Jean d'Ormesson, mort d'un immortel engagé !

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Adieu l'académicien !

Adieu l'académicien !

Et il y a des jours comme ça où je cherche des mots en vain, mais franchement, où je ne peux pratiquement rien dire, rien écrire.

Par où commencer ? Se peut-il que la langue française soit pauvre ? Se peut-il que je sois perdu de savoir ? Non, c'est Jean d'Ormesson qui s'en est allé, qui s'en va. Il est arraché au monde et le chagrin m'inonde. Comment le croire ? J'aurais tellement voulu le rencontrer physiquement, rencontrer ce grand homme, celui qui m'a beaucoup inspiré, qui m'inspire encore, celui dont le nom, la voix et les écrits portent très loin...

Cher Jean, tu ne saurais jamais que ton âme et ton esprit voyagent. Comme au fond de mon coeur, un doux coeur adopté. Et que rien, absolument rien, ni le temps, ni le vent, ni la distance, d'autres rencontres littéraires d'ailleurs, ni l'âge ne feront jamais que tu n'aies été. Que la mort jalouse a pris ton visage, oui ! Mais qu'un peu de ton esprit, qu'un peu de ta présence, qu'un peu de ton âme passeront toujours dans mon univers désormais solitaire !

Je n'ai pas seulement entendu parler de toi, non. Je t'ai beaucoup lu. Je t'ai beaucoup écouté. Et de toi, je retiens finalement beaucoup de choses : "On n'a que de l'avenir parfois, pas de passé". Jean, ton passé à toi ne s'épuisera pas, jamais.

Ton œuvre demeura. "Parfois, entre me répéter ou me contredire, je n'ai plus de choix." Oui, mais tu avais quand même "choisi" de vivre au lieu d'exister. Tu avais quand même "choisi" de rester modeste et humble malgré le fait que tu aies été hissé au sommet. Tu as "choisi" de t'en aller..., sans nous.

"Très souvent, je donne raison à celui qui est contre moi." Cela se comprend, Jean, car tu as clairement dit que tu ne pouvais pas t'engager en politique comme beaucoup d'autres l'ont fait. Mais Jean, tu avais quand même fait de la politique autrement, non !

"C'est l'amour que nous aimons." Que dire d'autre, si ce n'est cela ?

"C'est un très mauvais signe que d'avoir trop d'amis. Grâce à Dieu, j'ai quelques adversaires." Tu en avais, oui, mais pas trop. Car tout le monde semblait te connaitre, t'aimer et t'admirer. C'est pourtant vrai.

"La nature, c'est comme un grand roman. Et Dieu en est le grand romancier. Chacun et chacune d'entre nous formons les personnages de ce grand roman. Chacun y trouvant son goût, sa place, y jouant son rôle et sa partition." Objection ? Non, tu avais totalement raison.

"C'est facile d'écrire difficile, mais c'est difficile d'écrire facile." Oui, parce que j'ai toujours aimé cette facilité et légèreté de ta plume. Cher Jean, je retiens beaucoup de choses de toi, mais pas seulement que des bouts de phrases ou des formules...

Grâce à toi, j'ai aussi connu André Gide, Bernard, François Mauriac, Honoré de Balzac, Eshyle, Pascal, Antoine de Saint-Exupéry, Éric Vuillard, Laurent Gaude, Marguerite Yourcenar, Virginie Despentes, Zola, Flaubert, Rimbaud, Verlaine, Villon, Angela Davis, Black Power, Mahmoud Darwish, Amin Maalouf, et tant d'autres... Hommage à toi, cher JEAN D'ORMESSON !

Puisse ton âme reposer en paix, cher mentor !

Il détestait les gens solennels, ceux qui montrent le haut de leur savoir.

Il aimait et admirait par dessus tout Chateaubriand.

Il a beaucoup écrit sur Chateaubriand : "Mon dernier rêve sera pour vous". C'est un beau livre.

Ses derniers livres sont "Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit". Et je dirai malgré tout que cette vie fut belle".

Mes sincères condoléances à toute la France, et à tous les amoureux de la langue française dont je fais partie.





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