Je suis béninois, j'ai 9 fiertés

Publié 23 juillet 2014 no picture Djossè Tessy

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La Carte du Bénin et les couleurs de son  (c) Palais de la Marina

La Carte du Bénin et les couleurs de son (c) Palais de la Marina

Dans une récente formation à l’éducation aux droits de l’Homme, une activité consistait à réagir à l’assertion polémique et voulue ainsi dans le cas de l’exercice : « Un citoyen ne doit avoir qu’une seule nationalité ». La polémique voulue a eu lieu. Mais au-delà du débat d’idées, c’est le mot nationalité qui m’a interpellé. Nationalité veut-elle dire identité ? Sans reprendre la polémique ici, chacun a le droit à une nationalité. Je suis plutôt fière de la mienne. Vous pouvez l’être aussi de la vôtre !

Afin de rédiger ce billet pour qu’il soit le plus objectif possible (voulu à tort ou à raison), j’ai demandé à mes amis sur Facebook (qui ne sont pas que béninois), de trouver des propositions à cet appel : « Aidez-moi à vendre le Bénin grâce à ses atouts. Donnez-en deux qui vous semblent les plus séduisants ». Un post qui n’a pas laissé plusieurs personnes indifférentes. Les réponses sont nombreuses tant de béninois que d’étrangers ayant connu le Bénin. Dans ce fourmillement d’interventions, il y a des éléments qui reviennent avec insistance. Leur combinaison avec mes propres amours du Bénin, me donnent 9 raisons de me vanter d’être béninois.

1- Le vodoun

Un mélange de culture et de religion. Un témoignage vivant des pratiques des ancêtres du Dahomey. Il a transcendé les frontières nationales et se retrouve chez nos frères du Brésil et d’Haiti par les exploits de l’esclavage. Source d’étonnement, de curiosité, de préjugés. Chaque 10 janvier et ce, depuis 1992, le Bénin lui donne une place d’exception. Une réjouissance qui connaît la participation de plusieurs adeptes de différents pays du monde et aussi des curieux.

2- La route des esclaves

On connaît très bien Goré, aujourd’hui encore très controversé par les historiens sur sa place dans l’esclavage. Mais la route des esclaves à Ouidah, symbole de cette époque douloureuse de l’humanité, est restée très peu connue. Un lourd bilan pour la conscience humaine, sans doute difficile à mettre au goût du jour.

3- Les villas de style afro-brésilien

De retour dans leur pays au début du 19è siècle, les esclaves n’ont rien oublié de leur ancienne ville au Brésil. Les maisons qu’ils ont construites à Porto-Novo ou encore à Ouidah, sont très inspirées des architectures à Salvador de Bahia, une ville brésilienne très marquée par la présence des esclaves.

4- Le musée d’art contemporain de Ouidah

Initiative de la Fondation Zinsou, une fondation d’art contemporain créée en 2005, le musée d’art contemporain de Ouidah est le premier lieu de ce type en Afrique subsaharienne, exceptée l’Afrique du Sud. Il s’agit d’un espace où sont exposées plus de mille œuvres d’artistes africains, lieux très visités par les enfants. La Fondation Zinsou est lauréate du prix Paemium Imperiale, l’équivalant du Nobel des arts, pour son engagement en faveur des enfants.

5- Les mets locaux

Un ami sur Facebook n’a pas manqué d’insister sur les mets béninois. Effectivement, il y a, comme dans tous les pays du monde, des repas copieux. Puisqu'il s’agit d’une question de goût, chacun trouve son centre d’intérêt dans cette variété culinaire. Si vous voulez savoir, moi j’adore la viande de porc fumée au feu de bois, accompagnée d’akassa (pâte préparée grâce à la farine de maïs).

6- Le taxi-moto « Zémidjan»

Quand on fait l’expérience du métro ou des bus, le zémidjan, même si dangereux, paraît le moyen de transport le plus simple et le plus pratique. Il suffit d’indiquer au conducteur votre destination finale et il vous dépose à l’adresse exacte, même au nez du portail !

7- Un certain climat de paix

Même si après les indépendances en 1960, le Bénin est devenu « l’enfant malade de l’Afrique » du fait des nombreux coups d’Etat qui ont eu lieu, aujourd’hui, il jouit d’une tranquillité remarquable. Même si les actes attentatoires à la démocratie semblent surgir des vieux démons, la conférence nationale des forces vives de la nation de 1990 a installé les bases de la paix dont jouit les béninois aujourd’hui. Le conserver, c’est le combat au quotidien des béninois, même si dans de telles luttes, les brebis galeuses interfèrent toujours.

8- La route des pêches

La route des pêches est une piste d’environ 40 km qui borde la plage de Cotonou à Ouidah. Dans son état naturel, cette longue piste a tout pour plaire. Depuis 2003, le Bénin tente de mettre en place un projet d’aménagement pour faire de cette piste, un atout touristique incontournable pour le pays. 2 900 milliards de francs CFA minimum sont à poser sur la table. Démesuré ? La question reste en tout cas posée.

9- L’hospitalité

La chaleur humaine est aussi intense que le soleil qui luit dans les cieux du Bénin. Les gens saluent …aussi longuement qu’ils vous portent dans le cœur. L’amour de l’étranger vit au détriment de la phobie de l’étranger. Pour le béninois lambda, « il n'y a pas de plus grand bonheur que la venue d'un hôte dans la paix et l'amitié ».


Bénin




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