin des différences tribales ou ethniques en oubliant pour quelques heures les problèmes quotidiens et le bruit de la Kalachnikov, et sans indisposer les autres comme il est de coutume avec d’autres événements de la ville tels Jaki Leo, Mabina Fara-Fara, Skiff, Ziki Connexion, Festival Amani, BazArt tu Furahi, Sana Week end, Jambo Amani etc.

Alors que l’événement Peace One Day fait la une, Jeudi 17 juillet 2014, la Régie de Voirie Aérienne (RVA) sort de son silence en déclarant sur une Radio de la place Kivu 1 qu’elle ne sait rien de cet événement et aucune autorisation de leur part pour la tenue de ce concert dans l’Aéroport ! Réplique d’un membre de l’équipe Peace One Day depuis Londres réaffirmant que le concert aura bel et bien lieu en date du 21 septembre dans l’Aéroport international de Goma et ajoute qu’ils ont vus et sont toujours en contact avec les autorités de la place.

Mais rien d’étonnant avec de tels contradictions en RD Congo. Ici tout est permis, on ne sait pas qui est qui, qui fait quoi, qui gère quoi et qui décide!

C’est vrai, les manifestations culturelles ont une force tyrannique de rassembler, d’apaiser les esprits, de divertir, de mettre pression aux politiques. Bref, un moyen puissant pour exprimer des réalités diverses et inciter un changement social positif. Reste à se demande si toutes ces manifestations ont ces objectifs ou bien c'est juste un show business qui dépend des organisateurs.

Aujourd’hui j’ai 10 ans de carrière en tant que témoin oculaire, critique, artiste, militant, activiste et opérateur de la scène culturel de la ville de Goma. En effet beaucoup de questions se posent et des vérités restent toujours en exiles. Aujourd’hui parait-il que la ville de Goma détient le record en ce qui concerne le nombre des mécènes et tous prêches œuvrés pour l’essor de l’art de la ville de Goma. Pour faire le compte de l’actif et du passif, j’ai fait une investigation en allant à la rencontre d’autres artistes de la place pour ne pas me borner.

Le premier artiste estime qu’il est anormal de faire de l’art conscient en s’attaquant seulement aux politiques. L’action primordiale que l’artiste de Goma doit faire, est de revendiquer avant tout ces propres droits. Il poursuit en disant que certains mécènes de la ville jouent la guitare au dépend d'artistes éventaires.

Le second se focalise autour de l’héritage que ces événements culturels légués à la province du Nord Kivu en général et la ville de Goma en particulier. Après chaque édition des festivals organisés à Goma, les organisateurs et invités de marques retournent chez eux, les artistes locaux et les habitants de la ville reviennent à leurs routines quotidiennes. Les riches retrouvent leur richesse, les pauvres leur pauvreté et les assassinats, les viols, l’insécurité généralisée s’enchaînent comme jadis. Souvent les artistes locaux sont écartés et ils sont sélectionnés, sont censé faire du volontariat, pas des cachets pour eux.

Le troisième précise que les festivals internationaux des arts que la ville de Goma accueille, mettent la ville au centre de l’actualité mondiale pendant quelques semaines et permet de diffuser un message d’ouverture, d’hospitalité, et d’améliorer son image. Grace aux ateliers organisés lors de ces festivals, j’apprends et découvre beaucoup des choses alors à moi d’exploiter ces acquis !... C'est à nous de dévoiler cet artiste !

Le quatrième juge qu’il y a hypocrisie dans l’organisation de ces festivals, certains sont politisés dans le sens où ils imposent aux artistes de chanter la paix au lieu de dénonce les promoteurs des atrocités. A l’exemple d’un festival passé récemment, où on avait interdit à un artiste de la place de ne pas chanter certaines chansons engagées de son répertoire vu que celles-ci toucheraient et gêneraient certains invités de marque ce jour-là. Amener une star de grande renommée c'est bien mais le problème est que ces stars ne savent rien de la réalité du milieu, elles viennent juste pour respecter le contrat du show business signé. A cela les organisateurs devraient se focaliser sur les artistes locaux car ils militent et revendiquent du jour au soir pour la restauration de la bonne gouvernance, risquent leur vie en dénonçant les acteurs des atrocités qui freinent la paix. Ces événements devraient faire leur promotion afin que ces artistes deviennent des grands et vrais leaders d’opinion pour la continuation du combat pour cette paix recherchée,… Conclu l’artiste !

En vérité beaucoup d’hypothèses et jugements inondent l’univers artistique de la ville de Goma. Vendredi 11 juillet 2014, lors de la soirée de projection des films à l’occasion du festival SKIFF, une pluie de questions arrose Jeremy Gilley après la projection de son film The Day After Peace. La première délibération s’articule sur la position de Peace One Day dans un monde qui privilégie trop l’économie de la guerre, est-ce qu’une journée pour la non-violence a l’impact pour la restauration d’une économie de la paix dans le monde? La seconde interrogation énumère le doute vu l’attachement de Peace One Day a travaillé avec les Nations Unis, car la population de la région des Grands Lacs impute à celle-ci l’inaction et l’hypocrisie suite aux réalités vaincu tels que le génocide au Rwanda et les guerres en RDC. Les questions et même les réponses étaient longues. « Si faire la Paix n’est pas rentable, un cauchemar des marchands d’armes », Peace One Day est parmi ceux qui ose…, bien sûr loin de ce que la réalité nous cache, il mérite des ovations, Jeremy est un acteur et cinéaste anglais fondateur de Peace One Day, une campagne pour une journée mondiale de cessez-le feu et de la non-violence.

Oui « vaut mieux maigrir en consommant de l’art que brouter n’importe quoi et grossir ». Mais l’artiste ne doit pas mourir de faim. La ville de Goma est deve­nue une grande scène des événements culturels internationaux, mais l’Art de Goma ne nourrit pas son homme.

Oui « Les citoyens doivent retrousser leurs manches ensemble pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés eux-mêmes, et non attendre des humanitaires parfois véreux. Le vrai défi pour un pays, c’est d’être capable de vivre ensemble des grands moments, en l’absence de ces grands événements ».

Je pense que la paix doit se reconstituer chaque jour mais pas pour une seule journée, elle doit être vécue au quotidien. La paix est bien plus que l'absence de la guerre, c'est une volonté de vivre ensemble avec nos différences de culture, de religion, de langue ou de sexe. C’est la franchise, le respect du plus petit que ce soit et c’est aussi donner à l’artiste ce qui lui appartient.

Par Mbumba lapaque






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