LA DÉFORESTATION : Comment faire du légal avec de l'illégal?

Publié 28 juillet 2014 Avatar youngCameroun

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Photo: Les amis de la terre

Photo: Les amis de la terre

Dans le monde, sont abattus chaque année 13 à 15 millions d’hectares de forêts, soit 3 fois la taille de la Suisse. Le Cameroun est le 1er exportateur de bois en Afrique. Ses partenaires dans le domaine sont la France (15% de son exportation), le Liban et la Chine.
À elle seule, la production du bois représente 5% du PIB annuel du pays. Il faut 7 siècles pour qu’une forêt renaisse au Cameroun, mais ça, pardonnez-moi l’expression, le gouvernement s’en tape.
Dans une émission diffusée ce 13 mars sur la chaîne Public Sénat, on apprend qu’au Cameroun il ne reste plus de 5% de forêt vierge. Les conséquences sont bien sûr d’ordre climatique, mais touchent aussi la population locale, qui se voit contrainte de déblayer le terrain pour laisser place aux bulldozers. Si dans un premier temps le gouvernement a mis un frein à ces pratiques ignobles et signé un contrat avec la société HERACLES (groupe Américain à qui le président à vendu
70000 hectares à 1 euro l’hectare/ 655CFA), force est de constater qu’au bout d’un an seulement elle s’est empressée, encouragée par le président lui-même à continuer son exploitation, et donc à forcer 20.000 personnes à s’exiler, les privant comme on s’en doute de leurs besoins primaires, culture, eau, toît etc.… Cette situation entraîne même des trafics qui concernent des espèces rares et protégées parmi lesquelles l’IRIKO (espèce de bois) ou encore le BILINGA. Ce que dénoncent le reportage et les autorités qui s’engagent à lutter contre la déforestation (Greenpeace, Le Centre de l’Environnement et le Développement et de Lutte Contre la Déforestation, Les Amis de la Terre), c’est la fraude. Fraude qui s’étend du bas de la pyramide étatique jusqu’au sommet. On apprend notamment que dans un village, les autorités administratives s’accordent avec les entreprises (SBAC société Camerounaise) pour que celle-ci exploite au-delà des limites imposés par leur contrat. Elles se permettent d’allonger leur liste d’espèces autorisées avec la complicité de l’État. Dissimulé et mélangé à du bois illégal, une fois mis dans des conteneurs, le bois rare peut bénéficier d’une fausse déclaration et ainsi passer la frontière. C’est aussi simple que cela, un mélange de légal et d’illégal accouplé à une fausse déclaration et bénéficiant de la complicité des autorités. Le bois peut ainsi être exporté sans difficulté. En toute impunité aux yeux de tous, les entreprises et les spéculateurs broient les forêts camerounaises. Il est facile de faire le constat des abus puisque le crime est visuel et ne peut être dissimulé. On peut reprocher aux entreprises étrangères la déforestation mais surtout au gouvernement de ne rien y faire pour les décourager en montrant qu’au Cameroun il est possible de faire ce que l’on veut.

Comment interdire aux entreprises étrangères l’exploitation massive des forêts, si le pays lui-même ne respecte pas ses propres lois?


Environnement Cameroun déforestation




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