La compassion: une «arme» contre le terrorisme

Publié 7 septembre 2011 User_image_bg Anne


Phyllis Rodriguez a perdu son fils dans les attentats du 11 septembre. Le fils d'Achai el-Wafi a été condamné à la prison à vie pour «complicité dans les attentats du 11 septembre». Unies par leur souffrance, Phyllis et Aicha ont pourtant fait le choix de devenir amies et non ennemies et de lutter ensemble contre le terrorisme en prêchant la compassion et le respect de l'autre.

En décembre dernier, j'ai eu l'occasion d'assister à la conférence TED Women qui réunissait un parterre de femmes toutes plus influentes les unes que les autres: Hillary Clinton, Madeleine Albright (actuelle et ex secrétaires d'État américaines), la dramaturge Eve Ensler (auteur des Monologues du vagin), la designer Donna Karan et la chanteuse bénine Angélique Kidjo (pour ne citer que quelques-unes d'entre-elles): nombreuses étaient les célébrités présentes sur la scène de TED. Leur mission? Faire avancer la cause des femmes et débattre des grands enjeux de notre temps.

Pourtant, le discours le plus émouvant est sorti de la bouche d'illustres inconnues. Lorsque Phyllis Rodriguez,une juive new-yorkaise qui a perdu son fils Greg dans les attentats du 11 septembre 2001 (qui se sont soldés par l'effondrement du World Trade Center, lieu dans lequel travaillait ce dernier), et Aicha el-Wafi, mère de Zacarias Moussaoui, condamné par un tribunal américain à la prison à vie pour «complicité dans les attentats du World Trade Center», sont montées sur scène main dans la main, l'émotion régnait dans la salle. Et rares étaient les femmes présentes dans le public à ne pas sortir leurs mouchoirs.

Difficile en effet de ne pas avoir les larmes aux yeux en écoutant le récit de l'incroyable amitié qui unit ces deux femmes que tout séparait mais que le destin a cruellement réuni. Car, à en croire la justice américaine, en aidant à planifier les attentats du 11 septembre, le fils de l'une a causé la mort du fils de l'autre. Pourtant en 2002, soit seulement un an après les attentats, Phyllis Rodriguez et Aicha-el-Wafi, ont eu le courage de se rencontrer. Au lieu d'être animée par un sentiment de vengeance ou de haine à l'égard du fils d'Aicha, Phyllis a fait preuve de compassion envers une mère qui avait, après tout, elle aussi, perdu son fils (condamné en 2006 à la prison à perpétuité).

Unies par leur souffrance, Phyllis et Aicha ont alors décidé d'unir leurs forces pour combattre le terrorisme en véhiculant un message de tolérance et de compassion. Car la meilleure arme contre la violence et le terrorisme est le respect de l'autre, nous ont expliqué ces deux femmes remarquables. Au lieu de désigner l'autre comme l'ennemie, Phyllis Rodriguez et Aicha el-Wafi nous ont donné une magnifique leçon de compassion. «Il faut essayer de connaître l'autre, être généreux de cœur, faire preuve de tolérance et lutter contre la violence. J'espère, qu'un jour, on va vivre dans la paix et le respect des uns et des autres», a conclu Aicha el-Wafi, les larmes aux yeux mais sous les ovations de la salle.




comments powered by Disqus

En Savoir Plus