L’UNFPA et l’UNICEF à Rome pour booster l’engagement et l’action pour l’éradication des MGF/E

Publié 24 octobre 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Quand allons-nous atteindre notre objectif de réduire de moitié les mutilations génitales féminines et l’excision (MGF/E) ?

Voici une question que nous pose le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Une question pertinente vu que cet organisme révèle qu’actuellement, le taux annuel de réduction (TAR) des MGF/E est de 1%. Ainsi, si ce taux reste inchangé, il faudra attendre 60 ans, et donc jusqu’en 2074 pour réaliser cet objectif (celui de réduire de moitié les MGF/E). Toutefois, d’autres options existent, selon cette agence des Nations Unies :

- Pour réduire les MGF/E de moitié en 2015, il faudrait un TAR de 12.9%

- Pour réduire les MGF/E de moitié en 2020, il faudrait un TAR de 6.4%

- Pour réduire les MGF/E de moitié en 2030, il faudrait un TAR de 3.2%

Pour augmenter le taux annuel de réduction, il faudra donc un renforcement des engagements politiques bien au-delà des discours et autres textes de lois, assurément un peu plus de moyens pour soutenir l’action des organisations, des communautés et des Etats à faire face à ce phénomène.

C’est dans ce contexte que se tient à Rome (Italie) depuis le mardi 22 octobre (et jusqu’au vendredi 25 octobre 2013), une Conférence Internationale sur les mutilations génitales. Co-organisée par l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le gouvernement italien, cette conférence a pour objectif suprême de consolider l’engagement politique mondial, de galvaniser l’action nationale et de planifier des stratégies spécifiques afin de mettre en place un mouvement à large assise visant à éliminer les mutilations génitales féminines et les pratiques discriminatoires connexes dans la prochaine génération. Le tout en conformité avec la Résolution 67/146 des Nations Unies pour l’intensification des efforts mondiaux pour l’élimination des mutilations génitales féminines.

Pour rappel, c’est le 20 décembre 2012 que l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté ce texte dans lequel les Etats membres déclarent que « ces mutilations constituent des abus irréparables et irréversibles des Droits de d’Homme des femmes et des filles, et les a réaffirmé comme grave menace pour leur santé. »

Aujourd’hui, plus de 125 millions de filles et de femmes sont excisées et vivent dans 29 pays en Afrique et au Moyen-Orient où les MGF/E sont concentrées. A la fin 2010, parmi ces 29 pays, 4 pays enregistraient plus de 800 000 filles ayant été soumises à une forme de MGF/E. L’UNFPA précise que si cette prévalence reste inchangée, en 2030, ce sera dans 8 pays où ces mêmes données seront enregistrées en lieu et place de 4 pays actuellement.

Mais de bonnes nouvelles existent. Nous avons notamment les résultats du travail du Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminines/Excision : Accélérer le changement mis en place depuis 2008, et agissant dans 15 pays africains. Le Rapport annuel 2012 de ce programme mentionne entre autres que pour cette seule année, des déclarations publiques d’abandon de la pratique par 1 839 communautés représentant 6 337 012 personnes.

En juillet 2013, l’UNICEF a publié le rapport "Mutilations génitales féminines/excision : aperçu statistique et étude de la dynamique des changements" (version en anglais). Si les MGF/E sont de moins en moins courantes dans un peu plus de la moitié des 29 pays étudiés, les données recueillies dans ce rapport permettent d’affirmer que « dans la plupart des pays où ces usages sont en vigueur, la majorité des filles et des femmes estiment qu’il faut y mettre un terme. En outre, le pourcentage de personnes de sexe féminin qui soutiennent ces pratiques est bien plus faible que la proportion de filles et de femmes qui les ont subies, même dans les pays à prévalence très élevée. » De plus, « les femmes et les hommes manifestent une volonté équivalente de mettre un terme à ces pratiques. En Guinée, en Sierra Leone et au Tchad, bien plus d’hommes que de femmes souhaitent l’arrêt des mutilations génitales féminines et de l’excision. »

Par conséquent, l’une des recommandations du rapport de l’UNICEF appelle à accroître l’engagement des garçons et des hommes en faveur de l’arrêt des MGF/E et à l’autonomiser les filles. Ce qui pourrait accélérer le processus d’abandon en révélant un niveau de soutien plus faible qu’on n’a tendance à le croire, en particulier parmi les hommes, dont la voix pourrait avoir plus de poids au sein de la communauté.

Ainsi, et comme le note l’UNFPA, au-delà de se féliciter des succès engrangés ces dernières années, les participants à cette conférences de Rome travaillerons sans doute sur comment lever les obstacles pour atteindre l’objectif de l’éradication des Mutilation génitales féminines et de l’excision, en passant bien évidemment par celui de le réduire de moitié.


© UNICEF/NYHQ2012-2159/LeMoyne - GUINEA-BISSAU, 2012


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